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LA CHRONIQUE AUTO-SOCIO
Tierra, viento y Renault Fuego

Toutes les deux semaines, Bolino Croustibat sort de sa boîte à gants un essai auto-socio sur les grosses carrosseries. Entre Roland Barthes et Turbo, une autre vision du monde, garantie sans pollution.

Tout le monde connait la loi de Godwin puisqu’elle est dorénavant enseignée aux enfants du CP pour qu’ils puissent chatter sur MSN Messenger. Mais on connait moins son lemme sur l’automobile qui stipule que « plus une discussion en ligne sur l’automobile dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis, Adolf Hitler ou la Renault Fuego s’approche de 1. »

C’est peu dire que d’affirmer que la Renault Fuego est un sujet sensible. Depuis 1980, le nombre de toréadors prénommés « El Fuego » est devenu pratiquement nul, ceci malgré le mauvais goût caractérisé des Espagnols, leur lourde tendance au machisme, au zézaiement et aux pull-overs verts. On sent bien qu’il y a un malaise. En fait, cela fait 30 ans que la Fuego s’offre en sacrifice aux chantres du bon goût automobile – ces ploucs – en tant que souffre-douleur, pour leur faire croire à l’existence de leurs goûts. Une bande n’est jamais aussi soudée et normative que lorsqu’elle dispose d’un acnéique à humilier régulièrement.

Pourtant, la Renault Fuego n’est pas un détail de l’histoire automobile. En 1982, la Fuego Turbo Diesel est l’automobile diesel la plus rapide du monde grâce à son deux-litres turbo diesel de 88 chevaux qui lui permet d’atteindre 180 km/h (ce qui, d’après le pouvoir d’achat de l’époque, représente plus de 860 km/h actuels). Pour devenir célèbre en 2010, plutôt que de faire une sex-tape, on peut tout à fait se faire flasher en Fuego Diesel pour un délit de grande vitesse. C’est beaucoup plus post-moderne que l’accident de James Dean et ça permet de choper nettement plus puisqu’on ne meurt pas.

Autre fait remarquable, la Fuego est la première voiture au monde à disposer d’un « plip », un dispositif portable s’apparentant à un iPhone utilisant la technologie infrarouge, et permettant d’interagir à distance avec la voiture sans avoir à installer iTunes. Le plip permet aux grands bruns ténébreux de signifier élégamment la présence de leur coupé sportif sur le parking sans même avoir à entamer une discussion. Plus loin, on apprend que Robert Opron, designer de ce latin phallus, tenait à un aérodynamisme record et à son hayon bulle en verre moderne et courageux (« j’emmerde le design allemand ») qu’il récidivera sur la R25.

C’est vrai qu’il il y a quelques ratés, comme pour toute réalisation à l’appellation espagnole à l’exception de la pata negra. Le dessin extérieur, caractérisé par la bande en plastique striée noir censée « affiner et dynamiser la ligne », a effectivement la prétention sexuelle d’un macho espagnol à coupe mulet. Mais la dynamique est plutôt celle d’un pénis trop alcoolisé : la bande en plastique noir a le profil plongeant d’une demi-molle. Quant à l’affinage, ces mesdemoiselles repasseront également : le plastique noir des années 80 vieillit aussi bien au soleil qu’une glace Häagen-Dazs au milieu du Sahara. Robert devait être quand même sacrément déprimé au retour de ses vacances sur la Costa Brava.

Injustement jetée à la vindicte alors qu’elle s’attendait à un hommage dans Mais qui a tué Pamela Rose, la Fuego connaîtra heureusement la reconnaissance ultime grâce à une furtive apparition dans K2000, saison 1 épisode 18 (« l’or des Aztèques »). Il est donc bien trop tard pour se moquer. Souvenez-vous du destin des Datsun 240Z ou du Hummer ! Le jour est proche où Paris Hilton, après un délit de grande vitesse dans une course contre les paparazzis, terminera sa course aux Chandelles avec Justin Bieber, sa nouvelle conquête, à bord de sa Fuego état concours.

8 Comments

  1. BSTR

    5 juin 2011 at 21 h 24 min

    Moi j’ai envie de dire: à quand un papier de fond sur la Volkswagen Sirocco?

  2. Vernon

    9 juin 2011 at 9 h 08 min

    @ Bester : Cette voiture, c’est du vent.

  3. serlach.

    9 juin 2011 at 23 h 26 min

    la vache Vernon tu lui en as mis un coup !

  4. Vernon

    10 juin 2011 at 15 h 06 min

    Beau constat, Serlach.

  5. BSTR

    10 juin 2011 at 15 h 17 min

    Tant que c’est à l’amiable…

  6. Vernon

    10 juin 2011 at 20 h 37 min

    … tout est permis, tant qu’on sait bien se conduire… Bon allez, je vais faire mes calembours à deux balles sur la bande d’arrêt d’urgence.

  7. Sandro

    12 juin 2011 at 15 h 41 min

    La Fuego, c’était la Sirocco du pauvre, laquelle reste quelque chose comme « blowing in the wind », nous aurait dit le psychanalyste Zimmerman.
    Sandro

  8. Bolino Croustibat

    22 juin 2011 at 16 h 46 min

    Robert Opron est un peu à l’automobile ce que René Coty est à la politique.

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