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	<title>Gonzai</title>
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		<title>HISTOIRE DE LA HOUSE MUSIC ::: Du ghetto à Guetta, part II</title>
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		<pubDate>Mon, 20 May 2013 08:42:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Rosario Ligammari</dc:creator>
				<category><![CDATA[CulTURIsME]]></category>
		<category><![CDATA[Double G: La Gaité Lyrique et Gonzaï]]></category>
		<category><![CDATA[Niveau 3]]></category>
		<category><![CDATA[Niveaux]]></category>
		<category><![CDATA[disco]]></category>
		<category><![CDATA[gaité lyrique]]></category>
		<category><![CDATA[house music]]></category>

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		<description><![CDATA[Suite à la face A de notre compile « Du Ghetto à Guetta » parue fin avril chez Gonzaï Records (featuring Didier Lestrade, Arnaud Rebotini et Benoît Sabatier), on retourne la galette - et la platine - pour passer logiquement à... la face B, suite et fin de l'épopée. Reprendre les 90's là où nous les avions laissé la dernière fois. Pour arriver à 2013, année du décès de Daft Punk et du nouvel album de Margaret Thatcher (remix). Au programme : la santé actuelle de la House et son futur, l'électrochoc des médias de l'époque, les raves parties en fumigènes, les lois et les répressions des polices, la France qui se touche puis la French Touch, l'élection de Barack Obama à la White House, les labels, les labos, etc - le tout enrobé de ravage, de digital magma, et des témoignages vidéos de Yan Wagner et Gilbert Cohen de Versatile.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>A la façon de deux sons superposés, créons l&rsquo;équation à partir de deux citations. « Rien n&rsquo;est plus vivant qu&rsquo;un souvenir » (Federico Garcia Lorca) et « Le sample remplace le souvenir » (Bastien Galler) pour aboutir à ce résultat : rien n&rsquo;est plus vivant que le sample ! Tournons-nous désormais vers&#8230;au hasard, la House, musique de samples ; son éternité a encore quelques milliards de tour du cadran à effectuer. Tant mieux. Quoi de plus logique pour une musique dite « répétitive » (dixit Thatcher, electronic critic) pour qui la « permanence du son » reste la première – et unique &#8211; règle : « Les pédés qui dansent ne meurent pas », pour sampler en mots Guillaume Dustan.</p>
<p>Musique de niches plébiscitée par des minorités pendant longtemps jusqu&rsquo;au boom, la House est partout. Avec des revivals ? Oui mais bon, il y en a toujours eu (milieu des 90&prime;s, déjà, avec Josh Wink et l&rsquo;acid house, par exemple). Avec la rénovation ? Oui, okay, mais c&rsquo;est une musique en perpétuelle mutation qui n&rsquo;a cessé de (se) réinventer (Masters At Work avec la deep house, etc). Avec les délocalisations (Australie, Afrique du Sud&#8230;) qui lui redonne une « nouvelle » pureté ? Sans doute. Mais surtout, d&rsquo;un point de vue plus global dans notre façon de concevoir et de « consommer » la musique et le digital : gratuité, égalité, mondialisation, avatars, pseudonymes, anonymat, appartenance à une communauté comme le DJ marque la sienne avec&#8230; le sample ! Raves &amp; House Nation et générations i.Pod &amp; numériques, même combat. L&rsquo;équation gagnante se trouve pile là.</p>
<p>Voici donc le deuxième épisode de l&rsquo;histoire de la House Music, à regarder tout de suite en streaming avec :</p>
<ul>
<li><strong>Manu Casana, </strong>créateur de Rave age, premier label électro Français, organisateur</li>
<li><strong>Jean-Yves Leloup, </strong>auteur, DJ, spécialiste des musiques électroniques (Coda, Radio FG, Nova&#8230;)</li>
<li><strong>Christophe Monier, </strong>alias The Micronauts et Rituel, artiste, producteur, DJ, précurseur de la French House</li>
</ul>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xzvf5l" height="320" width="600" frameborder="0"></iframe></p>
<p>Vu que la musique ne s&rsquo;arrête jamais, et pour compléter les propos de nos invités des deux Gonzaï Shows consacrés à la House, voici ceux de Gilb&rsquo;r et Wagner, recueillis par Alienor Brittmann.</p>
<p><object width="600" height="338" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/0ubnJ4AVik8?hl=fr_FR&amp;version=3" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="600" height="338" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/0ubnJ4AVik8?hl=fr_FR&amp;version=3" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
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		<title>PRIMAL SCREAM ::: More Light</title>
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		<pubDate>Sun, 19 May 2013 23:27:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vernon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Niveau 3]]></category>
