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Michael Chapman, ou les 50 nuances de folk

On aurait aimé dire de Michael Chapman qu’il était le digne héritier de Bert Jansch tant tout concordait : le jeu tout en picking, les origines (les deux viennent du Royaume-Uni) et leurs pages Wikipedia, longues comme le bras. Seul bémol : Chapman a débuté sa carrière en 1969 et pourrait surtout être le grand-frère du diable de Pentangle. Et contrairement à lui, à presque 76 ans, il est encore en vie.

C’est en peu de mots ce que « 50 », son nouvel album à paraître en janvier, raconte. L’histoire d’une carrière sous les radars, et quelque cinquante et quelques albums publiés en 50 ans de grattouillages de cordes. Deux infos conséquentes, un seul et même chiffre et une ligne claire tout du long ; avec cette régularité qui pourrait virer à la monotonie si Chapman n’avait pas entre les doigts ce Zippo prêt à faire cramer les cordes sèches.

Top 50. Ne nous emballons pas sur l’intertitre : Chapman n’a pas à son actif de « tubes » comme Dylan ou Bert Jansch ; mais il possède en revanche un certain don pour l’invisibilité de ce côté de la Manche où, à quelques exceptions près, son nom fait l’effet d’un soupir sur la mesure. Étonnant lorsqu’on sait – ou qu’on apprend, plutôt – que l’Anglais joua à ses débuts avec Mick Ronson et fut signé dans le triangle d’or discographique – Harvest, Decca, Deram – avant d’être récupéré par Strange Fruit Records, label cofondé par John Peel en 1986. Victime, comme tant d’autres, du désintérêt du public pour la folk au milieu des années 1980, Chapman entama alors une longue traversée du désert (il avait un physique prédisposé à cela, remarquez) puis, comme Jansch, bénéficia d’un retour en grâce au début des années 2000 ; l’âge aidant souvent les vieux briscards de bords d’autoroute (allo Johnny Cash ?) à se remettre en selle. Celle de Chapman est en cuir tanné, mais qu’on ne se méprenne pas : il n’est pas vraiment question de farwest sur « 50 », tout au plus d’une évocation lointaine des déserts américains en 16/9, du temps où ils n’avaient pas encore été transformés en casinos sablonneux.

Force tranquille. Pas de grande révélation sur « 50 », mais au moins une certitude. Chapman, ombre silencieuse de ce blues britannique historiquement plus intime que sa cousine américaine, peut aussi bien être comparé à ses copains débranchés du Royaume-Uni (Davey Graham, Richard Thompson, Nick Drake) qu’être cité dans ce que la nouvelle vague du folk anglais (Graham Coxon, Ryley Walker) a fait de mieux. Alors oui, certes, ça ronfle un peu par endroits, c’est gentiment boisé et le septuagénaire tombe parfois dans les travers du genre (une pochette encore moins sexy que Loretta Lynn en nuisette, une chanson ou deux taillées pour la gériatrie) mais « 50 » mérite évidemment d’atterrir dans les plus belles discothèques en acajou.

Michael Chapman // 50 // Paradise of Bachelors (sortie le 19 janvier)
http://www.paradiseofbachelors.com/pob-29/

2 Comments

  1. unas unus unos

    23 décembre 2016 at 15 h 48 min

    c chronicles ne sont pas d’un seul ‘homme’ elles ont etes entendues ici & là, c navrant de pauvreté, et quelques restent beas et douillent de leur bnk account pour de si plates chroniques, ou aucun humans n’ira acheter ou se documenter sur c type la……unas unos unos…..

  2. meule le lui avec de l'huile!

    26 décembre 2016 at 20 h 13 min

    fermez La Lourde!

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