Considéré comme une icône de la No Wave, le compositeur expérimental américain est mort dans la nuit du 13 mai d’un cancer de la gorge, à l’âge de 69 ans.

Que vous connaissiez ses œuvres ou non, vous avez forcément écouté des musiciens qui le considéraient comme l’une de leurs plus grandes influences. De Sonic Youth à My Bloody Valentine, en passant par St Vincent ou encore The Limiñanas, Glenn Branca aura réussi à imposer sa vision de la musique, et à la faire partager à tous ceux prêts à s’emparer de ce spectre.

« Je voulais créer de la magie sur scène »

La foudre s’est abattue le jour où Glenn, 16 ans, entend une chanson des Kinks à la radio, You Really Got Me. On est alors en 1964. Il met la main sur une guitare dont les cordes sont très éloignées du manche. « Il fallait que j’appuie très fort pour faire jaillir le son de ma guitare », se remémorera plus tard. Pendant des années, il presse les cordes de cet instrument, jouant déjà à l’époque sa propre musique, mais en inventant des accords. Sa mère trouvait le son « horrible » mais lui disait ne pas faire d’erreurs. Glenn, amateur d’expérimentations en tout genre, savait où il allait. Il débute par faire des collages avec des enregistreurs bon marché qui n’étaient pas très résistants. Ça tombe bien, il aimait le son que la machine produisait quand elle était cassée. Il en récupère cinq et les fait jouer ensemble en même temps. Pourquoi ? Pour s’amuser. Dix ans s’écoulent avant que Glenn songe sérieusement à se lancer dans la musique.

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Glen n’était pas dans ce monde pour faire comme les autres. Il vient d’une époque où le mot anarchie était sur toutes les lèvres, et où ne pas savoir jouer de son instrument était une vertu. En 1974, il crée le Bastard Theater à Boston et compose ses premiers morceaux, joués live pendant les représentations. À cette époque, il bouillonne : « J’ai toujours aimé la complexité donc je créais des choses qui étaient très complexes et qui étaient faites pour retourner la tête des gens. Je voulais créer de la magie sur scène, faire des choses que les gens ne comprennent pas et qu’ils se demandent s’ils sont vraiment en train de voir ce qu’il voit. Je voulais faire un théâtre hallucinatoire » expose Glenn au magazine Quietus.

Autosave-File vom d-lab2/3 der AgfaPhoto GmbH
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Tout va alors aller très vite. En 1976, il fait la connaissance de Jeff Lohn à New York et forme Theoretical Girls, groupe de noise arty dont la réputation n’est plus à faire aujourd’hui. Les prémices sont là, les jalons posés. New York est la ville parfaite pour faire émerger un nouveau style musical et faire changer le concept du rock. Un défi à la taille de l’homme, au-dessus du lot qui va alors tout faire pour imposer ses idées et sa vision.

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L’état d’esprit qui dominait était simple : faire de la musique pour dénoncer, et non pour être associé à une scène ou entrer dans une case. Branca devient l’un des piliers d’une scène bruitiste qui compte bien abolir tous les codes existants. Le chaos semble proche. Et Glenn a (encore) un ardent désir de création qui va bien au-delà de toutes espérances. 

« Quelqu’un qui crée pour l’amour de l’art et pas uniquement pour l’argent ou la gloire le fait pour lui-même »

La folie des grandeurs l’empare avec l’album « The Ascension » en 1981 où Glenn pose avec classe les bases du post-rock, puis avec Les Ensembles de Glenn Branca où Thurston Moore et Lee Ranaldo de Sonic Youth, Page Hamilton de Helmet ou Michael Gira et Dan Braun des Swans feront leurs classes. Glenn, lui, ne s’arrêtera pas là : le visionnaire composera plus d’une quinzaine de symphonies interprétées par plusieurs orchestres. L’un des moments les plus ambitieux est quand l’artiste dirige, en 2001, un ensemble titanesque de 100 guitares au pied du World Trade Center.

Arrivée à la fin du cahier à partitions, sa musique reste indéfinissable, à la fois ordonnée et déconcertante, structurée et échevelée. Les projets musicaux de Glenn resteront à jamais des océans d’inspirations. « Quelqu’un qui crée pour l’amour de l’art et pas uniquement pour l’argent ou la gloire le fait pour lui-même », racontait le compositeur dans une interview, fidèle à ses valeurs. La fin d’un monde en quelque sorte.

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3 commentaires

  1. -M’avait envoyer en express en catalogne un maxi d’une de ces productions, le nom ? oublié CHIT!!! ce devait être un prenom de type, pochette rouge noire rose un peu @ la roir ou suicide typo! via mail je lui donnait des nouvelles de la Lydia L & de Chris C,

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