		<category><![CDATA[Niveaux]]></category>
		<category><![CDATA[Off THE RECoRD]]></category>
		<category><![CDATA[primal scream]]></category>

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		<description><![CDATA[Au risque de passer pour une trompette, avant d’écouter le nouveau Primal Scream, je me demandais encore si Bobby Gillespie ne faisait pas partie de la famille de Dizzy. Ceci dit, une fois « More Light » avalé en entier, je suis en mesure d’affirmer au moins une chose : tandis que les vieilles stars du rock n’en finissent plus de remplir des stades avec des disques qui sonnent creux, Primal Scream bande encore.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/0a83bda278ce2097d55a32025b0d6d2b.jpg" rel="lightbox[21230]" title="0a83bda278ce2097d55a32025b0d6d2b"><img class="alignleft size-medium wp-image-21235" alt="0a83bda278ce2097d55a32025b0d6d2b" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/0a83bda278ce2097d55a32025b0d6d2b-300x300.jpg" width="199" height="199" /></a>Impossible de se souvenir de la dernière fois où l’on avait entendu du saxo dans un morceau de rock sans rigoler. Le nouveau Primal Scream attaque bille en tête avec un riff dudit instrument. Le titre du morceau ? <i>2013</i>. La modernité selon Gillespie tiendrait-elle dans la capacité à s’époumoner dans une anche à bout dorée ? Mystère. Ma connaissance du groupe avoisinant le zéro, pour les certitudes, je n’ai que mes deux oreilles à poser sur la table de mixage. Des esgourdes encore toutes étourdies par les soixante-dix minutes de tourbillon sonore qui débordent de ce <i>supplément de lumière</i>.</p>
<p>Balayons tout de suite les doutes qui entourent le single <i>It’s Alright, It’s Ok</i>, que Gillespie – crise de schizophrénie ? Stratégie commerciale parfaitement assumée ? Hasard ? -  a envoyé en tête de gondole sur les radios alors qu’il l’a mis à la fin du disque : oui, c’est un ENORME plagiat du <i>Can’t Always Get What You Want</i> des Stones. Et, oui, c’est un bon tube. Mais ça ne dit absolument rien de tout ce qui s’est passé précédemment sur « More Light ». Ce que je me propose de faire, parce que je suis un type sympa quoi que de plus en plus obtus musicalement si j’en crois mon entourage (la mère de mes enfants, essentiellement, et quelques amis, ceux-là même qui se comptent sur les doigts de la main accrochée au cou de Jamie Lannister, je dis ça, c’est parce que « <i>sur celle de Django Reinhardt</i> », Desproges la déjà faite… Vous n’étiez pas au courant ? Le monde des blagues n’a pourtant pas toujours appartenu à des gens qui font leur beurre en nous racontant comment ils galèrent avec leur smartphone et qui commencent tous leurs sketches par « <i>Vous avez déjà remarqué ?</i> »). En cas de non satisfaction, cette parenthèse est remboursable sur vernononsenbatlaracedetalife.com.</p>
<h3><b>Rock psychédélire</b></h3>
<p>Au risque de me répéter, vous avez intérêt à ne pas vomir à chaque riff de saxo (quand ça n’est pas une flûte traversière) : le disque en est truffé. Cette précision faite, pas facile de savoir par où commencer. On va se faire des punchlines, on verra bien ce que ça donne.</p>
<p>Ecouter « More Light », c’est comme passer une heure dans un avion zigzaguant au milieu des turbulences avant d’aller se finir au-dessus du triangle des Bermudes.</p>
<p>Oui, on voit la lumière avec « More Light ».</p>
<p>Le nouveau Primal Scream, c’est un peu le retour de la victoire du rock britannique.</p>
<p>Le headbanging s’impose avec le saxo fou d’<i>Hit Void</i>.</p>
<p>On aurait aimé trouver une alternative à « rock psyché ».</p>
<p>Avec son nouveau disque, Primal Scream explore différentes facettes de son univers, navigue entre les genres et signe une belle aventure dans ce disque de rock mâtiné de psyché, de pop et de dance ; un nouveau projet riche en émotions.</p>
<p>On soupçonne Bobby Gillespie de ne pas en avoir totalement fini avec les drogues.</p>
<p>La barre des trente écoutes se passe les doigts dans le nez.</p>
<p>Celle des cinquante aussi.</p>
<p><i>Culturecide </i>refile des hoquets et des envies de coups de latte dans la gueule des deux Daft Punk.</p>
<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/bobby_gillespie_of_primal_scream01_website_image_sgjv_standard.jpg" rel="lightbox[21230]" title="bobby_gillespie_of_primal_scream01_website_image_sgjv_standard"><img class="aligncenter size-full wp-image-21234" alt="bobby_gillespie_of_primal_scream01_website_image_sgjv_standard" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/bobby_gillespie_of_primal_scream01_website_image_sgjv_standard.jpg" width="599" height="445" /></a></p>
<h3><b>Microsillon dégueulant des folies pop</b></h3>
