© Sambath Kong

On ne va pas se mentir, même si la pente de la rue de Ménilmontant parait de plus en plus raide (glissement de terrain ou ravages de l’âge ?), cela fait du bien de retrouver le chemin de La Maroquinerie ce jeudi 17 septembre, le dernier concert « indoor » datant, – en ce qui me concerne – du 6 mars 2020 au Trianon : Frustration, c’était le nom du groupe, c’était également une prophétie.

A l’affiche, Arielle Dombasle et Nicolas Ker qui présentent Empire, leur très bel album de pop précieuse. Rue Boyer, il y a foule pour pénétrer dans ce qui est devenu aujourd’hui un saint des saints quasi inaccessible : une salle de spectacles ! Outre l’attente due aux différentes mesures de sécurité sanitaire, il semblerait également qu’Arielle Dombasle ait invité beaucoup plus d’happy few (BHL included) que la jauge, réduite à 120 personnes assises, ne l’autorise… il semblerait enfin qu’assister à un concert, de nos jours, redevienne un acte de foi doublé d’un chemin de croix : interdiction de commander une boisson en se tenant debout devant le bar, d’enlever son masque à l’intérieur et de se lever pour danser, comme durant les shows d’Elvis Presley au mitan des fifties. Déroger à l’une de ces règles, sous le regard courroucé des vigiles et de certains spectateurs, fait de vous, à peu de frais (au pire 135 euros), le punk ultime doublé d’un inconséquent.

© Sambath Kong
© Sambath Kong

Nous n’aurons de toutes les façons pas droit au chaloupé légendaire d’un Nicolas Ker en transe, ce dernier, qui a officiellement mal aux pieds, restera scotché sur un tabouret de bar, à côté duquel évolue Arielle (et deux danseuses en intermittence qui, elles, chaloupent !)… La Belle et la Bête ! L’une, brindille montée sur ressort, agissant en contrepoint de l’autre, parrain fatigué, dont la voix absolument pas en place n’arrive pourtant pas à gâcher totalement les deux points d’orgue du disque : « Le Grand Hôtel » et « I’m Not Here Anymore ». C’est dire la solidité des compositions et le talent du groupe.

Si la prestation vocale de Nicolas aura tendance à s’améliorer au fil des titres, Arielle, elle, ne flanchera pas, ne baissera jamais en intensité tout en se gardant bien d’en faire trop (ce qui lui a souvent été reproché), consciente du répertoire qui lui est offert et qu’elle interprète avec justesse et conviction. Bonne surprise, les parties de violon qui habillent soyeusement l’ensemble du disque passent avec succès l’épreuve du live, grâce à la maestria d’Henri Graetz qui s’en donne à cœur joie, notamment sur la reprise de « Sister Ray », interprétée en rappel sous la forme d’un maelstrom de 20 minutes gorgé de distorsion déglinguée.

Souhaitons que cet Empire trouve ses sujets, il le mérite, et que Nicolas Ker règle ses problèmes orthopédiques afin de le défendre à 100 % sur scène… Debout !

 

 

 

5 commentaires

  1. J’avais un nerf enflammé au pied, je ne pouvais poser le pied par terre sans hurler. On m’a prescrit l’opiacé le plus violent disponible en pharmacie (Colchimax pour ceux que ça intéresse).
    C’est ça de vivre sa vie en vrac: ça vacille du plus sublime au plus sublime.
    En tout cas je fais toujours au mieux pour que le spectateur qui m’a fait l’honneur de payer sa place en retire quelque chose.
    Parfois ça n’advient pas, et j’en suis le premier désolé, moi qui me tue pour qu’apparaisse un semblant de vie.

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