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SYD KEMP
Roi d’Angleterre

Si les sosies des Ramones et autres types à cheveux longs permanentés de la scène londonienne vous ennuient – coucou Telegram, coucou Toy, salut tout le monde – le salut viendra de l'exilé Syd Kemp.

Avant que la mitraille arrive à travers un bon label français et une tournée hexagonale digne de ce nom – réveillez vous – il est grand temps de s’intéresser à la musique de notre compatriote Syd Kemp. Cet idiot a décidé de partir faire un tour à Londres, d’aller jouer dans Neils Children et de s’entourer de types aux noms fleuris type John Linger ou Harry Bohay, qui doivent boire le thé à 17 heures, porter des tweeds et vider, quand la nuit vient, des fûts de bières trop vite fermentées.

La fuite des cerveaux

Naturellement, quand c’est à Thurston Moore qu’on paie la place d’un concert au bar du coin et qu’on est entouré de groupes qui forcent le respect – techniquement, entendons nous bien – on ne rentre pas ; pour le plus grand malheur des continentaux qui découvrent la fuite des cerveaux musicaux.Mais laissons la cocarde à sa place : son savoir faire s’est sans aucun doute forgé au contact de cette scène qui, tout lassante qu’elle soit, s’avère être composée de musiciens exigeants et ambitieux.
Et donc Syd a été obligé de travailler, de se mettre au niveau. Les Inrocks le dépeigne comme « aussi branleur qu’énergique » et concluent par un poussif « Syd : Vicieux ». Outre le fait que cela prouve un manque d’écoute de sa musique, c’est aussi faux par rapport à la manière dont Syd la conçoit. Si la Face B « Marbling » sortie pour le Cassette Store Day a été enregistrée en quelques heures, une rapide écoute devrait amener l’auditeur à l’évidence : pour tenir 20 minutes de nuances psychédéliques aussi passionnantes, réussies et maîtrisées, il faut incontestablement que le « branleur » et ses camarades aient passé des heures à se ruiner les doigts ensemble sur les cordes de leurs guitares.

Une grosse branlée

L’écoute de l’EP The Horror (clin d’œil aux mâles alpha de la scène londonienne?) réhabilite finement ces cuivres éternellement problématiques, créé une pop déviante – As I Don’t Get It, meilleur cheval de Troie de l’année – et vient mettre une branlée massive à tout nos concitoyens. Si on sort de Toulouse – l’Aquaclique – et de quelques labels certifiés par la maison, il n’y a absolument personne ici qui soit capable de faire un disque aussi riche.Il devient urgent de le rapatrier sur notre territoire. Le chouette label britannique Little League s’occupe de lui ces derniers temps, mais si une maison française pouvait nous en ramener un petit 45 tours, quelque chose dans l’esprit, voir un vrai album, ça ferait du bien à toute la communauté. Niveau ventes, pas d’inquiétude : sa dernière sortie, une cassette, s’est retrouvé sold out en dix minutes et trente secondes, un joli coup de force.

https://sydkemp.bandcamp.com

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