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IRMIN SCHMIDT
Yes, he CAN

Derrière l’ignominie du terme « Krautrock », étiquette péjorative de la presse anglaise que l’on traduira par rock-choucroute ou rock de boches, se cachait une jeunesse née grâce aux tickets de rationnement, dans les gravats de la déconfiture nazie, et élevée au son des claquements de bottes des marches militaires funèbres.

Derrière l'ignominie du terme "Krautrock", étiquette péjorative de la presse anglaise que l'on traduira par rock-choucroute ou rock de boches, se cachait une jeunesse née grâce aux tickets de rationnement, dans les gravats de la déconfiture nazie, et élevée au son des claquements de bottes des marches militaires funèbres.

Un demi-siècle plus tard, Can reste à bien des égards l’étendard le plus vaillant d’une décennie teutonne qui fit imploser la musique populaire (sa sacro-sainte trinité du couplet / pont / refrain) en lui insufflant des doses de musiques savantes et de sons orientalistes barbares aux communs des oreilles. Le groupe fondé par Irmin Schmidt, pour conclure, c’est surtout l’histoire d’une blank generation tiraillée entre les possibles du miracle économique post-reconstruction et la violente culpabilité d’une nation. Après la guerre, donc, mais avant la sortie d’inédits du groupe, prévue pour 2011, rencontre obligatoire avec un très vieux monsieur qui, s’il parle un français wunderbar, n’est pas resté bloqué sur la touche repeat.

Il ne faut pas se tromper, si aujourd’hui des wagons de groupes se réclament de l’héritage de Kraftwerk, Neu !, Faust etc, et que Tago Mago surnage dans les faux blind tests pour magazines figés, le chemin parcouru par ces groupes n’était pas une autobahn de reconnaissance, surtout pas dans un monde où la pièce montée se prénommait Yes. Maintenant que l’on regarde l’histoire depuis notre canapé, il est clair que 1968 fut le détonateur du rock allemand. Une choucroute molotov, un sursaut d’orgueil jeté à la face de la création anglo-saxonne embourbée jusqu’à l’arrivée de punks qui lorgnaient, soit dit en passant, vers ces freaks germaniques radicaux.
Pour démonter le cliché du squatteur berlinois chevelu ensuqué dans ses paradis artificiels, quoi de mieux qu’une rencontre avec Irmin Schmidt, clavier et tête pensante de Can, incarnation d’une insolence ancrée dans une identité musicale patchwork (contemporain, jazz, rock, musique tzigane ou japonaise, cabaret, proto punk…) et pourtant définitivement allemande.

Irmin Schmidt // Rééditions Axolotl Eyes et Filmmusik 4 & 5 // Mute (Naïve)
CAN // Rééditions et inédits à paraitre en 2011

Réalisation vidéo: Julien Perrin
http://www.irminschmidt.com/


9 Comments

  1. ThibaultKV

    27 février 2011 at 23 h 19 min

    Quand vous faites n’importe quoi, je le dis, et quand c’est vraiment bien, bravo !

    Vraiment classe d’avoir sorti Irmin Schmidt du placard pour un joli témoignage. Et une vidéo chiadée en plus.

    J’en redemande.

  2. Kraout-Man

    2 mars 2011 at 22 h 48 min

    Putain, c’est le fait que papy soit vieux qui vous déride ou bien? Personne pour applaudir des deux mains devant CAN?

  3. Meuble

    6 mars 2011 at 0 h 01 min

    Merci ! Voilà ce qu’on aimerait voir plus souvent ici.

  4. serlach.

    6 mars 2011 at 15 h 35 min

    merci messieurs
    meuble ( je suppose que tu es masculin) si on ne fait que ça on va faire que du rock à papa, perso j’adore mais il ne faut pas que ça bouffe le reste, sinon on parle vite de la musique dans le formol, c’est un juste équilibre pas toujours évident à trouver

  5. stéphane

    5 août 2011 at 20 h 43 min

    Le jour où les chroniqueurs musicaux admettront que la création musicale est morte au milieu des années 80,tout ira mieux!
    Ce n’est pas deux ou trois humanoïdes peroxydés et assistés par ordinateur qui risquent de remonter la pente!
    Merci pour ce doc!

  6. serlach.

    6 août 2011 at 0 h 20 min

    désolé Stéphane mais moi je pense que c’est plutôt le dimanche 16 avril 1722, Bach à repris deux fois du pâté qui lui est resté sur l’estomac tout l’après midi et depuis l’avenir n’est plus ce qu’il était…

  7. LE_POULPE

    6 août 2011 at 15 h 27 min

    certes Serlach, mais ça lui aura aussi fait imaginer les contrepets les plus foireux jusqu’à en chier plus tard du contrepoint au km, ce qui s’appellera l’Art de la fugue ……

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