Connect
To Top

LAST NIGHT
Du vaudeville aux lust nights

S’il fallait oscariser à tout prix une actrice maigre, on aurait sans doute mieux fait de choisir Keria Knightley. Ca aurait évité d’encourager Darren Aronowsky, lequel peine toujours à faire mieux que son premier film, racontant encore la même histoire avec de plus en plus de pathos superflu, au point qu’on a presque toujours une fin à la Dancer in the Dark, avec des personnages pauvres et handicapés qui perdent leur boulot et se font piquer leurs sous et leur femme par leur meilleur ami.

Last Night évite le pathos et offre en échange Eva Mendes, qui montre qu’elle a su évoluer depuis Fast and Furious (que nos amis Québécois ont l’élégance de traduire par Rapide et Dangereux). Évidemment ce n’est pas Eyes Wide Shut, mais pas non plus juste une autre histoire d’adultère. Ou plutôt si, c’est bien encore une histoire d’adultère, déjà vue, lue, rebattue. Mais c’est là que l’on apprécie le cinéma, pouvoir se couler dans une histoire que l’on connaît déjà, voire dont on connaît déjà la fin (à peu de choses près), simplement parce que cette histoire est bien racontée. On se rappellera, fort à propos, que Kubrick était un inconditionnel de Max Ophuls, et qu’un Eyes Wide Shut doit beaucoup au maître français. C’est vers Ophuls, et peut-être la légèreté de La Ronde, que l’on trouvera la principale qualité de Last Night : son agilité cinématique.

Expédions l’histoire. Elle trouve qu’il est un peu trop complice avec sa jolie collègue de bureau. Il ne s’était jamais vraiment posé la question, mais oui, c’est vrai qu’elle est plutôt jolie. Ils se disputent, et le lendemain il part avec la jolie collègue à Philadelphie tandis qu’elle tombe sur son ex, de passage en ville. Ça tombe bien, elle ne fait rien ce soir. Et tournez manège…

Parce que c’est de mouvement qu’il s’agit, et c’est là que le film décolle un peu de son programme de produit sur-mesure. On passe d’un lieu à un autre comme on glisse insensiblement d’un état à un autre, on ne suit pas tant une évolution qu’une porosité des impressions, d’un plan à l’autre, d’un personnage à l’autre. Il y a un tour de force à se sortir aussi finement d’un scénario aussi éculé, à la fois dans la réalisation, les fondus réguliers d’un couple à un autre, pas seulement dans le son, mais aussi dans l’enchaînement des moments. Le montage est juste, moins les jump-cuts un peu stériles que le choix de morceler l’action hors d’un souci seulement dramatique. En multipliant les temps morts, les faux départs et les étapes, la réalisatrice conjure l’enjeu dramatique du film. Jusqu’au dernier plan, qui dénie toute importance à la conclusion, qui ne pourra boucler le film comme la leçon qu’il n’est pas, ni morale ni amorale. Il y a aussi un réel travail de retenue de la part des acteurs, que l’on sent dirigés avec finesse. Bon, peut-être pas Sam Worthington, mais il sort de six mois de tournage devant un blue-screen, ça vous marque un homme.

Last Night // En salles


1 Comment

  1. Blandine

    20 mars 2011 at 15 h 33 min

    Oh la vache! c’est drôle je l’ai regardé ce matin et j’ai trouvé que c’était (à peine) digne d’un téléfilm d’M6; bienvenue chez les yuppies de NYC, l’histoire d’amour entre Canet et Knightley est à peine crédible (à grands coups de montage au scalpel), trop de velléité de ne pas y mettre une morale pour qu’on ne la voit que trop justement , le mari qui a le charisme d’une huître, des scènes téléphonées à mort, pire qu’une bluette nase…

Laisser un commentaire

A lire aussi