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Le SuperHomard, dégustation à chaud

« Moi, quand on m'en fait trop, j'correctionne plus, j'dynamite, j'disperse, j'ventile. ». Autant de dialogues uppercuts sorties de la cervelle dérangé de George Lautner & Michel Audiard pour leurs Tontons flingueurs. La créature du SuperHomard en est le rejeton légitime et reprend ainsi le flambeau d’une pop cinématographique de très haute volée.

Quel plaisir de voir (enfin) émerger un groupe pop français de province (Avignon pour être exact) avec une telle exigence ! On aurait cru que pour entendre ce genre de délirium raffiné il fallait s’aligner sur le cercle ombilic autocentré du grand festin Versaillais. Que nenni, après une démonstration de force sur la scène du TINALS à Nîmes, le SuperHomard sonne la revanche des grands compositeurs français des années 60. Débrief autour d’une roue de bicyclette.

SuperHomard est-ce que c’est une histoire de famille ? Christophe j’ai vu que ton frère avait participé à l’élaboration du projet…

Christophe Vaillant : Oui c’est mon frère jumeau même, Olivier, qui a fait la batterie et la basse sur le disque. Mais à la base c’est vraiment un projet solo, mon frère m’a aidé à enregistrer les instruments que je ne maîtrisais pas assez bien.

Tout ça regroupé sous le sigle du SuperHomard. D’où vient cette fascination pour les films de George Lautner ?

C. : Oui ça vient du film Ne nous fâchons pas de George Lautner où il y a une scène qui est tourné dans une boîte de nuit qui s’appelle le SuperHomard. Quand j’étais plus jeune avec mon premier groupe on a appris à jouer le thème du film (Rosbif Attack). Puis le SuperHomard c’est devenu le nom de notre association, de notre studio puis carrément mon surnom… Comme le disque est sorti en premier au Japon je voulais un nom connoté français bizarre et le SuperHomard c’est donc imposé.

J’imagine que la musique de film est une influence majeure pour vous…

C : Oui c’est une de mes influences principales, tout ce qui est Ennio Morricone… Mais pour ne pas tomber dans le cliché surtout des musiques d’illustration sonore, comme le label KPM etc..

Comment a été produit « Maple Key » ? C’est un truc fait maison de A à Z ?

C : À l’origine c’est fait maison puis il y a eu l’intervention de ce jeune homme : Benoît…

B : Oui juste avant ce projet on jouait tous les deux dans Pony Taylor puis le projet s’est épuisé. Christophe s’est mis à composer seul dans son coin et quand il m’a fait écouter j’ai trouvé ça vachement bien ! Il venait juste de l’envoyer à un label japonais et le lendemain il reçoit une réponse positive comme quoi ils veulent sortir le disque… Du coup j’ai repris les pistes pour faire un mix un peu plus costaud et c’est sorti très rapidement.

Justement pourquoi avoir démarché d’abord à l’étranger avant d’essayer de sortir ce disque en France?

C : J’ai toujours sorti des disques à l’étranger notamment avec un ancien projet qui s’appelait Strawberry Smell, dont pas grand monde ne se souvient. Notre particularité c’était que personne ne nous connaissait en France mais on avait sorti des disques aux USA, au Japon en Australie… Et le Japon ça m’avait particulièrement marqué car j’adore cette culture. Quand ce disque a été fini je l’ai donc envoyé à deux labels : un espagnol (Elefant) et le japonais (Rallye Records) qui l’a sorti de suite.

Le label anglais Méga Dodo a suivi dans la foulée ?

C : Alors oui, après être sorti au Japon ça a fait quelques remous. En plus Xavier Boyer de Tahiti 80, qui est une méga star là-bas, m’avait fait les notes de pochettes. Par ce biais le label Méga Dodo en a entendu parler et a proposé de me le sortir en vinyle blanc, j’étais hyper fier ! Après, un label grec (Melotron recordings) me l’a sorti en cassette, puis c’est sorti en CD aux US sur Jigsaw Records.

La France en dernière position ?

C : C’est super long avec la France… J’ai eu plusieurs touches et c’est finalement sorti sur un label franco-suisse qui s’appelle le Pop Club Records.

