Salariés, mères de famille, toxicomanes ou les trois peut-être, vous n’avez pas le temps d’écouter toute l’actualité musicale mais souhaitez briller dans les dîners de fin d’année? Parce que c’est pas parce qu’on n’a pas le temps d’écouter des disques qu’on n’a pas le droit d’en parler, Telex Review : une chronique hebdo certainement faite pour vous.

La crise de l’industrie musicale a beau chanter ses louanges, le facteur passe pourtant tous les matins au bureau de Gonzaï, même pendant les fêtes. Certains disques ne méritent pas une chronique, d’autres pas forcément de passer sous la trappe du sapin. Plutôt que de les ranger directement au placard, Telex Review les fait sécher sur la grande corde à linge de l’esprit critique. Dernière revue de disques de l’année par les troupes Gonzaï, éparpillés comme des boules sur un sapin.

Entre deux séances de bûche-à-bûche, Vernon emballe l’album de Salem dans un joli paquet cadeau :

Salem, King Night : Pour la millième fois cette année, la hype nous donne envie de vomir : ériger le trio Salem en next big thing, c’est un peu comme applaudir sa progéniture faisant pouich pouich sur un synthé Bontempi déréglé : « Mon Dieu quelle création ! Quel sens du beau-bizarre ! » Des clous, ouais ! Vite, un bûcher pour ces trois witch même pas bitch. Prévoir de la place pour tous ceux qui nous les ont vendu comme l’apocalypse de cette fin d’année.

Mathis, lui, a profité de sa cure de desintox’ aux compilations de Tino Rossi pour faire le plein de disques :

Franky Roses & the Outs, Debut LP : Une chouette rencontre musicale qui entame sa marche avec du tambourin sur nappes organiques. Musique agréable et lancinante pour une fin de soirée ou un début de matinée spirituel et en douceur. Sons épurés, voix douces comme le cul d’un chevreuil. Ça se rockise au fur et à mesure, le tout dans un son brut de décoffrage aux voix noyées dans de belles reverbs. Juste ce qu’il faut pour une journée que l’on veut entraînante mais pas trop quand même.

Ben Symphonic Orchestra, Island on a roof : Oui, c’est bien, c’est mignon, c’est alternatif et tu as le droit d’aimer. Maintenant, passer d’un néo-post-rock lumineux à une intro modern-folk chiée au ukulélé a ses limites. Pas de révolution. Il y a du soleil qui rentre dans la pièce et on s’en va cueillir des pâquerettes avec des clochettes attachées aux poignets. Si tu manques de place dans ta colonne, t’emmerdes pas trop non plus.

Maps & Atlases, Pearch patchwork : Là il y a du bon, mon grand. Un son nouveau et un mix réussi typé micro d’ambiance pour que l’album te semble être enregistré près de toi, dans les chiottes. Un travail de son assez pointu qui oscille tantôt entre couches industrielles et instruments électro-acoustiques en masse. Des compositions originales parfois math’ et aux mélopées répétitives que l’on ne trouverait pas choquantes sur une pièce de Steve Reich. Intemporel, propre et sale à la fois. Petit mélange parfait à explorer lors d’un apéro en compagnie de mélomanes modernes et avertis.

Bester a profité des fêtes pour ranger sa discothèque promo, deux disques sont sortis du lot:

This is the Kit, Wriggle out the restless : Un nouvel album de Kate Staples, c’est toujours en soi un petit non-événement ; personne n’en parle et pourtant son groupe de folk est l’une des meilleures choses qui soit arrivé à Paris depuis Jeanne d’Arc en… Bref. A l’inverse de Jeanne, This is the Kit est d’origine anglaise, ce qui ne les empêchera pas de périr dans les flammes avec conviction. Superbe album en ronce de noyer.

Medi, You got me moving : Un filet de voix aussi fin que ses mèches, un physique à croiser entre le top model de l’agence Elite et le sosie pacifié du commandant Massoud… Medi livre « enfin » son premier album studio enregistré – comme tous les Français qui foirent en France – à Los Angeles, chez le guitariste du Muppet Show (véridique). Avec Tony Berg (bon, il a aussi signé Beck et le BRMC chez Geffen), Medi touille sa soupe soul & pop sur douze chansons qui font l’apologie du vide, le paquet serré dans un jean slim. Et si, au lieu de graviter autour de Lenny et autres influences anglo-saxonnes, nos petits Français se mettaient ENFIN à réfléchir avant de brancher les micros ?

Après s’être tapé toute la tribu des lutins du Carrefour de Bobigny, Ismene de Beauvoir se venge dignement sur des hipsters enguirlandés :

Killtronik, Dresscode EP : Pour des Français, se produire en 2010 sous un nom phonétiquement voisin de « Tecktonik » tient de l’erreur marketing flagrante. De fait, le premier EP de Killtronik  inquiète… à défaut d’intriguer. Trois morceaux de pop électro et une reprise acoustique plus tard, je ne parviens pas à me défaire de cette impression de déjà-vu. Kill me goodbye.

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