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Festival Pzzle : rencontre avec une pièce maîtresse

Beak>, PVT, Oiseaux-Tempête, Dälek, Pointe du lac… Vous n’êtes pas en train de lire la programmation d’un festival parisien ni les premiers noms de la Route du rock, mais le line-up d’un raout lillois qui aura de la gueule, ce week-end. Derrière la troisième édition de ce Festival Pzzle, il y a un programmateur. Rencontre avec un type qui n’a pas oublié de faire fonctionner ses oreilles. Et de partager ses émois auditifs.

PastedGraphic-1Pas d’accroche rock’n’roll ni de punchline aguicheuse. Pire, un préalable nécessaire et un peu chiant : il n’est pas aisé d’écrire à propos d’un gars avec qui on boit des bières, parfois au concert, dans son salon ou le nôtre avec en fond musical un morceau de dingue que l’un vient de faire découvrir à l’autre, et vice-versa. Gonzaï a beau être né du refus de l’objectivité, ça va quand même mieux en le précisant : oui, Nicolas Bourgeot est un pote, non, ça ne doit pas nous empêcher de causer ici avec lui du festival Pzzle, dont il assure la programmation depuis trois ans. Si l’idée du «U» en moins n’est pas de lui, la venue de Beak> cette année, c’est bien son choix.

Rien que pour ça, si on était Martine Aubry, on lui remettrait bien les clés (de sol) de la ville, les oreilles au garde-à-vous tandis qu’un orchestre bizarre jouerait un hymne tordu qui ferait flipper et sourire, dans un salon d’honneur transformé en batcave indie le temps de la cérémonie. Vous voyez le truc ? Pas besoin d’explications pour ceux qui fréquentent depuis presque six ans toutes les scènes où le bonhomme fait jouer des groupes perchés/bizarres/inconnus/expérimentaux (rayez la mention inutile, la bonne musique, c’est indispensable, bordel). Pour tous les autres, quelques précisions. Avant d’assurer la programmation dudit festival Pzzle, Nicolas Bourgeot et son acolyte Maxime Ternois ont monté Ah Bon ? Productions afin de booker tout ce que la planète compte de groupes plus ou moins à la marge (jusqu’à cinquante concerts par an), puis il a poursuivi ce drôle de sacerdoce tout seul.

Miser sur la curiosité (eh ouais)

Le festival est né de la collaboration avec Alpage records et MyMetro, site dédié aux cultures indépendantes. Tout simplement parce que ce petit monde partageait le même bureau, et une façon de voir la culture, sans grand C mais quand même. « On voulait monter un festival qui miserait sur la curiosité des gens », rembobine Nicolas Bourgeot.

Effectivement, booker Julien Gasc, JC Satan, NLF3, Zombie Zombie, Zëro ou encore Black Devil Disco Club ­– « il nous avait fait un DJ set de folie ! » –, ça n’est pas exactement marcher sur les traces du Main Square. Son modèle, ce serait plutôt le Sonic City, monté par l’équipe du De Kreun, à Courtrai, où les musiciens sont programmateurs. Dälek et Beak>, pièces essentielles du Pzzle de ce week-end s’y sont déjà collés.

Arrivé là, le lecteur pas sourd aura compris le principe : « Mélanger des groupes confirmés dans le milieu indé, même si ce mot ne veut plus dire grand-chose. Disons loin des sentiers battus. » Une programmation exigeante, donc. Lui parle de « groupes qui te chamboulent. Pas qui te transforment, on va pas exagérer non plus, mais qui te marquent ». Partage n’est pas toujours un gros mot. Surtout que ce week-end, la curiosité coûte 22 euros le pass deux soirs. Subventions et lieu public aident. Et l’ancien instit « compte bien en faire bon usage ». Anyway. Oiseaux-Tempête, PVT et Housewives, c’est pas de la pisse d’âne et les concerts du dimanche sont gratuits. L’occasion, pourquoi pas, d’aller écouter Pointe du lac. Un disque Gonzaï, oui, et alors ?

Ce festival, Nicolas compte bien le faire vivre sur la durée. Avec une idée en tête : « Sortir des groupes qui jouent dans les SMAC, même si certains sont très bons. » J’allais oublier de vous dire qu’il y aura aussi des conférences sur le rock garage, le hip-hop et « l’influence de Michel Polnareff sur la pop musique ». Drôle de Pzzle, vraiment.

Festival Pzzle, vendredi 28, samedi 29 et dimanche 30 avril, à la Maison Folie Moulins, à Lille.

 

1 Comment

  1. va va vroum

    27 avril 2017 at 16 h 44 min

    faut aller au whells & waves, p’tits gars

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