Bizarrement on aurait tendance à croire que c’est le moment propice en France pour sortir ce genre de musique avec toute la clique Dorian Pimpernel, Forever Pavot, Julien Gasc…

C : Oui j’adore tous ces groupes mais au début je voyais vraiment ça comme un petit projet sans prétention. Je n’imaginais pas que je finirai par jouer dans des festivals… Tu sais j’ai plus 20 ans, je m’amuse à faire de la musique. Ça a plus été une surprise qu’autre chose. Et donc quand c’est sorti en France il a fallu faire des concerts et j’ai rassemblé mon petit gang : Tomi, Julie, Benoit et Laurent.

Qui est donc cette mystérieuse Pandora Burgess qui chante sur l’album ?

C : À l’origine elle jouait de la guitare et chantait dans un groupe avec qui nous avions joué avec Pony Taylor et j’adorais sa voix. Quand j’ai eu fini les instrumentaux, j’ai voulu essayer d’y poser ma voix mais ça ne marchait pas. Du coup je l’ai appelé. Comme elle est anglaise elle a retravaillé les textes et ça collait parfaitement… Mais ce n’est pas elle qui chante en live.

Et cette super pochette ?

C : C’est Cyril Jean qui la faîte. Son surnom c’est Pooley et c’est le meilleur graphiste du monde. Avec un dessin de Kimi Kimoki qui a fait l’illustration.

Votre clip Dry Salt in our Hair a apparemment été tourné au Canaries, vous vous refusez décidément rien…

C : Oui c’est une grosse production américaine, aha !

B : Contrairement au premier clip qu’avait réalisé Pooley avec trois bouts de ficelles, pour celui-là on a fait appel à des potes dont c’est le boulot (Vidéo Skills). Christophe est un fan de cyclisme vintage et le scénario lui a beaucoup plu…

C : Oui j’aime beaucoup le film Le Vélo de Ghislain Lambert. Cette ambiance-là, les vieilles casquettes et les maillots ringards…

Pourquoi avoir surenchéri avec un album de remix de « Maple Key » ?

C : En sortant le clip, on avait envie de l’accompagner d’une petite sortie, du coup on a fait faire des remix par des groupes qu’on aimait bien ou des gens qu’on a eu la chance de contacter comme Jay Watson de Tame Impala (via Julien Barbagallo). Mais il y a aussi Lake Ruth qui est un super groupe américain, un groupe japonais (Mother Tereco), un groupe norvégien (Remington Super 60) et même Benoît qui en a fait un sous son pseudo (Panama Club). Comme ça fait quand même deux ans que le disque est sorti (au japon), c’était une manière de finir en beauté pour passer à la suite…

En conclusion, quel serait le super pouvoir magique du SuperHomard ?

B : Gagner le tour de France !

C : Faire gagner le Tour de France à un coureur français. Non putain c’est dur… Apporter du bonheur dans le coeur des gens ? Arrêter les guerres ?

B : Non ce qui serait énorme serait de sponsoriser une équipe de vélo avec Le SuperHomard !

C : Comme Tricatel l’avait fait dans le film Le Vélo de Ghislain Lambert dont Bertrand Burgalat a signé la BO… si vous le revoyez, checkez : ils ont tous le logo Tricatel sur leurs casquettes.

B : Oui mais nous on irait plus loin, on aurait l’équipe de SuperHomard !

https://megadodo.bandcamp.com/album/maple-key

2 Comments

  1. kill the kamikaze

    19 juillet 2017 at 19 h 06 min

    bleue la dobasse, que j’vous dit! bleue!

  2. Flabbergastro

    27 juillet 2017 at 22 h 31 min

    « Quel plaisir de voir (enfin) émerger un groupe pop français de province (Avignon pour être exact) avec une telle exigence ! »
    Vous croyiez que Technikart et le drone avaient mis la barre haute en matière de confusion entre contre-culture et snobisme puant ? Et bien non chers amis, Gonzai réinvente le Fosbury et sans fioritures vous enfile petits pécores de province, à sec.

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