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GONZAÏ MAGAZINE
Des faits, des freaks, du fun

Il aura fallu près d’un an, l’internement d’un maquettiste essoré et plusieurs rendez-vous avec des éditeurs en connaissant autant sur la prise de risque que nous sur la cuisson des biftecks, pour nous décider à finalement franchir le Rubicon. Le 15 janvier 2013 paraîtra – si vous le voulez – le premier numéro de Gonzaï Magazine. Bimestriel et résolument anti-promo, ce magazine pop disponible en pré-commande via Ulule fait le pari de n’avoir à rendre de compte qu’à une seule personne : le lecteur.

Il aura fallu près d’un an, l’internement d’un maquettiste essoré et plusieurs rendez-vous avec des éditeurs en connaissant autant sur la prise de risque que nous sur la cuisson des biftecks, pour nous décider à finalement franchir le Rubicon. Le 15 janvier 2013 paraîtra – si vous le voulez – le premier numéro de Gonzaï Magazine. Bimestriel et résolument anti-promo, ce magazine pop disponible en pré-commande via Ulule fait le pari de n’avoir à rendre de compte qu’à une seule personne : le lecteur.

Gonzaï en format papier, après tout fallait bien que ça arrive un jour ou l’autre. Mais, aussi inévitable que soit cette annonce, pas si facile de savoir comment tout cela a commencé. Peut-être les cinq ans du site en mars dernier, qui nous poussèrent à nous bousculer pour ne pas tourner en rond. À moins que ce ne soit la vacuité grandissante de la presse culturelle française crevant la dalle à force de chercher à concurrencer le Web avec des formats toujours plus courts écrits par des pigistes ayant une timeline Twitter à la place du cerveau. Le goût de la revanche peut-être, après plusieurs essais infructueux qui nous auront vus tenter le fanzine édité sur une imprimante familiale ou une revue digitale chez un éditeur papier (sic) six mois avant l’explosion de l’iPad. Bref. On ne va pas refaire l’histoire, et encore moins se mentir avec du storytelling de bas étage : le désir d’un magazine Gonzaï nous brûlait les doigts depuis trop longtemps pour qu’on ne tente pas un jour d’imprimer la légende par nous-mêmes.

« Avec les Inrocks, je veux offrir un regard rock sur le monde, sans parti-pris politique, qui s’inspire du Rolling Stone américain » (Matthieu Pigasse dans GQ, 2009)

On ne vous apprendra pas que la presse écrite va mal et que les NMPP [1] sont un cheval à l’agonie sur lequel plus personne ou presque n’a envie de monter. S’il est facile de tirer sur les concurrents dans l’ambulance, force est d’admettre que lancer un magazine s’avère aujourd’hui aussi difficile que de lire tous ces titres prisonniers de l’actualité et des bondieuseries promotionnelles servies par des sous-héros culturels distillant leurs banalités comme d’autres la soupe pop(ulaire). C’est là qu’on a commencé à se dire que quelque chose, tout de même, clochait. Et que ça manquait cruellement de vrais héros, de freaks, de types sincèrement burnés qui n’auraient rien à vendre.
Comme vous, chers lecteurs, on en a marre d’être le cul entre deux chaises. D’un côté, et après avoir été vendu comme un espace de contre-culture accessible à tous, le Web français a, lui aussi, fini par devenir un gigantesque copié-collé guidé par la politique du clic où chacun y va désormais de son dictionnaire de synonymes pour finalement dire la même chose que son voisin. De l’autre côté, un rapide coup d’œil chez le kiosquier donne quotidiennement des hauts-le-cœur tant les couvertures racoleuses et faussement fédératrices peinent à masquer un manque flagrant d’idées ; étant entendu qu’une énième story sur Jimi Hendrix ou une mise à nu avec Tristane Banon feront toujours vendre davantage que la vie, la vraie, telle qu’elle est vécue par des milliers de Français en quête d’un Actuel d’aujourd’hui. Perdu au milieu de tous ces possibles impossibles, on a donc commencé à plancher sur un numéro zéro, puis sur le lancement de ce titre qui échapperait à la pression du marketing et qui pourrait, sans avoir à passer par les circuits classiques, être livré directement chez le lecteur pour servir autre chose que des chroniques de disques et des attrape-couillons pour grabataires nostalgiques.

