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TAHITI BOY AND THE PALMTREE FAMILY
L’évidence 2008

Des groupes comme ça, on en rêverait au petit déjeuner.

Des groupes comme ça, on en rêverait au petit déjeuner.

Des groupes comme ça, on en rêverait au petit déjeuner.

On n’osait même pas l’espérer, tellement Tahiti boy est à 10 000 kilomètres des tendances et des modes. Si la VRAIE mode consiste à ne pas en être, et donc à la créer, la devancer, l’anticiper, la prendre par derrière, alors oui, Tahiti boy est bien le groupe qu’on espérait. Sorte de Midlake à la française, avec un premier titre (When I miss you) simplement rock tout en étant pop, orgue qui monte en érection comme une crème chantilly secouée trop fort, basse qui cogne dans tous les coins, voilà bien le super-groupe (réunion de différentes formations, de Poney Poney à Syd Matters en passant par Tanger). Espoir.

C’est tout le soleil de Californie qui semble s’être concentré dans des titres comme Who knows, toute le romantisme désuet de Bacharach ou Barry Manilow, joué de manière humble et sincère. Tahiti boy marque le pas et prend dix longueurs d’avance sur la concurrence. Bien loin devant Phoenix et ses compositions bubble-pop un peu trop mâchouillées. Il faut entendre You make me blush, assis sur un coin de Steinway blanc, ambiance 5 heures du matin, cigarette au coin des lèvres, la groupie prête à céder, pour comprendre que ce groupe ne fait pas semblant. On y parle d’amour (le magnifique The bees and the birds) sans rupture ni pathos. Lumière.

Learning tourne sur la platine. Je suis en 1973. J’entends la modernité et le passé en stéréo sans le dolby prologic. J’entends le futur qui ne crache pas sur les temps anciens. Le Smile de Brian Wilson a sûrement dû être passé en boucle. C’est évident. Il se dégage de ce groupe la fraîcheur d’un combo prêt à en découdre avec les Grizzly Bear et autres stars internationales de la pop sucrée qui ne fait pas mal aux dents.

Ce groupe n’est pas encore signé, et les Bac+5 en marketing de maisons de disques trouveront certainement les meilleures raisons pour empêcher la percée («Vous portez de drôles de barbes, vous chantez en anglais, les chansons sont trop longues, et ces looks c’est vraiment pas possible), mais rien, rien, rien, ne pourra empêcher le succès d’un groupe parisien qui ne fait déjà plus partie de la capitale. Car ces mélodies voyagent overseas, sans réelle nationalité. La meilleure surprise parisienne de 2008?

Album à paraître en avril chez Third Side.

L’interview de Tahiti boy

http://www.myspace.com/tahitiboyfamily

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