<p>On ne s’emmerde pas deux secondes ici, trop occupé qu’on est à perdre le décompte des mesures, à se demander qui fait quoi, dans quel ordre et à imaginer Gillespie jouer les chefs de gare derrière la console de son, décider quel refrain jouer plus fort, quand la batterie doit s’emballer et te taper sur la tête, où caser ce clavier fou, ne pas oublier de glisser quelques guitares bien électriques, trouver une bonne raison de diminuer le tempo et choisir qu’une harpe devrait faire l’affaire pour le bridge. Pour le choix du saxo, on aurait quand même aimé lui demander ce qui lui était passé par la tête.</p>
<p>What else ? Un vieux groupe (premier album en 1987 signé sur Creation, label d’<a title="ALAN MCGEE ::: Working class(e) hero" href="http://gonzai.com/alan-mcgee-working-classe-hero/">Alan McGee</a>) qui vient de sortir un putain de bon disque, ne s’est pas contenté du minimum syndical des dix titres et tricote des folies pop plus hirsutes que n’importe quel hurlement de n’importe quel jeune rocker qui prend les premiers larsens rotés par son Marshall pour un « truc de ouf ».  Alors oui, « More Light » porte bien son nom. Une lumière souvent noire, une lumière habitée, une lumière à se chopper des coups de soleil dans les tympans (vicieuse, la lumière). « More Light » est un disque brillant.</p>
<p><strong>Primal Scream // <em>More Light</em> // First International</strong></p>
<p><object width="600" height="338" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/bdCraT9_wk4?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="600" height="338" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/bdCraT9_wk4?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
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		<title>PHILIP K. DICK ::: La trilogie divine selon Pacôme Thiellement</title>
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		<pubDate>Sun, 19 May 2013 22:59:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pete Bondurant</dc:creator>
				<category><![CDATA[LE CuLTE]]></category>
		<category><![CDATA[Niveau 3]]></category>
		<category><![CDATA[Niveaux]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[dantec]]></category>
		<category><![CDATA[pacome thiellement]]></category>
		<category><![CDATA[philippe k. dick]]></category>
		<category><![CDATA[science fiction]]></category>
		<category><![CDATA[thiellement]]></category>

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		<description><![CDATA[Peu d'auteurs ont vécu la contradiciton comme Philip K. Dick  : auteur de science-fiction archi-culte aux intuitions visionnaires, capable de jouer sur les niveaux de réalités pour susciter une paranoïa inédite, et dont l'oeuvre influence souterrainement toute l'esthétique contemporaine, le natif de Chicago devenu inséparable du San Francisco mythique a pourtant toujours professé une religiosité dévote. A la fin de sa vie, il réconcilia ces deux tendances dans une œuvre étrange, aux accents pop et sacrés, trois romans connus aujourd'hui sous le nom de « Trilogie divine ». Pacôme Thiellement, éxégète des cultures populaires, en dévoile toute la beauté, et même un peu plus. ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/220px-Philip_k_dick_drawing.jpg" rel="lightbox[21161]" title="220px-Philip_k_dick_drawing"><img class="alignleft size-full wp-image-21173" alt="220px-Philip_k_dick_drawing" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/220px-Philip_k_dick_drawing.jpg" width="184" height="243" /></a>Philip K. Dick est une figure phare de la contre-culture, c&rsquo;est entendu. Et si sa carrière littéraire s&rsquo;était arrêtée à <em>Substance mort</em> (1977), nous en garderions l&rsquo;image qui prévalut longtemps dans les milieux de la science-fiction des années 60 et 70, celle d&rsquo;un auteur génialement paranoïaque, drogué jusqu&rsquo;à l&rsquo;os, sentant comme personne les tendances intellectuelles du vingtième siècle, et évoluant dans les sixties psychédéliques comme un poisson dans l&rsquo;eau. Dick était l&rsquo;écrivain que Timothy Leary et John Lennon appelaient en pleine nuit pour lui dire combien <em>Le Dieu venu du centaure</em> était formidable. Quand la science-fiction était une culture underground parallèle au rock, Dick était un demi-dieu adulé pour ses univers emboîtés et ses réalités parallèles – tous motifs qui parlaient la langue des amateurs de LSD. Maintenant qu&rsquo;il est l&rsquo;écrivain de genre le plus adapté au cinéma après Stephen King, et qu&rsquo;il peut revendiquer la paternité des films les plus symboliques des 90&prime;s (<em>Matrix, Existenz, Truman Show</em>), il apparaît comme un pape de la cyberculture aux côtés de Bateson, Wiener, McLuhan, Leary, ou Gibson. Et pourtant&#8230;</p>
