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THE OSCILLATION
Veils

En 2007, the Oscillation, quatre Anglais en formation classique (entendre guitare, basse, batterie et clavier laissant dans un même mouvement peu de place aux groupies), sonnaient à nos portes avec leur premier album, Out Of Phase. Fasciné par le spectacle de la pochette – illusion psychédélique d’une tête implosant à l’intérieur d’un scaphandre, ou d’un millier d’embryons contenus dans une bulle de chewing-gum – je découvrais la basse magique de Liquid Memoryman, et la voix de Demian Castellanos planant par-dessus les larsens maîtrisés de Violations.

Aujourd’hui assisté de Julian Hands, UFO visuel ambulant armé d’un seul rétroprojecteur et d’un porte-échantillons rempli d’encres diverses, le groupe vient de nous envoyer leur dernier album. Il s’appelle Veils, et explore plus en profondeur encore le terrain miné par Out Of Phase, sondant CAN et Spacemen 3 pour en extraire dix titres capables de voler au secours de Robert Calvert (Hawkwind) en pleine crise de paranoïa.

Mais alors que leurs aînés anglais – et supposées influences – louaient les bienfaits des grandes villes (« Big city, bright lights, cool cool people… Everybody I know can be found here », Big City, Spacemen 3) comme de la guérilla urbaine pour finalement jouer la pleureuse (« I’m a political bandit, and you just don’t understand it, you took my dream and canned it, it’s not the way I planned it », Urban Guerilla, Hawkwind), nos quatre pilotes soniques lui conseillent surtout de fermer sa gueule.

Psyché au sens XXL du terme, et moins poudrée pour mieux sentir le vent de la honte et des poncifs qui souffle derrière un bon paquet de groupes, on pourrait dire selon l’expression consacrée que la musique de The Oscillation a le nez fin. Agacés par les jérémiades incessantes de musiciens se plaignant tristement d’avoir du mal à joindre les deux bouts de ficelles (mais surtout à écrire des titres corrects) ou réclamant misérablement l’attention de l’assistance via Twitter, je les imagine s’être réfugiés dans une retraite silencieuse pour enregistrer ce disque qui semble plus souvent découvert que composé. A tout casser, j’estime que Veils comporte 15% de paroles sur toute sa durée, et que bien souvent le chant est salutairement noyé dans l’écho plutôt que dans l’alcool.

En assemblant un ou deux titres de ce nouvel album, on en arrive à cette pirouette arithmétique : Telepathic Birdman x (Shake Your Dreams Awake + See Through You) = Future Echo, un titre en forme de plongée en eaux troubles scellant les trente-six minutes et onze secondes restantes après le respect imposé par Demian Castellanos : « Do you see what I know ? It’s coming to you ». Grand disque.

The Oscillation // Veils // All Time Low (La Baleine)
(En concert à la Java le 17 mars dans le cadre des soirées Gonzaï)
http://www.myspace.com/theoscillations

5 Comments

  1. BSTR

    7 mars 2011 at 21 h 49 min

    A préciser que la critique positive de ce disque a été validée par le comité des publirédactionnels du site, et qu’on le rappelle ici le groupe sera en concert à la Java le 17 mars.

    Merci de votre attention, et signez en bas à droite,
    la direction

  2. LE_POULPE

    8 mars 2011 at 19 h 04 min

    ***Psyché au sens XXL du terme***
    J’étais pas dans le comité des sages ayant validé la grandeur du disque mais je confirme, il m’a complètement rincé les ouies après une attaque cérébrale due à une trop longue écoute d’un autre genre psyché (je crois même que mon céphalo-sexe a même un peu durci) merci Oscillation!! à suivre …

  3. Mosath

    24 mars 2011 at 14 h 58 min

    Critique entièrement approuvée. Un live au Vecteur (Charleroi) exceptionnel avec Squadra Omega les précédant. L’un des seuls albums que j’arrive a écouter en boucle toute une nuit envouté par la basse.

    *En attente de leur prochain passage dans le secteur*

  4. babasse

    26 mars 2011 at 2 h 31 min

    je lis avec attention ttes vos remarques car j’avais decouvert les sus-cités lors de leur album precédent (premier?) sur DC rec. et il m’avait bcp titillé les oreilles mais pas completement convaincu : une ecriture pop pas toujours bien sentie , des references trop evidentes pas encore forcemnt digérées mais qui faisaient echo ds mes esgourdes, le kraut faut il le redire? un peu de shoegaze , bref, celui -ci, je ne l’ai pas encore ecouté mais vos commentaires me font saliver.
    j’aimerai avoir vos avis sur leur album d’avant , histoire de confronter nos points de vues!

    babasse

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