Après moult rendez-vous comiques avec des professionnels de la profession capables de formidables répliques à la Audiard (extraits : « Si je ne faisais pas partie d’un si grand groupe d’édition, je mettrais des billes dans votre projet (…) le problème c’est que j’aurais le plus grand mal à vendre en interne un projet aussi décalé avec des gens pas salariés chez nous. » ; « Ici, notre grande force c’est de savoir repérer les jeunes talents avant qu’ils n’explosent.  (…)  Votre concept est super mais je vous préviens que je ne pourrai ni l’éditer ni le financer. », etc.), on a fini, comme dirait Jean-Jacques Goldman, par faire notre bébé tout seuls.
Conçu sans slides Powerpoint ni étude de marché menée par de vieux types adipeux, le magazine Gonzaï est donc ce pari payant ayant l’ambition d’être à la croisée des chemins entre le généraliste pop culture et la presse d’investigation à l’américaine, le tout entrecoupé de longs portraits des outsiders de la contre-culture et de rubriques potaches. Re-bref. Rien de plus qu’un magazine sans langue de bois n’ayant pas besoin d’ouvrir les cuisses pour donner envie de tourner les pages. Et, plutôt que de baisser les bras ou d’en arriver à la conclusion qu’en France, non seulement on n’a pas de pétrole mais on n’a plus d’idées, nous avons donc décidé un beau soir de septembre 2012 de suivre le conseil donné par Franck Annese, sympathique boss de So Foot :

« On a monté So Foot avec 450 € de capital et un crédit chez l’imprimeur pour les trois premiers numéros. Franchement, les mecs, allez-y tout seuls. »

Droit au but, donc. En partenariat avec le site de crowd-funding [2] Ulule et un réseau de points de vente triés sur le volet, Gonzaï opte donc pour une indépendance intégrale, que cela soit sur sa ligne éditoriale, son mode de distribution ou son financement. Grâce à son système de précommandes à la carte, Gonzaï prend la décision de n’avoir qu’un seul actionnaire – le lecteur – impliqué dans la production du magazine, pour cette simple et bonne raison que, sans précommande de sa part, pas de magazine.
Pour notre premier numéro à paraître le 15 janvier 2013, nous devons donc atteindre un minimum de 1500 commandes pour lancer la production, l’appel à souscriptions se terminant le 20 décembre 2012. Mais pas de méprise, pas de « à votre bon cœur chers lecteurs » ou de « mo-bi-li-sez-vous bande de mous » à la Gérard Holtz. Gonzaï Magazine est une alternative à l’hyper-actualité dévorante de la presse écrite, libre à vous d’y souscrire ou de continuer à nous lire – gratuitement – sur le site.

Arrivé à la fin de cet édito d’annonce, on pourrait très prétentieusement penser que le magazine Gonzaï est une réponse à la médiocrité ambiante – c’est d’ailleurs ce qu’on pense – mais c’est aussi un terrible constat : les kiosques français sont désormais surdimensionnés pour la culture. Dans cette époque où la moindre information est accessible à tous, et maintenant que le mainstream n’a plus vraiment de sens, il nous semble qu’en savoir beaucoup sur très peu de choses n’a jamais été aussi important. La création de ce magazine est le reflet de cette envie d’une autre pop culture, sans concession commerciale ou prostitution éditoriale. Le tout en dehors des sentiers battus, au sens propre comme au figuré. Notre promesse électorale ? Des faits, des freaks et du fun. Tout ça pour le prix d’un paquet de cigarettes, frais de port compris. À vous de jouer en faisant exploser les précommandes ci-dessous !

Les précommandes Ulule étant maintenant terminées, vous pouvez encore commander le numéro 1 en envoyant un chèque avec le montant désiré (regardez les forfaits proposés ici: http://fr.ulule.com/gonzai-magazine/) à l’ordre de Gonzaï Média, 9 villa de Guelma 75018 Paris. Le chèque sera débité à la date d’envoi du premier numéro, soit le 15 janvier 2013.

Pour plus d’infos: [email protected]


[1] Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne, désormais connues sous le nom de Presstalis, qui prévoient encore des licenciements d’ici à la fin de l’année 2012.

