Connect
To Top

Thérapie Taxi est la preuve ultime de l’uberisation du monde

Alors que l’Italie, l’Angleterre, le Danemark ou encore Londres ont bouté Uber en dehors de leurs frontières, la France du 16ième arrondissement semble actuellement tomber sous le charme de ce VTC de l’electropop à côté duquel, pourtant, même le claquement d’une portière sur les doigts ressemblerait à un orgasme auditif.

Ils s’appellent Adé (pour Adélaïde), Felix, Renaud et Raph (pour Raphaël) et leur musique est cata (pour catastrophe). « Ils n’ont pas 25 ans et chantent la fièvre de la vie postadolescente » (dixit Le Monde), ont déjà poussé une génération au suicide à Rock en Seine (en 2017) et réussissent l’exploit de faire parler d’eux sans savoir ni chanter, ni composer. Franchement, bravo.

A eux seuls, avec leurs 4 petites chansonnettes cumulant presque 2 millions de vues sur Youtube, les membres de Thérapie Taxi symboliseraient presque l’échec du système scolaire français et la victoire écrasante du vide sémantique (« Jean-Paul, fais moi groover, Jean Paul, tu m’as délivré » sur le bien nommé Jean Paul) sur toute notion d’estime de soi ; celle qui consisterait à se relire avant de lire son poème à voix haute à la classe, morte de rire.

Là pourtant où la médiocrité post-estudiantine typique des vingtenaires trop heureux de clôturer leur BTS en force de vente par un voyage en Australie instagrammable est condamnable, c’est lorsque cette pas-du-tout Thérapie Taxi tente de se déguiser avec des fringues trop grandes pour elle. Enfants de Fauve et La Femme, Adé, Raph et leurs deux copains sortis d’une pub Desigual se rêvent comme la relève d’une pop française déjà à genou en tentant, comme Uber, d’être plus rapides et moins chers que la concurrence.
De ce point de vue, c’est très réussi : plagiat flagrant d’Agar hagard (pochette et musique, coup double), chant trois étages en dessous de l’appartement folk de Moriarty, chanson générationnelle sur le wild side de Pigalle et ses enseignes Bio C’Bon, surf les deux mains en avant sur les tendances semestrielles (graphisme rétrofuturiste niveau CE2, production elec-trop-pop) et grand néant socio-économique hérité d’une enfance avec des parents gynécologues leur ayant épargné la violence des transport en commun. C’est un peu tout en même temps, et en même temps, c’est tout, mais un petit peu.

A priori cette année, et hormis un combo mutant entre Téléphone, les Pirouettes et Indochine, vous n’entendrez rien de pire que cette grande lessiveuse pop dont on sort rincé, dieu merci, au bout de 13 minutes seulement. A peu près le temps d’un trajet entre votre domicile et les urgences, et tout ça en espérant qu’un taxi, un vrai, passera par là. Nous en tout cas, après le supplice de ce voyage, on met direct 1 étoile sur l’appli.

https://www.facebook.com/therapietaxi/

8 Comments

  1. Jean

    23 décembre 2017 at 12 h 28 min

    Encore un bon article de merde, bravo !

  2. GEOFFREY SEBILLE

    23 décembre 2017 at 16 h 59 min

    si à un moment, l’envie te prend préciser ta pensée, jean, je suis preneur.

  3. Marie

    24 décembre 2017 at 0 h 53 min

    En parlant de vide sémantique :)

  4. tivinvin82

    24 décembre 2017 at 10 h 36 min

    Sur la première photo, on voit ce qui interesse le groupe: les nibards de la chanteuse.

  5. j'aime ma peau lizzzze

    24 décembre 2017 at 19 h 50 min

    7g nantes psychiatrie 24 toutous & chiens, afpé, barrage, crise, on dort quand même!

  6. T'es parti farçi

    28 décembre 2017 at 15 h 47 min

    la musique idéale pour lever de la gonzesse en Fuego et l’inviter au Rancho Grill

  7. [email protected]

    28 décembre 2017 at 18 h 22 min

    NIQUE LA ZIQUE!

  8. drive & drink, c'est la fin du mois

    30 décembre 2017 at 18 h 47 min

    la musique de cr(a)de pour l(a)ver les gonzettes, et bruler les $teak house

Répondre à Jean Annuler la réponse.

A lire aussi