<p>Et pourtant, Philip K. Dick était un chrétien, tendance bigot. Sa conférence à Metz en 1977 est restée célèbre pour avoir révélé à un parterre de fans ébahis ses croyances véritables, loin de l&rsquo;image qui semblait parvenir de ce témoin du Summer of love. De fait, Dick n&rsquo;avait pris du LSD qu&rsquo;une seule fois et l&rsquo;expérience s&rsquo;était révélée désastreuse (« <em>Mes enfants, j&rsquo;ai été en enfer et j&rsquo;ai mis deux mille ans à en sortir, en rampant </em>», déclara-t-il le lendemain). Son vrai truc, c&rsquo;était le Christ, l&rsquo;amour du Christ, et la vie aux temps apostoliques. En 1974 d&rsquo;ailleurs, il avait une certitude : nous vivions toujours dans les premiers temps du christianisme, et l&rsquo;univers visible était entièrement faux, émanant d&rsquo;un démiurge malfaisant qui assurait la permanence de l&rsquo;Empire romain et dont le représentant terrestre était Richard Nixon. Une personne du nom de « Thomas », mise en sommeil pendant presque deux mille ans, s&rsquo;était réveillée à l&rsquo;intérieur de Dick et s&rsquo;adressait à lui en grec koiné. L&rsquo;Esprit emprisonné tout ce temps se répandait à nouveau sur le monde depuis la découverte de la bibliothèque de Nag-Hammadi, et la mission de Dick consistait à répandre cette incroyable nouvelle. Que les choses soient claires : il n&rsquo;y avait absolument aucun second degré dans son discours. Manifestement, il y croyait dur comme fer.</p>
<p><object width="600" height="450" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/jXeVgEs4sOo?hl=fr_FR&amp;version=3" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="600" height="450" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/jXeVgEs4sOo?hl=fr_FR&amp;version=3" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Évidemment, ce jour-là à Metz, tout le monde est tombé de haut. Devant une assemblée de babas-cool tendance <em>Hara-Kiri</em> et <em>Métal Hurlant</em>, athées et anti-cléricaux comme seuls les Français savent l&rsquo;être, Dick raconta son expérience et ses convictions nouvelles en pensant convertir l&rsquo;assistance et ré-orienter l&rsquo;époque : four monumental. Comme l&rsquo;écrit Emmanuel Carrère, « <em>les conventionnels de Metz pensaient voir débarquer de l&rsquo;avion une loque ricanante, hébétée par la drogue, et connurent la déception des chroniqueurs de rock qui entendent leurs déjantés favoris faire l&rsquo;éloge, bouteille d&rsquo;eau minérale en main, de la vie de famille et de la pensée positive </em>». Philip K. Dick était croyant, et ses théories folles sur la nature du réel étaient à relire à l&rsquo;aune de cette vérité. C&rsquo;était gênant, et l&rsquo;on préféra sans doute croire à une ruse ou un caprice, en tous cas quelque chose de passager, mais ce diable de Dick ne s&rsquo;arrêta pas là.</p>
<p>Il persista, et signa trois romans au statut très particulier dans sa bibliographie, que l&rsquo;on regroupe aujourd&rsquo;hui sous le nom (un peu abusif) de « Trilogie Divine » et dont une édition complète révisée paraît ces jours-ci chez Denoël : <em>Siva, L&rsquo;Invasion divine, La Transmigration de Timothy Archer.</em> Trois livres proprement habités, à l&rsquo;intrigue extrêmement ténue, pleins de débats et digressions théologiques, et dans lesquels Dick semble introduire, dès que l&rsquo;envie lui en prend, ses lectures du moment et ses réflexions de la veille, sans plan établi. Tous passionnants, ils sont pourtant de valeur inégale, et seul <em>Siva</em> peut prétendre au rang d&rsquo;indispensable. Dans ce récit au montage schizophrène, dans lequel Dick est à la fois le sujet d&rsquo;une expérience mystique (sous le nom de Horselover Fat) et son commentateur sceptique (sous le nom de Philip K. Dick), les éléments autobiographiques se mêlent aux références savantes qui tentent de donner un sens à l&rsquo;épiphanie de 1974 et aux longs mois d&rsquo;hallucinations qui ont suivi. Mélange de science-fiction et d’exégèse religieuse, <em>Siva</em> est un ovni absolu, hanté, qui suggère que la pop culture, au-delà de sa frivolité, peut être une porte d&rsquo;entrée vers la spiritualité la plus haute.</p>
<p>Comme c&rsquo;est cette voie ouverte entre Pop et Gnose qu&rsquo;arpente Pacôme Thiellement depuis une dizaine d&rsquo;années, à travers des études empruntes d&rsquo;ésotérisme et portant sur le rock (<em>Poppermost – Considérations sur la mort de Paul McCartney, Cabala, Led Zeppelin occulte, Economie Eskimo – Le rêve de Zappa</em>) ou les séries (<em>La Main gauche de David Lynch – Twin Peaks et la fin de la télévision, Les Mêmes yeux que Lost</em> ), le bonhomme semblait tout indiqué pour nous aider à comprendre le sens de cette aberration littéraire qu&rsquo;est la « Trilogie Divine ».</p>
