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SLEAFORD MODS
English Tapas

Quand on leur demande pourquoi avoir appelé leur dernier disque English Tapas, ils répondent que « C’était une manière d’illustrer la manie qu’ont les anglais de s’approprier de manière exécrable d’autres culture ». Comprendre : un tapas anglais. Un peu comme une téquila suisse ou une paella belge.

Sleaford Mods voit le jour quand le chanteur Jason Williamson, originaire de Grantham, une petite bourgade du nord-est de l’Angleterre, lassé de pousser la chansonnette dans des groupes divers et variés, décide de poser sa voix sur un sample d’un album de Roni Size. Au début, le projet s’appelle « That’s shit, Try harder » puis est renommé en référence à Sleaford, une autre petite ville pas loin de Grantham. Autant amateur de la culture punk que du Wu-Tang Clan, le son de Sleaford Mods en sera logiquement très influencé.

Musicalement, tous leurs morceaux ou presque ont la même recette. Une boucle entêtante de batterie couplée à une basse monomaniaque. Un texte scandé brutalement, parfois chanté (sur ce dernier album notamment) mais le plus souvent en spoken words. Sur les premiers albums, les musiques étaient composées de samples assemblés par l’ingénieur du son Simon Parfrement. Avec l’arrivée du beatmaker Andrew Fearn en 2012, les musiques deviennent originales (plus de problèmes de droits d’auteur) mais toujours brutes et minimales.

Du « fuck off » au kilomètre

Sur scène, Andrew Fearn semble prendre un malin plaisir à ne rien foutre. De sa main droite il tient une bière qui a l’air d’être vissée là depuis la mort de Margaret Thatcher. De sa main gauche, il appuie sur la barre espace de son ordi au début et à la fin de chaque morceau, puis la refourre dans sa poche le reste du temps. Jason est debout face à son micro, et crache ses poumons, en ayant l’air de chanter pour lui-même avant tout. Ce qui est drôle, c’est que du coup, toutes les vidéos de Sleaford Mods se ressemblent. Que ce soit un live, un showcase dans un magasin de vinyle ou un clip légèrement mis en scène (dans un bus ou un bateau), la recette est indéboulonnable : Fearn avec sa bière qui n’en branle pas une et qui secoue la tête, Williamson qui crache dans son Sm58 en déroulant du « fuck off » au kilomètre.

Quelques secondes de live suffisent pour comprendre que le chanteur de 47 ans n’est pas là pour rigoler. Le gaillard dégage une simplicité et une énergie qui en font un personnage unique sur la scène british. Même si on ne comprend pas toujours grand-chose à ce qu’il dit (le débit hyper rapide avec un accent East Midland à couper au couteau doublé d’un argot qu’on n’apprend pas vraiment dans les livres), difficile de ne pas être happé par le charisme prolo et la puissante sincérité qu’il dégage. S’il fallait lui trouver un équivalent français, il n’y aurait bien que Frustration qui tiendrait la route, dans un registre sensiblement différent.

De plus en plus de connards vous écoutent

Leur neuvième album, « English Tapas » est sorti le 3 mars chez Rough Trade Records, un label beaucoup plus gros que jusqu’alors pour le duo. Il faut dire que Sleaford Mods a le vent en poupe et continue d’élargir son public à chaque album, sans pour autant arrondir les angles. Dans un article qu’il a écrit pour Vice, Williamson se confie sur son rapport au succès : « Putain mais il se passe quoi, là ? Voilà ce que je me dis quand on m’arrête dans la rue pour prendre une photo avec moi. Ou que des gens postent des photos d’eux sur Facebook déguisés en moi à des soirées costumées. C’est le genre de choses qui arrivent quand la musique que vous faites est appréciée à plus grande échelle. De plus en plus de connards vous écoutent, mais c’est pas si grave, vous savez que vos morceaux sont cool, que vous ne vous donnez pas en spectacle et que vous ne vous fiez à l’opinion de personne. »