[2] Littéralement : « production de contenu par la foule ». Le procédé 2.0 lancé aux USA avec KickStarter permet de se passer des gourmands intermédiaires pour financer la production de projet, qu’il s’agisse d’un disque, d’un voyage autour du monde, d’un changement de sexe ou d’un, euh, magazine.

15 Comments

  1. Guy Déborde

    12 novembre 2012 at 14 h 29 min

    Est-ce qu’il y aura un supplément Fooding avec ce premier numéro?

  2. Bester

    12 novembre 2012 at 14 h 58 min

    Tout à fait complètement. Avec Beth Ditto en couverture du supplément, avec un poster taille réelle – en largeur.

    A venir aussi, un hors-série « immobilier à Paris » et un guide des meilleurs hôpitaux.

  3. Fabien

    12 novembre 2012 at 22 h 54 min

    Et il y aura une enquête sur Dieu dans le classement des lycées franc-maçons ?
    Et des conseils pour écrire des tweets non conformistes ?

  4. Bester

    12 novembre 2012 at 23 h 09 min

    Non, rien de tout ça.
    Par contre une enquête exclusive financée par Kooples sur les effets du jean slim sur la stérilité.

    Et sinon pour les tweets, on vous conseille le « bonjour twitter » à 08H00 du matin pour tout vos tweetos, buzz viral garanti.

  5. PONTIE

    21 novembre 2012 at 23 h 02 min

    J ai signé pour 3 numéro et il me tarde de lire l’article sur Marchais et le jazz.

  6. BSTR

    21 novembre 2012 at 23 h 12 min

    En réalité cet article a déjà été écrit et publié: http://gonzai.com/georches-marchais-et-le-jazz-death-of-the-cool/

    C’était ce qu’on appelle un papier 0 pour présentation test, donc pas prévu pour le numéro 1 (bah oui, on va pas non plus vous faire payer pour des trucs déjà écrits, faut pas pousser). Mais rassurez-vous, on en a sous le coude et un papier aussi étonnant dans le numéro 1, sur le même registre…

  7. MisterePatwo

    21 novembre 2012 at 23 h 16 min

    Bon ben j’avais loupe mais merci pour le lien… Je vous confiance pour la suite.

  8. BSTR

    21 novembre 2012 at 23 h 20 min

    Bonne(s) lecture(s), du coup ! Que l’esprit de George soit avec nous.

  9. poltergeist

    24 décembre 2012 at 11 h 24 min

    on fait comment pour s’abonner, maintenant que la collecte est terminée?

  10. BSTR

    24 décembre 2012 at 18 h 35 min

    Ah bah bravo, je ne vous félicite pas !
    Vous pouvez encore vous abonner en envoyant un chèque avec le montant désiré (regardez les forfaits proposés ici: http://fr.ulule.com/gonzai-magazine/) à l’ordre de Gonzaï Média, 9 villa de Guelma 75018 Paris. Le chèque sera débité à la date d’envoi du premier numéro, soit le 15 janvier 2013.

    Bonnes fêtes,
    B

  11. Coralie

    26 décembre 2012 at 23 h 32 min

    La prévente Ulule est terminée, on pourra quand même acheter le premier numéro??

  12. BSTR

    26 décembre 2012 at 23 h 47 min

    Oui ! Dans l’un des lieux partenaires ou en envoyant un chèque avec le montant désiré (regardez les forfaits proposés ici: http://fr.ulule.com/gonzai-magazine/) à l’ordre de Gonzaï Média, 9 villa de Guelma 75018 Paris. Le chèque sera débité à la date d’envoi du premier numéro, soit le 15 janvier 2013.

    Pour plus d’infos: [email protected]

  13. Abba Zaba

    29 décembre 2012 at 4 h 20 min

    Hello Gonzai mag ..

    Uno, comment on fait quand on arrive après la bataille pour avoir ce numéro ?

    je ne vois pas comment faire sur le site ulule

    deuxio

    je tente, si vous avez besoin d’illustrateurs, c’est avec plaisir
    un jour, sans demander vous aviez trouvé sur mon blog ceci pour illustrer un article sur Heavy Trash

    http://gonzai.com/heavy-trash-jamais-assez-sale-pour-moi/
    En tous cas si vous etes chaud pour un essai, moi aussi.
    bonne continuation.

  14. Pingback: GONZAÏ MAGAZINE ::: Mode d’emploi avant décollage | Gonzai

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