Laissez tomber 2010, Vic Chesnutt est mort le 25 décembre. Overdose de bonbons qui font du bien, ou suicide, Vic av

Laissez tomber 2010, Vic Chesnutt est mort le 25 décembre. Overdose de bonbons qui font du bien, ou suicide, Vic avait 45 ans. Depuis son fauteuil roulant (accident de voiture quand il en avait 18), ce mec a pourtant tricoté des rocks mélancoliques sans qu’on entende le couinement des roues en acier.

Remember. Les années 90’s furent la boîte d’écho des maux de ventre de Cobain. Héroïne, cheveux gras, guitare saturée, ulcère et songwriting. Pendant ce temps, un gars en fauteuil roulant développait le même genre de symptômes ; les décennies ayant un quota de martyrs assez faible, il est clair que Vic Chesnutt souffe à peu près seul. Malgré tout, l’économie musicale n’étant pas encore aux portes de la mort à cette époque, le blanc bec européen, découvrant l’indie signé sur de la major, pouvait aisément fixer le plafond de son studio en écoutant le bonhomme dessiner ses plaies. Et puis à ce moment-là, un coup de pouce de Michael Stipe, ça voulait encore dire quelque chose. Cobain pouvait bien se mettre un fusil dans la bouche, d’autres continueraient de faire des grimaces avec leurs guitares.  2009 dit fuck à 2010, Vic Chesnutt aussi. Deux albums coup sur coup la même année, Skitter on take-off et At the cut. Plus radical que jamais, Vic Chesnutt avait trouvé avec le label Constellation et les gars de Thee Silver Mount Zion, des compagnons d’infortune aussi peu portés sur le passage de pommade. Et puis, qui sort aujourd’hui deux disques la même année ? Un gars dans l’urgence, apparemment. 

Il n’empêche…

Il n’empêche, Vic Chesnutt avait des dettes abyssales (système de santé américain, Obama, Michael Moore, mourir seul une guitare posée sur les genoux et des lettres d’huissiers pas ouvertes sur le bureau, rayez la mention inutile), une grosse dépression et des pulsions suicidaires largement au-dessus de la moyenne.  Il n’empêche, encore : North star deserter (2007) est un chef d’œuvre. On pourra chialer tranquille tout 2010 en l’écoutant.  Il n’empêche, suite et (presque) fin : le père Noël n’a pas comblé ses dettes auprès du système de santé. Ce n’était pas sa première tentative. Vic Chesnutt était pugnace. Vic Chesnutt chantait des cicatrices. Vic Chesnutt va rejoindre la longue cohorte des artistes maudits qu’on pleurera les jours fériés. Le reste du temps, on suivra les suites du procès attempté au chirurgien de Johnny parti se faire réparer aux Etats-Unis. Vous trouvez ça cliché, la critique de l’éternel deux poids deux mesures ? Je n’en ai pas grand-chose à foutre. Perdre un de ceux qui nous ont montré d’autres chemins et dont on prenait des nouvelles de temps en temps, constatant avec joie que la souffrance n’avait pas eu raison d’eux, ça remue plus que de raisonnable. Ca fait de l’espoir en moins.  Il n’empêche, fin. Je répète : Vic Chesnutt chantait des cicatrices.

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