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INFECTICIDE
CHANSONS TRISTES

Partis vider le bar après avoir coincé le revival coldwave dans les chiottes au moyen d’une chaise posée sous la poignée de la porte, Infecticide proposa, avec la courtoisie d’un Patrick Balkany s’adressant aux journalistes, de mettre un peu de musique pour égayer la soirée. Après une brève altercation avec le disc-jokey qui fût réglée par l’offre d’une prestation fictive au Social Club, le trio posa religieusement son premier album « Chansons Tristes » dans la chaîne hifi du bar/club avant que le drame ne se produise.

Partis vider le bar après avoir coincé le revival coldwave dans les chiottes au moyen d'une chaise posée sous la poignée de la porte, Infecticide proposa, avec la courtoisie d'un Patrick Balkany s'adressant aux journalistes, de mettre un peu de musique pour égayer la soirée. Après une brève altercation avec le disc-jokey qui fût réglée par l'offre d'une prestation fictive au Social Club, le trio posa religieusement son premier album « Chansons Tristes » dans la chaîne hifi du bar/club avant que le drame ne se produise.

Thierry, le patron enjoué du lieu, avait pourtant été prévenu lorsqu’à intervalles interposés les bagarreurs de Da Heard It Records, Debmaster et Marc de Blanchard, étaient venus saccager les lieux avec leur pote Ableton qui avait une fois de plus trop bu. Au point que le nouveau compresseur piraté sur T411 par un type qui passait par là n’avait pu maîtrisé la situation.  Et, comme s’ils s’étaient passés le mot, Infecticide avait bel et bien prévu ce soir là d’imiter ses collègues de boulot.

Sentant le danger se pointer, les souvenirs biaisés de la coldwave tambourinaient sans relâche « au secours » à la porte des waters. Mais il était déjà trop tard et Liaisons Dangereuses, qui était parti fumer une clope durant le kidnapping, ne pourrait guère apporter son aide, trop occuper à choisir s’il devait rester assis ou danser.

Finalement, il se passa ce qui était prévu.

La techno, qui était venue à la base se détendre avec un verre de Martini, se vît taquinée le goujon et contrainte à s’amuser avec deux membres du groupe. Pendant ce temps là, le troisième rasait les jambes des filles sous les yeux d’un videur hilare. C’était sans compter sur la bagarre générale qui se produisit à peine 5 minutes après qu’un client se soit plaint auprès de Thierry, en effet, sa Peugeot sur le parking avait été rayée par un malfaiteur. Moog, présent depuis l’happy hour et proche d’Infecticide, était d’ailleurs fortement soupçonné par l’audience.

Au petit matin et après une soirée un peu trop longue, Infecticide finit par vomir sur la porte des toilettes (qui n’avait toujours pas été décoincée) avant de s’endormir dans les bras de Thierry. Encore éveillé, il commençait à s’inquiéter des éventuelles plaintes à sa charge. Cependant, fidèle en amitié, il s’était déjà promis de laisser entrer le trio instable la prochaine que la soif les prend. C’est vrai que malgré tout, ils sont très sympas Infecticide. Et voici donc leur interview.

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Yo. « Chansons Tristes » est votre premier album avec Infecticide mais j’ai cru comprendre que c’était une collection de titres plutôt qu’un album qui a été construit de A à Z …

On pourrait même dire que c’est une compilation de titres choisis parmi environ 5 ans d’expérimentations plus ou moins heureuses. « Le crème de le crème » dirait Jane Birkin. Ça a commencé en 2008 dans une veine très froide et sombre, avant de rapidement s’égayer, et sans être destiné au live au départ. C’était un projet destiné à se faire plaisir, à expérimenter, à chercher une place et une identité musicale à soi dans toute cette masse de musique. Puis peu à peu, de plus en plus de gens s’y sont intéressés, et nous ont poussés à faire du live.
C’est avant tout une recherche de plaisir, et comme c’est dans la composition et dans le live qu’on le trouvait, l’album était un doux rêve pour lequel on ne se bougeait pas vraiment. On accumulait des morceaux en se disant que si le public continuait de nous suivre, des gens motivés pour nous sortir viendraient peut-être un jour à notre rencontre. Mais en fait on est trop feignants pour démarcher je crois. Du coup c’est ce qui s’est passé, les énergumènes de Da!Heard it Records sont venus nous proposer de sortir avec eux si je puis m’exprimer ainsi. C’est carrément une famille qu’on a trouvé.

Certains artistes qui officient dans la musique électronique discernent vraiment l’aspect « studio » et l’aspect « live ». Comment cela se présente pour vous ? Composez-vous en répétition ou est-ce dans un premier temps un travail individuel avant qu’une réadaptation soit envisagée pour les concerts ?

C’est effectivement un travail individuel réadapté au live, et de plus en plus conçu pour l’être, dès le départ. Maintenant on crée nos morceaux en imaginant ce que ressentira notre public en live, comme quand tu prépares un bon petit plat à quelqu’un que t’aime bien.

J’ai beaucoup apprécié ce retour à une coldwave simple et impertinente. Sans tomber dans la mauvaise foi, quel album t’aurait marqué au point d’avoir influé sur Infecticide ?

Sans aucun doute l’album de Liaisons Dangereuses sorti en 1981. J’aime particulièrement cet album. Il est à la fois festif et désespéré. Plein d’imperfections, aussi, mais profondément sincère. Je le trouve poétique, et ses musiques m’emportent. La liberté de parole et de formulation, le droit au délire, au malaise, à la folie… Au rire ?

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Que penses-tu du revival coldwave ? Je trouve que le terme est de plus en plus galvaudé.

Maintenant on appelle « coldwave » des musiques que je qualifierais de « variété française ».
J’aime qu’on fasse revivre les choses, mais si c’est pour essayer de faire croire qu’on vient de les inventer, de préférence en se prenant au sérieux, je ne vois pas trop l’intérêt. En revanche, les influences assumées, les clins d’oeil, l’amour du talent d’autrui, je suis pour. Cependant il faut que la musique reste un jeu, aussi sérieux soit on.

Tu t’entendrais bien avec les Seventeen At This Time qui ont un avis similaire. Finalement, que peut-on vous souhaiter après cet album ?

Après l’album, on voudrait maintenant aller à la rencontre de notre public. Jusqu’ici on a surtout joué sur Paris et en Belgique, maintenant on aimerait aller « sur le terrain » comme disent les politiciens. Serrer des mains sur les marchés, habillés en cosmonautes.

Propos recueillis auprès de Thomas Suire, claviériste au sein d’Infecticide.

Infecticide // Chansons Tristes // Da ! Heard it Records
http://www.daheardit-records.net/fr/discography/dhr-24#release

4 Comments

  1. Xavier Reim via Facebook

    25 février 2014 at 11 h 32 min

    Il m’a volé ma caméra :'(

  2. Rubin Steiner

    11 mars 2014 at 13 h 54 min

    Hahaha ! Maxime tu écris dans Gonzai ?! j’adore, trop bien, trop drôle. Bravo.

  3. Maxime Dobosz

    11 mars 2014 at 13 h 56 min

    Oh putain on m’a chourrav mon nom!!

  4. Pingback: Gonzai » Seul le detail compte » THE FAT L’analo dans le béton

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