Cette année encore, le mois de décembre sera l’occasion de fêter Noël. Et cette année encore, pourquoi pas, en musique. À partir de ce constat, le choix t’appartient. Tu peux le faire avec bonne humeur, comme les Bewitched Hands et leur Christmas Tree. Ou la corde au cou, comme te le suggère Coldplay (Christmas Lights). Tu peux aussi regretter les réveillons d’antan. Comme les Futureheads. Qui auront raté le coche toute leur carrière, mais pas l’occasion de faire parler d’eux en cette fin d’année 2010. Car cette année, ils signent tout simplement le meilleur single de Noël possible. En forme de constat: Christmas Was Better In The 80’s. Vraiment ? Je peine à m’en souvenir.

Noël 1985. J’ai cinq mois. Presque six. Mes parents garent la Peugeot 205 dans la cour de la maison de ma grand-mère, à Garches. Quelques années plus tard, la maison sera revendue. Je garderai le souvenir du gigantesque jardin, du sapin atteignant le plafond et, sous ce sapin, de Gigi la Girafe. Qui n’émet plus qu’un son sourd quand on lui appuie sur le ventre. Madonna, elle, a encore sa voix. Cette année-là, impossible de l’éviter : Like A Virgin, Material Groove et surtout Into The Groove prennent d’assaut les radios. Ma mère se voit offrir Sauver l’Amour, ultime album de Balavoine. Qui décédera deux semaines plus tard. Autour de moi, on ne parle que de l’épave du Titanic, tout juste retrouvée, ainsi que de la mort de Signoret et de Welles. Autre tragédie : le 26 septembre, Madame Tota met au monde le petit Matthieu, qui plus tard commettra plusieurs attentats sous le nom de M Pokora.

Noël 1986. Je ne le sais pas encore, mais je devrai bientôt partager. Mais pour le moment, c’est juste moi. Mes parents ne me jugent pas assez grand pour aller voir Basil, Détective Privé au cinéma. Pas grave, j’aurai la cassette l’année prochaine, et cette année, celle de Rox Et Rouky, sorti cinq ans plus tôt. À la radio, comme l’année précédente, une madone cartonne. Mylène Farmer est Libertine. Tom Cruise, de son côté, est Maverick. Et il paraît qu’un homme tente une expérience, mais se transforme en mouche. M’en fiche, je joue avec mon Dragonaute. Ouais !

Noël 1987. Avec quelques semaines d’avance, on m’offre une petite soeur. Je dois donc faire un peu de place pour les photos de famille. Sur lesquelles je peine à sourire, encore perturbé par la publicité pour la carte Kiwi de la SNCF. Dont je garde un souvenir étrange. On m’offre une voiture électrique, le summum du cool, et un jeu de construction Jura. Je m’en moque pas mal, mais cette année-là, plusieurs drames ont lieu. Les Smiths se séparent. Dalida se suicide. Et Kevin Jonas voit le jour. Sous le sapin, pour mon père : Bad de Michael Jackson. Et une platine laser. Joe Le Taxi passe à la radio. Encore. Et encore. Dans mon coin, je tente maladroitement de réaliser un dessin potable avec les deux gros boutons de mon Télécran. Sans succès.

Noël 1988. Je peine à détacher mon regard des Chevaliers du Zodiaque. Le Club Dorothée a un an, je suis accro. Deux ans plus tard, la copine d’Ariane sortira le tube Nicolas et Marjolaine, et signera le début de longues minutes de honte dans la cour de récré. Mais mon initiation musicale commence autrement, et dès maintenant. Avec les Rolling Stones, et l’album Undercover. En cassette, sur mon premier Walkman. Dont je ne sais pas me servir. Cette année-là, le lapin Roger tente de ne pas finir dans la Trempette. Mais 1988, c’est aussi et surtout l’année de ma première NES, sortie un an plus tôt.  Ici commencent les années geeks.

Noël 1989. J’ai quatre ans. Et aussi, grande première, un petit frère. Qui regarde un enregistrement de Disney Parade avec moi, sans trop comprendre. Sur le petit écran, avant l’ouverture des cadeaux, Jean-Pierre Foucault, accompagné de Julia et Pilou (Anne n’arrivera que l’année suivante), nous paraît bien sympa. À la table des grands, la discussion tourne bien évidemment autour de la chute du mur de Berlin. À la radio, un certain Patrick se casse la voix, et on peut encore y entendre Benny B. Le carton de l’année s’appelle Maldon. Je la connais par cœur, en yaourt : “ima fiyéssé bobo…”. Et cette année, un autre frère Jonas voit le jour, ainsi que les deux frangins de Tokio Hotel. Une année douloureuse pour la musique, puisque Texas cartonne avec I Don’t Want A Lover.

Puis ce sera le début des années 90. La Super Nintendo, meilleure console du monde, avec Donkey Kong Country et Aladdin. Ce sera également la série Dinosaurs, le film Arachnophobie avec John Goodman et Junior, dans lequel Arnold Schwarzenegger tombe enceinte. Les gros musclés américains s’essayent à la comédie, puisqu’en 92, Stallone s’illustre dans un grand classique, Arrête Ou Ma Mère Va Tirer (j’ai encore le laserdisc). Il y aura aussi le jeu de société Les Mystères de Pékin, des overdoses de Galak devant Une Famille Formidable, Les Minikeums et Les Intrépides (Hé, si tu as besoin d’aide, quand ton ciel devient gris, allume la radio c’est parti !). Ce sera, finalement, au moins aussi cool que les années 80. Parce que je m’en souviens mieux. Et que d’un point de vue vestimentaire, les choses iront en s’améliorant.

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