<p>Il s&rsquo;est passé alors ce qui se passe toujours avec Pacôme Thiellement : on commence par discuter de Philip K. Dick, on dérive vers l&rsquo;analyse de <em>Strawberry Fields Forever</em>, et on finit par s&rsquo;interroger sur la place du rock dans sa propre vie, et la nécessité (ou pas) d&rsquo;un rapport exégétique à la pop music. Dans un entretien autour d&rsquo;un livre bourré de digressions, quoi de plus normal ?</p>
<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/philip_k_dick_8921.jpg" rel="lightbox[21161]" title="philip_k_dick_8921"><img class="aligncenter size-full wp-image-21171" alt="philip_k_dick_8921" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/philip_k_dick_8921.jpg" width="599" height="337" /></a></p>
<h3>Que représente la Trilogie Divine pour toi ? Quand l&rsquo;as-tu lue ? Fait-elle partie des œuvres qui t&rsquo;ont orienté vers la gnose ?</h3>
<p>J’ai lu la « Trilogie Divine » pour la première fois au printemps 1998. J’avais déjà 22 ans. J’étais dans un pseudo-Tex Mex parisien tout à fait atroce du cinquième arrondissement de Paris, avec des maragaritas à la pisse de chèvre et des tacos au vomi de pigeon quand je commençais <em>La Transmigration de Timothy Archer</em> et toutes ces allusions à la mort de John Lennon, au révérend Pike et à la fin d’une période pleine d’espoirs ou d’illusions. Ca m’a donné envie d’enquêter sur toutes les théories bizarres qui mélangent culture pop, mythologie, coïncidences, folie – ça m’a amené, lentement mais sûrement, à mon premier livre, mon premier essai, <em>Poppermost</em>, sur le mythe de la mort de Paul McCartney, que j’ai publié chez MF en 2003. En 2004, alors que, avec plusieurs amis et complices (Fabrice Petitjean, Adrian Smith, Patricia Rousseau), en préparation de notre ouvrage collectif <em>Schreber Président</em>, nous avions ouvert une sorte de permanence d’études théologico-paraphréniques où s’entassaient les livres de et sur Schreber, Jaynes, Panizza, Strindberg, Rousseau, Burroughs, Weininger, les fous littéraires et les écrits sans sépulture, <em>Siva</em> prit un tout autre sens et nourrit l’hypothèse d’un monde dont seuls les schizophrènes auraient la clé ; un monde dont le schizophrène serait l’homme initial, l’ « homme étalon ». Enfin, entre 2005 et 2006, alors que je relisais pour la troisième fois <em>L’invasion divine</em> et les autres romans de la série, je me suis mis sérieusement à la gnose. J’ai acheté <em>L’Evangile</em> de Thomas, <em>Les évangiles secrets</em> de Elaine Pagels,<em> En quête de gnose</em> de Henri-Charles Puech, toutes les réfutations (Irénée de Lyon, Tertullien, Hippolyte), les <em>Homélies clémentines</em> et quelques volumes regroupant des traductions du codex de Nag Hammadi que proposait les éditions Ganesha – la pléiade des <em>Ecrits gnostiques</em> n’avait pas encore été publié à l’époque&#8230; La Trilogie Divine m’a orienté d’abord vers l’exégèse pop ; ensuite dans les études parano-théophaniques ; enfin vers la gnose. La prochaine orientation sera la bonne.</p>
<h3>Parlons-en, de la gnose. Qui étaient les gnostiques ?</h3>
<p>Les gnostiques ne voulaient pas spécialement qu’on sache qui ils étaient. De fait, on ne sait des gnostiques que ce que leurs réfutateurs ont dit d’eux : ils n’acceptaient pas la hiérarchie, ils ne se reconnaissaient ni dans l’empire romain ni dans l’église chrétienne telle qu’elle se construisait, ils se prévalaient d’une expérience directe, sans médiation, de la divinité, ils pensaient que la réussite sociale était un signe d’enténébrement spirituel, ils détestaient le monde, ils trouvaient la vie épouvantable, ils étaient très rigoureux avec eux-mêmes et ne faisaient la morale à personne… Tous les « courants gnostiques » apparaissant entre la fin de l’écriture de l’Ancien Testament et l’établissement du corpus du Nouveau Testament (valentiniens, basilidiens, séthiens, barbélo-gnostiques, marcionites, etc.) ont développé des théories très différentes sur le monde, l’homme ou la relation entre les deux, mais ont pour point commun la certitude que le dieu de ce monde est un mauvais dieu : un démiurge aveugle, fou et méchant. Comme le personnage de Justine dans « Melancholia », ils savent que  la vie sur Terre est mauvaise. Les gnostiques avaient une relation directe, épiphanique, avec la divinité – une divinité très éloignée, en exil, sans relation avec le dieu de ce monde. Ils étaient souvent égalitaires (les femmes pouvaient avoir les mêmes pouvoirs que les hommes), souvent indifférents aux questions de sexualité (certains étaient débauchés, d’autres complètement asexués)… Pendant très longtemps, on ne connaissait d’eux que les opinions que les Pères de l’Eglise ont réfuté    alors que, parallèlement, ils étaient persécutés puis exterminés. En 1945, dans des conditions tout à fait extraordinaires sur lesquelles il faudra revenir un jour, on a retrouvé dans le désert de Nag Hammadi un codex de 52 textes qui représentent plus de 1500 pages d’écrits gnostiques. C’est cela qu’il faut lire. En un livre – la Pléiade « Ecrits gnostiques » – c’est tout l’Univers qui peut, pour nous, changer de sens.</p>
