Avec le paquet de groupes français tentant depuis trois ans de copier salement Tame Impala pour un résultat psyché en jus de chaussette, la sortie d’un album comme celui de Canari permet de mesurer l’écart entre l’amateurisme non éclairé et la véritable inspiration, tellement plus forte qu’un qualificatif vidé de sa sève.

« Dis papa, c’est quoi un disque psyché ? ». Papa, en fait, ne sait plus. Le grand public, d’ailleurs, non plus. Plus une semaine ne passe sans que le moindre groupe muni d’une pédale à réverb ne se voit affublé de ce sticker (on a failli écrire étoile jaune) a priori vendeur ; mais pour un Thee Oh Sees capable de produire des envolées, combien de faux cools (Allah Las, Devendra Banhart) ou de projets « néo » (Unknown Mortal Orchestra, King Gizzard, Pond) à qui on a un peu hâtivement collé une étiquette trop grande pour eux ? Dans le cas de Canari, au moins, les origines sont contrôlées. Le premier album récemment publié, « Désamorceur », n’est pas un concentré de couleurs bariolés façon Desigual, et assemblées dans le mauvais sens. Mieux même, le terme « psyché », pour peu qu’il veuille encore dire quelque chose, peut une fois n’est pas coutume être utilisé sans pouffer de rire. Les chansons, mélange d’esperanto atmosphérique et de Français, évoquent davantage le monde barré d’Aquaserge traduit en africain (Mystic Halo) que celui, plus gazeux, de Temples et autres apôtres de la baudruche dégonflée.

Si reconnaître des noms connus vous rassure, notons que Melody Prochet (Melody’s Echo Chamber) chante sur le morceau éponyme, et que Emile de Forever Pavot assure les claviers sur Passagers. Sauf respect pour eux, la vérité est ailleurs : Canari renoue avec une tradition ancienne, et donc oubliée, du psyché français ; quelque chose qui aurait finalement plus à voir avec Zoo, Gong ou Les Fleurs de Pavot, groupe oublié de la fin des sixties. A l’occasion, les zozos franchissent même la ligne franco-allemande pour s’inspirer des rythmiques de CAN, et c’est précisément cet ensemble de repères historiques qui donnent à « Désamorceur » cette épaisseur qui manque à tant d’autres.

A quelques mois des 50 ans de mai 68, une rébellion douce qui permet à ce Canari de s’élever un peu au dessus de la mêlée. Sous le plagiat, la plage.

Canari // Désamorceur // La Souterraine
http://souterraine.biz/album/d-samorceur

Canari sera en concert au Point Ephémère le 11 janvier

10 commentaires

  1. y’en a marre de ‘cro_niqué” que vos “amis” MARRE! heureusement que je n’ai jamais acheté le ‘papier’, juste chippé! MARRE des NAVETS!

    1. salut trou du cul, merci pour ton message. Deux précisions quand même :

      1. je ne connais personnellement aucun des membres de ce groupe (hormis le guitariste croisé en quelques soirées)
      2. les critères de sélection pour chroniques ne sont pas liés à notre amitié avec untel ou untel, mais à la somme que ceux-ci nous font parvenir par virement bancaire en guise de pots de vin.

      Je t’embrasse.

      1. il ne sera jamais ton ami, il t’anarquera, il s’appelle Malcom mc laren, il est mort! il aime personne, il te hait, ton canard il les envoit en l’air sur l’otorote; il a un pognard turc dans son slip.

      2. pourquoi d gros mots? êtes-vous bête ou profesionel passioné? je vais supprimer l’abo de mon fils je me suis mis a lire vos blogs messages, il ya parfois tromperie, vulgarité, moquerie, et même desinformation sur des details a l’emporte piece. mon salut va à la case casse-toi!

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