L'histoire d'Happy Meal Limited aurait pu être celle de 3 frenchies, de 2 anglais et d'un grec parti à la conquête du monde en mullets et bottes de cuir. Et devinez quoi ? C'est leur histoire. Rencontrés en soirée cave dans les profondeurs de Londres, le groupe réussit à repousser les frontières du cool, à marier disco japonais et trap et même à séduire les grands corporate de l'industrie.

Entre clips gores et tenues provocatrices, HMLTD sort de sa cave et casse les codes de la production musicale. Avec seulement quelques singles et une tournée à leur actif, c’est désormais de la Russie à la France que HMLTD répand sa musique inspirée du punk et du disco japonais. À l’occasion de leur soirée drag au Petit Bain, rencontre avec James et Achilleas, guitariste et batteur du clan HMTLD, les cowboys les plus strass et paillettes de l’internet.com.

Vous vous êtes rencontrés au cours de soirées à Londres, à quel moment avez-vous compris que vous étiez fait pour composer ensemble ?

James : La composition du groupe s’est faite progressivement. On était trois, puis quatre avant d’être six. En soirée on parlait musique, on s’habillait pareil, on a donc décidé de voir ce que l’on pourrait ajouter à mes riffs de guitare, tous ensemble. Henri, notre chanteur, est le dernier à être arrivé dans le groupe. Il n’a jamais prit de cours de chant et on le trouvait un peu bizarre lors des premieres repétitions tous ensemble.

Achilleas : Il se tenait collé contre le mur et répétait “je refléchis“. On s’est dit que ça allait être gênant comme situation, surtout pour lui. Il a fallu attendre cinq répétitions avant de le voir exploser et nous en foutre plein la gueule. Il chantait très bien et savait exactement quoi dire.

Henri est un sacré frontman…

James : On a beaucoup de chance d’avoir trouvé Henri. Il est très charismatique et c’est un ami génial, très créatif et compréhensif. J’ai l’impression qu’on a plus beaucoup d’occassion de voir de bons groupes qui proposent du contenu intéressant. Si je me déplace à un concert et que je depense de l’argent pour une place, j’ai envie d’en avoir pour mon argent. C’est comme ça qu’on réflechit au sein du groupe.

Achilleas : À part les concerts de rap avec une grosse ambiance qui fait sauter la foule en l’air, il n’y a plus grand chose à attendre de scène musicale aujourd’hui, surtout la scène rock. Les groupes ne sont plus originaux de nos jours. Je pense que si un groupe ne part pas dans l’optique de réussir ou au moins de proposer du contenu original, il ne pourra pas faire ne serait-ce qu’un petit bout de chemin.

“On ne se dit jamais “ça c’est stupide” ou “ça va trop loin”. C’est ça la patte HMTLD.”

Votre musique est un gros mix de Trap, de dance japonaise, le tout surmonté d’un chant à la Nick Cave. Comment en êtes vous arrivez a une palette sonore aussi large ?

James : J’aime ton idée de palette. C’est comme ça que je vois la musique, parfois, j’associe même un genre musical à une couleur. La Trap ça me donne envie de nager donc quand j’en écoute je vois la vie en bleu. Je pense que tous les genres musicaux se complètent. Lil Uzi Vert fait de la Trap qu’il associe à une esthétique gothique.

Achilleas : Je pense quand même qu’il y a un équilibre à trouver quand tu veux mélanger plusieurs genres musicaux. Si les genres étaient des couleurs, les melanger tous ensemble donnerait un marron dégueulasse. Il faut être intelligents. Tu peux aussi jouer un morceau et en faire plusieurs versions, une version reggae, une version punk, il est important pour nous de définir une direction à prendre, une atmosphère à retranscrire avant de composer un nouveau morceau.

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D’ou vous vient cette esthetique de l’espace ?

James :  Je pars du principe que si t’as confiance en toi tu peux tout porter. C’est dans notre culture de porter ce que l’on veut. En Russie, on a été touchés de voir des mecs se mettre du rouge à lèvres devant nous. Ils se seraient fait exposés la tête s’ils étaient sortis comme ça dans les rues de Moscou. Ce qui est bien, c’est que l’on ne prétend pas être ce que l’on est pas. Je porte vraiment ces fringues au quotidien. Les gens savent qu’ils peuvent être eux-mêmes en écoutant notre musique. Pour répondre à ta question, je suis pas mal obsédé par Star Wars en ce moment.

