(C) Gérard Love

Après une édition Covid avec des diffusions VOD, le FAME – festival international de films sur la musique – revient plus fort que jamais pour sa 8e édition. Au programme des documentaires passionnants sur des hurleuses punks, des papy du jazz, les rois de la rumba, Dinosaur Jr, Amanda Lear, de la techno gabber ou encore Nicolas Ker. 

Du 16 au 20 février 2022 à la Gaîté Lyrique de Paris, c’est le retour tant attendu de ce précieux festival. Le FAME, c’est l’occasion de voir en avant-première – les sous-titres y sont réalisés en exclusivité pour les séances – des documentaires qui seront cultes demain.

Avec les festivals In-Edit d’Amsterdam ou le See You Sound de Turin, le FAME est la vitrine française de ce genre à part et permet de découvrir certaines œuvres avant qu’elles ne soient achetées et diffusées plus tard à la télévision – merci Arte, qui vient y faire son shopping chaque année !

Sympa, on vous a fait une sélection pour vous mettre l’eau à la bouche et tenter de vous motiver à quitter votre canapé.

Why Versailles? de Marc Collin. 

French Touch never die ! Et oui, il y a toujours quelque chose à raconter, un nouvel angle à ausculter, au sujet de ce singulier mouvement culturel français qui a bouleversé l’Hexagone entre 1995 et 2001. Certains détestent et n’en peuvent plus, d’autres préfèrent s’immoler par le feu place de La République plutôt que d’entendre encore une boucle disco filtrée et d’autres encore ne s’en lassent pas. Versailles, donc, et pourquoi là-bas, tente de répondre Marc Collin – oui, le gars derrière le concept Nouvelle Vague. Au programme : Alex Gopher, Air, Étienne de Crecy, le mystérieux groupe Orange, Phoenix et même un Arnaud Rebotini qui traînait son spleen gothique au lycée Jules Ferry. Beaucoup de choses à dire sur l’aspect social, évidemment. En effet, l’évocation du mot Versailles semble éloignée des Gilets Jaunes et aura, in fine, fait beaucoup de mal à cette scène en lui collant une étiquette de « bourgeois ». Mais est-ce si simple ?

Poly Styrene: I Am A Cliché – de Paul Sng & Celeste Bell.

Quelle belle idée : un retour sur le parcours de Poly Styrene. Cette artiste anglaise a été élevée dans la communauté Hare Krishna de George Harrison puis a fugué afin de vivre le mouvement punk dans les squats. Elle a braillé des hymnes avec son groupe, X-Ray Spex, mais ensuite, évidemment, c’est le drama pop : excès rock’n’roll, hospitalisation psychiatrique et cadre de photos de famille brisés avec fracas. Co-réalisé par la fille de Poly Styrenne – Celeste Bell – un documentaire intime qui permet de replacer cette figure culte du punk anglais dans le grand livre de la pop. Évidemment, vous n’échapperez pas – bande de boomers cis blancs valides – à un topo sur le féminisme au passage. Ça vous fera les pieds et vous l’aurez bien cherché. Men are trash ! 

In My Own Time: Karen Dalton de Richard Peete et Robert Yapkowitz.

Peut-être l’impression d’en faire trop ou bien d’enfoncer le clou, avec le mythe Karen Dalton ? Cette dernière avait déjà fait l’objet d’un documentaire il n’y a pas longtemps ( A Bright Light – Karen and the Process d’Emmanuelle Antille en  2018). Ce nouveau documentaire sort l’artillerie lourde : il est produit par Wim Wenders. Il faut dire que la story Dalton a tout de mystérieux et nébuleux : du folk hanté, peu d’images, une poignée de chansons testament magnifiques qui n’ont jamais eu de succès, et un destin tragique et brumeux où se dessinent les spectres d’une vie marginale : communauté hippie, l’héroïne et le sida. D’ailleurs, s’il n’y a pas de destin tragique, cela ne fait pas un bon documentaire pop, n’est-ce pas ?

Queen Lear de Gero von Boehm.

Il y a un truc qui m’a toujours gêné avec Amanda Lear : pendant des années où elle officiait dans le paysage audiovisuel français, il y avait des blagues pas drôles du tout, bien beauf, sur son physique. « Amanda Lear est un mec » ou encore  » Amanda Lear est un travelo brésilien« . C’est aussi ça, le fameux patriarcat : les vestiges d’un humour merdique et honteux. Amanda c’est aussi une disco-queen, une muse et une vie XXL. Le tout avec cette question : comment passe-t-on de Roxy Music aux Grosses Têtes de RTL ?

Freak Scene – The Story Of Dinosaur Jr de Philipp Reichenheim

Moi, de toute façon, j’adore les années 90. Alors, voir un truc sur un groupe de slacker indie torturant leurs Fender Jazzmaster, écrasant les pédales d’effet avec leurs Vans troués et se foutant sur la gueule : je signe. Groupe méconnu, et toujours en activité et qui a réalisé pas mal de disques disponibles, le gang Dinosaur Jr offre une virée dans ce docu avec des images d’archives d’MTV et des aveux captés en VHS.

Poni Hoax: Drunk In The House Of Lords de Matthieu Culleron et Pierre Chautard.

Présenté lors des séquences Panorama du Fame, ce documentaire de 2009 est l’occasion de rendre hommage à Nicolas Ker, disparu en mai 2021. Adulé dans le Paris intra-muros, mais snobé par la province – j’ai vu ce groupe joué à Marseille devant 38 personnes – ce documentaire revient sur le chaos orchestré, l’auto-sabotage, les dissensions et la lumière divine d’une poignée de chansons marquantes par ce combo parisien singulier. La diffusion de cette œuvre – qui a longtemps circulé sous le manteau – sur grand écran prendra à coup sûr un air de célébration.

Et puis il y a plein d’autres trucs vraiment bien : le programme est ici.

FAME : Festival international de films sur la musique, du 16 au 20 février 2022 à la Gaité Lyrique (Paris) 

 

4 commentaires

  1. l’op aime les années 90 parce que en tant que gay il était encore vu comme un rebelle (malgré ses goûts mainstreams de brosse à chiotte )

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