Dans leurs textes, les Sleaford Mods se font l’écho de toute un pan de la société anglaise, en parlant de chômage, de lassitude, d’alcoolisme, des aberrations du libéralisme et du capitalisme. Le spectre du Brexit plane sur tout l’album, un morceau est même dédié à l’ancien maire de Londres Boris Johnson, Moptop, en hommage à sa coupe de cheveux. Sur un autre titre, Snout, ils résument l’état d’esprit britannique post gueule de bois : “Like scared kids, like scared kids, because that’s all you are, rubbing up to the crown and the flag and the notion of who we are – fuck off”

Groupe désengagé

Sans tomber dans les travers du « groupe engagé », Sleaford Mods dépeint tellement bien l’état d’esprit désabusé de toute une frange de la classe populaire qu’ils en deviennent forcément politiques. C’est intelligent, bien écrit et plein d’humour, à l’image de certaines de leurs interviews. Quand on tombe juste après sur le vide intersidéral d’une interview de Vianney, ça change.

Sans surprise, leur dernier album est à la hauteur de ce à quoi ils nous avaient habitués. Direct, brut, sans détour. Un peu plus mélodique et chanté peut être, ce qui en ravira certains et en fera bondir d’autres. Ce n’est sans doute pas leur meilleur album, mais ce n’est probablement pas le genre de groupe qui aura un jour un « meilleur album » ou un tube. Il faut soit passer à coté, soit tout écouter en bloc du début à la fin. « English Tapas », c’est du Sleaford Mods, point barre, et pour l’heure, on ne s’en lasse pas.

Sleaford Mods // English Tapas // Rough Trade
https://www.sleafordmods.com/

4 Comments

  1. remarque de yves st andre de la clairiere

    8 mars 2017 at 10 h 50 min

    ‘vive’ les vieux kebabs moches

  2. Tout le monde encule theo,au fond.

    8 mars 2017 at 13 h 09 min

    Like scared kids, like scared kids, because that’s all you are, rubbing up to the crowd and the swag and the notion of who we are not – FUCK OFF

    Cool.super extrait.
    Je discute via FB avec une Rebecca,elle pige toujours rien,alors que je lui ai glissé les clefs,elle a du jouer avec sur le canapé,un chien les retrouverait,pas assez moches,trop perfectionnistes,vie facile,vie en deux clics,vie entre deux bites,c’est pour ça qu’on les aime,c’est pour ça qu’on aime,snap à Nice,so nice,laisse tomber,fais des tapas,file à Londres,tu te tais,fais nous taire,clos le débat,ferme nos gueule,fais nous fermer nos putains de gueules,merci,on te remercie pas,ferme ta gueule,j’ecoute Bassem,692 zero zero,je comprend sa langue,il a l’air vrai,t’es un nez rouge,tu joues la gaieté lyrique,il insulte la capitale,il vit où il est né, who we are, je sors d’une page web,les dix lieux communs bobos,toujours vrai,pour toujours. Allah gaieté, brunasses 6.3 AMG,vous nous degoutez. fuck off.

  3. MADTEO

    8 mars 2017 at 17 h 09 min

    we hate fucking battersea MODS

  4. Naomi Punk pov connard !

    10 mars 2017 at 8 h 34 min

    Sleaford Mods sur Twitter,24 juin 2016:

    « Fachos imbibés. Villes blanches, chemises noires. »

    Tu la sens l’arnaque mac ou tu nous la sers toi aussi sur un plateau et moi je finis le boulot?

    email message to all our fake artists: be fake assholes,tell them on twitter that you think their vote is shit. And even tell them they are shit.

    Le gonze vendait ses paroles 25 euros dans un livre à edition limitée,paroles absentes de ses disques bien evidemment.

    Vends LP Divide & Exit dedicacé au nom de Yann.
    6 euros.

    Divide and exit.

    http://statics.lesinrocks.com/content/thumbnails/uploads/2016/06/fatwhitefamily1215_gullick7219-tt-width-400-height-266-crop-1-bgcolor-000000-responsive-1-nolayzr-1-lazyload-0.jpg

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