Depuis sa sortie, « In a Silent Way » a été affublé de toute sorte de qualificatifs : serin, aquatique, hypnotique, pluvieux, nocturne, auroral, etc. Ce serait oublier qu’il s’en dégage, dans le sens noble du terme, une immense tristesse, comme une blessure d’âme qui jamais ne se referme. C’est également à cette époque qu’on peut voir le producteur Teo Macero se surpasser en tant que réalisateur. Coupures, montage, injection de pistes différentes – une technique qu’il développera par la suite sur tous les albums précédant le naufrage du trompettiste, au mitan des seventies. Il faut l’écouter pour le croire, ce dernier sursaut de génie d’un musicien hier hyper inventif qui, comme beaucoup d’autres, laissera son âme et ses couilles au vestiaire, le souffle coupé.

Radio Gonzaï #26 : La Rupture (part 2) by Gonzai