<h3>En écrivant <em>Siva</em>, Philip K. Dick semble prendre conscience d&rsquo;une chose  : les motifs obsessionnels de son œuvre (nature illusoire du « réel », réalité tronquée ou manipulée, pluralité des mondes) se retrouvent mot pour mot dans le gnosticisme. En somme, même loin du Jourdain, il a fait de la gnose sans le savoir&#8230;</h3>
<p>Oui. En écrivant <em>Siva</em>, ou plutôt, en écrivant son « Exégèse », les 1000 pages de notes qui précèdent l’écriture de <em>Siva</em> (et dont une sélection a été publié, pour la première fois, aux Etats-Unis, en novembre 2011), Philip K. Dick découvre que les motifs de son œuvre sont déjà présents dans les écrits gnostiques. Il a, en somme, une anamnèse de son véritable être – et le principe de l’anamnèse étant présent lui-même dans les écrits gnostiques, le principe étant annoncé comme fatal, dans des temps courts ou longs – on se dit que, pour l’avoir vécu ainsi dans son chair et dans sa mémoire, Dick ne peut être autre chose qu’un authentique gnostique.</p>
<h3>Oui, alors deux-trois mots sur l&rsquo;anamnèse, qui fait partie des termes que tu emploies souvent : c&rsquo;est littéralement l&rsquo; « action de rappeler à la mémoire »&#8230; Cela consiste à se re-souvenir de choses oubliées ou cachées. Celle de Philip K. Dick a lieu le jour où une infirmière vient lui livrer un analgésique, et se présente à sa porte le cou ceint d&rsquo;un pendentif en forme de poisson, comme les premiers chrétiens. Il a alors une révélation : il ne vit pas en 1974 mais en 70 après Jésus-Christ, la Californie du vingtième siècle est une immense simulation visant à masquer le fait que l&rsquo;Empire n&rsquo;a jamais pris fin, et nous évoluons dans une prison dont seuls quelques individus connectés avec l&rsquo;Esprit ont l&rsquo;intuition de la nature factice. C&rsquo;est à la fois totalement dickien et éminemment gnostique.</h3>
<p>Dans les écrits gnostiques, il y a l’idée que l’homme a oublié qu’il était gnostique mais qu’il s’en souviendra. Et, depuis l’extermination des gnostiques, d’abord, puis celle des cathares, ensuite, il y a eu un nombre incalculable d’anamnèses gnostiques et cathares : chez un grand nombre de soufis ou de mystiques musulmans d’abord (Al Hallâj, Sorhawardî, Attar, Ruzbehan, Rûmî, Ibn Arabi), chez les kabbalistes juifs également (Shimon Bar Yohai, Moïse de Leon, Moïse Cordovero, Isaac Louria), chez les poètes dits maudits ensuite (Nerval, Baudelaire, Rimbaud, Lautréamont, Jarry, Le Grand Jeu), chez certains romanciers (Joyce, Lézama Lima, Lowry, Queneau, Abellio) et enfin chez des musiciens pop : des Beatles et David Bowie à Secret Chiefs 3 ou Eyvind Kang – en passant par Tori Amos qui parle longuement des écrits gnostiques dans son autobiographie <em>Piece By Piece</em> et a décrit sa propre anamnèse dans le disque « The Beekeeper »… Quoiqu’en pensent tous les suppôts d’une politique théologique unilatérale animée par l’amour d’une forme limitée et déterminée de la divinité, il y aura toujours des gnostiques. Il y aura toujours des personnes qui auront cette anamnèse et qui décriront ce monde comme une prison dont il s’agit de s’extraire. Il y aura toujours des êtres pour épiphaniser cette mystérieuse lumière.</p>
<h3>La « Trilogie » se décompose de manière étrange : alors que Dick se scinde en deux dans <em>Siva</em> (Horselover Fat et Philip K. Dick), il semble laisser chacune de ses personnalités écrire « son » livre  par la suite – <em>L&rsquo;Invasion Divine</em> pour l&rsquo;illuminé Horselover Fat, <em>La Transmigration de Timothy Archer</em> pour le sceptique Philip K. Dick&#8230; De sorte que l&rsquo;expérience mystique semble se clore avec le dernier tome     : à la fin, les visions ont quitté Dick, qui semble définitivement avoir replongé «   dans le bourbier » (Guénon). Comment décrirais-tu cette expérience au final ?</h3>
