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LE PETIT CAS BANON
Le Bal des hypocrites

Ce jour-là, j’attendais de recevoir un guide Lonely Planet sur Melbourne. En ouvrant ma boîte aux lettres, j’ai trouvé le dernier livre de Tristane Banon. Celui-là, je ne l’attendais pas ; je ne soupçonnais même pas son existence. Vérification faite auprès du gonzo en chef, la rédaction ne croulait pas sous une pile du « Bal des hypocrites ». J’en déduis donc que m’incombe le rôle de caution féministe, forcément sensible à la cause des jeunes femmes consécutivement brisées puis malmenées par les médias.

Ce jour-là, j’attendais de recevoir un guide Lonely Planet sur Melbourne. En ouvrant ma boîte aux lettres, j’ai trouvé le dernier livre de Tristane Banon. Celui-là, je ne l’attendais pas ; je ne soupçonnais même pas son existence. Vérification faite auprès du gonzo en chef, la rédaction ne croulait pas sous une pile du "Bal des hypocrites". J'en déduis donc que m'incombe le rôle de caution féministe, forcément sensible à la cause des jeunes femmes consécutivement brisées puis malmenées par les médias.

Le problème est que je n’ai a priori aucune sympathie pour mademoiselle Banon. Mieux, je ne ressens pas le besoin d’avoir d’avis sur l’affaire DSK, ni d’en débattre avec emphase lorsque les conversations sur la météo s’assèchent. Ce livre en main, me voilà donc contrainte à questionner mon point de vue sur « l’affaire ». Tous pourris ? Tous menteurs ? L’option est confortable, car on le sait bien : ces gens-là ne sont pas comme nous.

Personnellement, je ne revendique aucune certitude quant au fond de l’histoire. Je ne comprends pas les choix de la protagoniste et, en un sens, j’espère ne jamais être en mesure de les comprendre. Pour autant, je ne suis pas en mesure de lui accorder un statut d’oie blanche. Anne-Caroline Banon s’est créé un personnage d’héroïne de tragédie sur lequel le malheur s’abat du fait d’une prophétie auto-réalisatrice. Séduisante parce que souffreteuse ; les sourcils trop épilés et les cheveux trop décolorés, elle ressemble à un piaf malmené. Où que se situe la vérité, « Triste Anne » est une fille qui, à défaut d’un véritable intérêt, suscite en moi une réelle compassion.

Se faire agresser sexuellement par un puissant puis voir l’anecdote faire le tour des médias du monde entier, dont une partie crie à l’affabulation… Il y a de quoi ressentir une certaine détresse. De là à imaginer qu’un récit lapidaire lavera l’affront et suturera la plaie, il faut avoir une grande foi dans la puissance de sa plume. Visiblement confiante, la demoiselle Banon justifie sa tentative littéraire par une volonté d’échapper à la folie. Pourtant, lorsqu’elle parle de son chien comme d’un super héros supposé la protéger de la bêtise humaine (sic), on peut se demander s’il n’est pas déjà trop tard.

« Flaubert court. Au bois, Flaubert est libre, c’est son moment. Je veux qu’il oublie tout, il n’est qu’un chien, les dérives d’un malade ne devraient jamais influer sur le bonheur d’un animal, de mon chien. »

Sur le fond… pas grand chose. En 120 pages parfois touchantes et souvent risibles, Tristane raconte les quelques jours ayant suivi l’éclatement de l’affaire Diallo. Telle une adolescente rédigeant avec ferveur son journal intime, l’auteur, qui par ailleurs évoque tranquillement ses envies régulières d’en finir avec la vie, cède sans vergogne au lyrisme gênant et aux métaphores faiblardes, notamment lorsque sont évoqués « (c)es mails (qui) tombent comme des quilles ». Malaise. De la souffrance, un peu, mais aussi beaucoup de vide : des retournements de veste qui ne surprennent que la principale intéressée, des références médiocrement cryptées au petit monde des médias et du politique – qui n’est d’ailleurs vu qu’au travers de l’écran de télévision devant laquelle l’héroïne se plante de temps à autres – et des réactions de quidams pas suffisamment bienveillants.

Mais qu’est-on supposé tirer de tout ça ? A défaut d’autre chose, ce texte ne parvient même pas à réveiller en moi un quelconque instinct voyeuriste. Thérapie littéraire rédigée « à la va-vite » comme gage d’authenticité, ce récit n’est nécessaire qu’à son auteur. Alors qu’au terme de ces 120 pages la condescendance me pousse au tutoiement, je peux le dire : Tristane, restons-en là et embrasse Flaubert pour moi.

Tristane Banon // Le Bal des hypocrites // Le Diable Vauvert

3 Comments

  1. Joe

    24 octobre 2011 at 12 h 04 min

    En gros tu t’en fous. Comme tout le monde.

  2. Philippe Gouvelec

    31 octobre 2011 at 20 h 01 min

    Pardon mais… comment est-il possible qu’une personne qui s’exprime aussi mal que vous puisse s’essayer à commenter des livres ? C’est pitoyable, votre style, je veux dire : limite lisible.
    Faites autre chose, du cinéma, je ne sais pas. Ou travaillez avec des amis… Mais ne publiez pas des pseudos articles aussi nuls (je parle de la forme, je ne m’embête même pas à évoquer le fond…)

  3. IDB

    31 octobre 2011 at 21 h 16 min

    Cher Philippe,

    Ne vous excusez pas. Je vous remercie sincèrement pour vos conseils de réorientation, j’en prends bonne note (… et j’appelle de ce pas des amis). Mais tout de même, quel dommage que vous ne preniez pas la peine de vous attaquer au fond de cet article…

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