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Pond, du kangourou au pachyderme

Futur leader de stade derrière leur grand frère Tame Impala, Pond est sûrement un de ces groupes australiens dont le secret de productivité quasi annuel laisse rêveur. Du coup on a profité du passage du groupe à Nîmes pour rencontrer Nick Allbrook, petit homme lysergique, aussi dégingandé et bizarre dans la vraie vie que sur scène, pour causer de drum compression et d’apéritif anisé…

Beaucoup ont découvert Pond avec « Beard, Wives, Denim » en 2012 au même moment où Tame Impala sortait son « Lonerism » qui l’a fait exploser à l’international… Conséquence de quoi, Pond récupéra sûrement une bonne partie du public de Tame Impala après la sortie de « Currents » (2015) qui passa auprès des fans les plus hardcore comme un gros étron pop. Ces malheureux ne savaient pas à quel point cet album ferait avancer la pop terrienne (sans parler de la production, tout simplement ébouriffante (pour rester polis).

Pond suivait de près l’avancée du mastodonte avec « Man it Feels Like Space Again » (2015) mais gardait toujours le son agressif 70’s de leurs débuts avant qu’ils n’éclosent enfin de leur chrysalide pour toucher l’au-delà de « The Weather », album manifeste de la suprématie du rock australien en voie de globalisation…

Pond, ça fait déjà plus de dix ans que ça dure avec presque autant d’albums, est-ce-que tu pensais un jour que ça marcherait autant?

Nick Allbrook : Absolument pas, bizarre… [en pleine introspection, le Nick est sacrément perché et on se dit que c’est pas gagné, ndlr]

Votre son a considérablement changé depuis vos débuts… Certains puristes vous traitent même de groupe mainstream et sont restés bloqués sur « Corridors Of Blissterday » (2009). Vos influences ont-elles évolué ? La manière de produire vos albums a-t-elle changé ?

N : Oh, c’est un grand tout. [On a apparemment piqué sa curiosité, ndlr] Je pense qu’on finit tous par recracher ce qu’on a ingéré… À nos débuts et bien avant qu’on commence, on était dans une phase musicale très nostalgique, mais on a changé notre manière d’opérer depuis. On aime les choses neuves, le son des productions pop actuelles.

Copyright - Matt Sav

Qu’est-ce que vous écoutez par exemple dans le tour van?

N : Fucking Kanye West, Björk, Frank Ocean, Future et Young Thug mais aussi Death Grips qui est un de mes groupes favoris avec les Swans.

C’est marrant parce qu’on retrouve toujours des influences très 70’s sur vos albums bien que de plus en plus camouflées derrière de gros synthétiseurs…

N : Oh oui bien sûr, même si je n’en écoute plus trop à part des classiques comme le Blue de Joni Mitchell, j’adore ça… Qui y a-t-il d’autre?

Robert Wyatt ?

N : Oh oui merde, c’est mon idole. Robert Wyatt et Arthur Russell sont les deux trucs rétro qui me font décoller !

Bon et sinon comment vous vous y prenez pour arriver à vous réunir et faire un album ? Entre ceux qui jouent dans Tame Impala, le projet solo de Jay Watson (GUM) et tous vos side projects, ça doit être compliqué non ?

N : Ça serait très ennuyeux si je devais te le raconter. Tu peux imaginer… Deux sont avec Tame Impala et quand ils ne le sont pas… Ils jouent pour Pond, aha ! J’essaye de rassembler les troupes. Par exemple pour Noël on se retrouve tous dans la même ville et je propose aux autres d’enregistrer : s’ils peuvent c’est cool, sinon ils vont se faire foutre et on le fait quand même !

Du coup c’est un peu toi qui pilotes le vaisseau Pond, right ?

Pas trop en fait, on écrit tous des choses Jay, Joe et moi. J’écris des choses sans cesse. Jay c’est pareil, il produit une quantité de morceaux sans titres sur son PC genre 1,2,3,4…64, 364 untitled, etc. Sans concept. Sans paroles. Juste des pistes MIDI qui se superposent sur son ordi. Du coup il ramène des centaines de trucs que j’adore puis j’écris des paroles par-dessus sauf pour Colder Than Ice où il a absolument tout fait.

« Va pas pas croire que Kevin Parker a « fait » le son de notre album et qu’on l’a tous écouté. »

Comment Kevin Parker vous a aidé dans la production de l’album ? À t’il participé aux compositions ? Ou c’était plus comme votre ingénieur du son attitré ? 

N : Tu sais, on est tellement potes, on joue dans les mêmes groupes depuis… toujours. Et même quand on n’est pas dans le même groupe, on reste en contact et on se donne des conseils. Mais va pas pas croire que Kevin a « fait » le son de notre album et qu’on l’a tous écouté. On n’a pas du tout essayé d’imiter « Currents ». On est juste partis enregistrer chez lui, point.

C’est pas ce qu’on voulait insinuer. D’ailleurs, ce qui me fascine sur vos derniers albums, c’est ce son de batterie tellement puissant…

N : Oui parce que c’est the thing man ! Je m’ennuie vite maintenant dès que j’entends un autre vieux kit de batterie… C’est cool, j’aime le son, mais dès que tu rajoutes du volume et de la compression dessus ça claque tellement plus !

Comment vous vous y prenez ? Vous utilisez des samples ?

N : Ouais, je suis carrément addict aux samples pour doubler les batteries ! Sinon avec des packs de boîtes à rythmes, de ridicules Volca Beats ou une vieille TR-808 ça dépend…

Vous vous intéressez tous à la production ou il y en a qui sont plus engagés dans ce domaine-là que d’autres ?

N : Oui on a tous nos propres Home Studio depuis le début mais Kevin reste le meilleur pour ça… Tu sais, c’est vraiment étrange de pouvoir enfin s’offrir du bon matériel. C’est peut-être maintenant qu’on en a le moins besoin. On a enfin l’argent de se le payer, mais bon….

Ça sort d’où ce surnom de chaman indien que t’as donné à Julien Barbagallo aka « Grand Chien » ?

N : Ce n’est pas vraiment une expression australienne, c’est plus un truc de bande, comme les Américains qui s’appellent « Big Dog ». Je l’ai juste transformée en français et Julien a trouvé ça hilarant ! J’ai été très flatté qu’il l’utilise comme le nom de son premier album…

Il se dit aussi que tu serais un grand amateur de Ricard…

N : LE RICARD ! Oui… Mais je préfère encore le Casa, le pastis corse !

Pond // The Weather // Marathon Artists (PIAS)
pondband.net

1 Comment

  1. ainsi soit il

    4 juillet 2017 at 8 h 42 min

    Madre 2 DIOS! il hésite (encore) de chopper fugazi ou fuzati, Veg vs masq-

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