<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/la-trilogie-divine-tome-1-siva_couv.jpg" rel="lightbox[21161]" title="la-trilogie-divine-tome-1-siva_couv"><img class="alignleft size-full wp-image-21170" alt="la-trilogie-divine-tome-1-siva_couv" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/la-trilogie-divine-tome-1-siva_couv.jpg" width="196" height="326" /></a>La Trilogie Divine n’est pas vraiment une trilogie. Ce sont trois livres différents qui se recoupent sans jamais arriver à produire une signification globale. Ce sont trois livres qui parlent de Dieu ou des dieux. Comme la division de Dick entre le narrateur et Horselover Fats dans <em>Siva</em>, ou comme le Serveur et le Géant dans « Twin Peaks » : c’est le même et ce n’est pas le même. Trois personnes différentes en Dick ont écrit ces trois livres qui eux-mêmes comprennent plusieurs significations possibles, plusieurs possibilités d’interprétation. En effet, <em>L’invasion divine</em> est le plus mystique des trois, mais c’est aussi le plus fictionnel, le plus  illusoire. <em>La Transmigration de Timothy Archer</em> semble le plus sombre, mais c’est peut-être le plus innocent, parce qu’il tente de décrire au plus près la réalité et les violentes déceptions que celle-ci comprend, sans jamais les atténuer par des fictions faciles. Il retrouve, transfiguré par le kaléidoscope de toute la science-fiction qu’il a traversé, le romancier réaliste que Dick voulait être lorsqu’il était jeune : ce romancier réaliste pessimiste très poétique qui pouvait écrire un livre bancal mais bouleversant comme <em>Sur le territoire de Milton Lumky</em>. <em>La Transmigration de Timothy Archer</em> n’est probablement pas le plus grand roman de Dick, mais, comme <em>The Yellow Shark</em> pour Frank Zappa, c’est le livre qu’il aurait voulu faire avant de quitter la Terre. Zappa a excellé dans le rock parce que c’est un musicien classique raté. Il a réussi un disque de musique classique avant de mourir et c’est l’idée la plus optimiste qu’ait exprimé de toute sa vie un homme dont la propension à l’échec a formé la trame d’un chapitre entier de son autobiographie («Failure » in « The Real Frank Zappa Book »). Dick a excellé dans la S.F. parce que c’est un romancier réaliste raté. Il a réussi un roman réaliste avant de mourir : ce roman ayant beau être assez pessimiste, le fait qu’il ait réussi à l’écrire est, en soi, une sorte de miracle merveilleux qui vaut tous les romans mystiques possibles.</p>
<h3>On croise un tas de personnages de la pop culture dans la Trilogie : des écrivains de science-fiction, un évêque dissident (Pike), des hippies, des charlatans New Age&#8230; Mais la présence la plus marquante est paradoxalement celle de John Lennon, dont l&rsquo;assassinat ouvre La Transmigration de Timothy Archer&#8230; Que représentent les Beatles pour Dick ? La narratrice de ce troisième tome ne supporte plus les Beatles, et en même temps c&rsquo;est <em>Strawberry Fields Forever</em> qui a révélé à Dick la maladie de son fils&#8230;</h3>
<p>Dick ne sait pas forcément lui-même ce que les Beatles ou Lennon représentent dans le cadre de sa vision gnostique de l’époque. Il a simplement l’intuition de leur importance – comme le film <em>L’Homme qui venait d’ailleurs</em> de Nicolas Roeg par exemple et qui nourrit toute la partie de <em>Siva</em> consacrée à Mother Goose (lui-même un mixte bizarre de David Bowie, Alice Cooper et Frank Zappa). La chanson qui a révélé à Dick la hernie inguinale droite de son fils un jour de printemps 1974,    <em>Strawberry Fields Forever</em>, est une chanson gnostique, qui ne parle que de ça : l’anamnèse de notre véritable nature, et le côté illusion en carton-pâte du monde : « Rien n’est réel (…) Vivre est facile les yeux fermés / Se méprenant sur ce que l’on voit / C’est dur qu’être quelqu’un mais ça finit par marcher (…) Toujours je sais, parfois, croire que c’est moi / Mais tu sais que je sais et c’est un rêve.» Non seulement elle ne parle que de ça, mais elle ne fait vivre à son auditeur que ça : à savoir basculer d’une irréalité à une autre, en utilisant pour la première fois un mellotron, non plus comme un enregistreur, mais comme un clavier ne reproduisant plus le jeu de son son-source, la flute, mais la jouant comme on jouerait d’un orgue; ensuite, en juxtaposant deux prises distinctes de la même chanson, jouées à dix jours d’écart, avec une instrumentation distincte, sur des clés et dans des tempos différents. La coupure entre les deux enregistrements s’opère à la première minute : on y glisse d’un morceau à l’instrumentation archétype du groupe pop (deux guitares, une basse, une batterie) auquel on ajoute le mellotron, à un ensemble de trompettes et de violoncelles, rythmés par une batterie lourde, une cymbale enregistrée à l’envers et une sitar à une corde séparant les couplets. En accélérant légèrement le tempo de l’un et en ralentissant l’autre, le producteur George Martin les a ajusté approximativement sur la même clé et dissous magiquement une prise dans l’autre, faisant basculer l’auditeur entre deux univers parallèles, l’un représentant la pop d’avant (celle de 1957-1966), l’autre la pop d’après (1966-1974), comme si il plongeait dans un univers-ombre ou un monde miroir. Le mellotron, c’est l’homme conscient de son identité falsifiée, de sa nature de double, de bateleur ou d’escamoteur. Le basculement des deux prises à la première minute, c’est la révélation, en retour, de l’irréalité du monde ; et cette révélation permet, par le vertige qu’elle provoque, la conscience intime de son étrangeté, de sa nature « autre » et de sa possibilité d’être « relié » à un courant interpersonnel divin.</p>