Achilleas : J’aime la culture de mon pays et l’esthétique des pécheurs grecs. Ils vont pêcher les jambes dans l’eau avec des pantalons en cuir super épais, torse nus et fiers. Ils ne prennent même pas le temps de mettre de la crème solaire et portent généralement une grosse moustache. Je trouve ça d’enfer et m’attache à peaufiner ce style au quotidien.

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D’où viennent toutes les textures musicales de vos sons ? To The Door et son passage Trap par exemple.

James : Je pense qu’en écrivant ce titre, notre ligne de conduite n’a jamais été claire.”To The Door” a vraiment été un enfer à composer. J’ai crée le riff principal il y a 6 ans. On a toujours eu le “WOH AH” aussi. L’intro était prête mais la chanson n’était jamais terminée, on avait simplement pas le couplet, c’était vraiment frustrant. On a été en studio et là, improvisation totale. On a trouvé ça horrible et à force on a juste ouvert le champ des possibilités. On était dégoutés et on a prit la décision de foutre de la trapp en plein milieu du morceau. C’est ce qu’on écoutait beaucoup avant, 21 Savage, Lil Yachti et on s’est dit “et pourquoi pas ?!”.

Achilleas : Pour nous le son n’est toujours pas fini mais bon, il a l’air de plaire et ça nous suffit. On a tellement d’idées que rien ne finit jamais de manière propre en terme de production. On se dit jamais “ça c’est stupide” ou “ça va trop loin”. C’est ça la patte HMTLD.

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Où est la limite de l’expérimentation ?

Achilleas : On a essayé le métal sur plusieurs chansons, le reggae aussi. Il y a eu des déssaccords au sein du groupe à cause de ça,  de la limite à ne pas franchir. Pour nous ce qui compte, c’est de composer un récit, de voyage. Et puis, on ne part jamais dans l’optique de faire un son pour couvrir un genre musical en particulier.

Quand je regarde vos influences je trouve The Birthday Party, PIL, vous avez des plaisirs coupables de ce côté là ?

James : Je pense qu’on devrait pas se sentir coupable d’écouter quelque chose. J’adore The 1975, ABBA, ce genre de groupes que les gens trouvent surcotés ou ringards. Je valorise leur travail parce qu’il est bien fait.

Achilleas : Pour ma part j’adore Selena Gomez, c’est vraiment une reine. J’aime Lady Gaga, Christina Aguilera, j’attends son prochain album avec impatience. Par contre Katy Perry doit vraiment être arretée et payer pour ses crimes.

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Avec quels artistes aimeriez vous collaborer dans un futur proche ?

James :  J’adore Tyler, The Creator. Il a un sens de l’esthétique incroyable. Il n’a jamais l’air de savoir ce qu’il fait mais il le sait très bien. Travis Scott, ASAP Rocky, Post Malone, la liste des artistes que l’on aime est encore longue.

Achilleas : Mon rêve c’est de bosser avec Kanye West. Je veux entendre son avis sur tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi. J’aimerais démarrer une émission culinaire avec lui. Même pour faire des pancakes je suis sûr qu’il mettrait deux jours à customiser la cuisine. Il est génial.

L’album c’est pour quand ?

James : Même si c’est un peu ringard, on va sortir un EP. On a pas de plan business hyper clair pour l’instant. Sony nous a vu en live, ils ont voulu écouter des chansons méga pop que l’on a jamais sorties officiellement et c’est parti comme ça. Nous voila signés chez eux, c’est quand même incroyable.

Achilleas : Cette industrie est compliquée. On doit sacrifier de notre temps en tant qu’individus, en tant qu’amis, pour bosser. C’est encore nouveau pour nous mais d’un autre côté, on ne va pas se plaindre de ne pas voyager. Rien que pour l’anecdote des gays russes et du maquillage, on est très contents de pouvoir faire ce que l’on fait.

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