<p><object width="600" height="338" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/JzcZttcpYFQ?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="600" height="338" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/JzcZttcpYFQ?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>On peut dès lors soupçonner que c’est à cet instant du morceau, lors de la collure entre les deux univers, que Dick entendit la  Voix  lui révéler la maladie de son jeune fils. Lennon et Dick avaient de plus, dans les soixante-dix, le même ennemi : Richard Nixon, présenté par Dick comme l’Antéchrist dans <em>Coulez Mes Larmes, Dit le Policier</em> et <em>Radio Libre Albemuth</em> sous le nom de Ferris F. Frémont ; le « F » valant cabalistiquement pour le chiffre 6, soit 666, le nombre de la Bête dans « L’Apocalypse » de saint Jean, souvent assimilé à l’empereur Néron. « Tricky Dick » avait fait des pieds et des mains pour expulser Lennon des Etats-Unis et ce dernier lui avait répondu d’un ton saumâtre dans <em>Gimme Some Truth</em> (« Imagine », 1971) avant de lui renvoyer son chiffre de néronien à la gueule – 666 – dans <em>Bring On the Lucie</em> sur « Mind Games » en 1973. « <em>Nous avons sorti les grands moyens contre M. Nixon. Oui, nous avons recouru à la magie, à la prière et aux enfants pour défendre notre juste cause</em> » écrira Lennon dans <em>Éclats de Ciel Écrits par Ouï-dire</em>. Tant que l’ordre du monde sera truqué, nous n’aurons d’autre choix que de devenir gnostiques.</p>
<h3>De fait, Dick et les Beatles semblent être les deux illustrations majeures de la fusion entre Pop et Gnose. Ce sont des livres ou des disques à la fois plaisants, modernes, et ouverts sur des traditions extrêmement anciennes, qui nous invitent à redécouvrir ce fond spirituel. Mircea Eliade disait : « on peut avoir, à partir de n&rsquo;importe quel moment culturel, la révélation du sacré la plus complète accessible à la condition humaine »? La pop culture, c&rsquo;est le matériau ésotérique de notre temps pour nous reconnecter avec des vérités éternelles ?</h3>
<p>La culture académique ou classique est une culture coupée de l’anamnèse ; c’est une culture coupée de la vérité. Elle n’exprime que la conception du monde des maîtres de la matière, des seigneurs de la manifestation. Presque tous les philosophes et écrivains classiques sont des «     amoureux de la matière » ; en France, c’est très facile à démontrer. Voltaire, Diderot, Flaubert, Stendhal, Mérimée, Renan, Anatole France, Hippolyte Taine, Auguste Comte, André Gide, Jean-Paul Sartre, Albert Camus… Tous adorent la matière, et, en fin de compte, ils adorent les maîtres de leur époque, ils adorent les forts, ils adorent les salauds. Seule la culture populaire peut nous reconnecter avec la pensée ésotérique ou gnostique parce qu’elle entretient avec elle une relation du même type que le folklore. Elle comprend le dépôt immémorial du peuple initial, les Gitans, les Bohémiens – et elle fonctionne comme le support de l’anamnèse de ses spectateurs ou auditeurs. C’est démontrable pour les Beatles ou Led Zeppelin, Black Sabbath ou les Beach Boys. C’est démontrable pour Lovecraft et Philip K. Dick et toutes les grandes séries télévisées. Scoop : je prépare un recueil de 42 textes écrits sur les quinze dernières années sur tout un tas d’artistes épars (Elvis Presley, Lars von Trier, Fred, Alfred Jarry, Kiyoshi Kurosawa) tous reliés par leur quête de la parole perdue. Le livre s’appellera <em>Pop Yoga</em> et sortira en automne de cette année aux éditions Sonatine. Il ne parlera que de ça.</p>
<h3>Tu parles de « seigneurs de la manifestation » et du « dépôt immémorial des Gitans » comme d&rsquo;évidences&#8230; Rappelons, car tu ne t&rsquo;en caches pas, que ton travail reprend en partie les thèses développées par René Guénon dans <em>Le Règne de la quantité</em> (1945)&#8230; A ce propos, je crois qu&rsquo;on te pose souvent la question     : crois-tu que les artistes dont tu parles ont conscience de tout ce que tu évoques à leur sujet ? Quel est ton garde-fou contre la surinterprétation ?</h3>
<p>Je m’en fous. Plus exactement, j’ai eu la chance inouïe de rencontrer et de discuter avec quelques uns des artistes sur lesquels j’ai écrit et qui m’ont convaincu que, non seulement je n’avais pas tort de relier leur travail à ces dimensions immémoriales, mais, à la limite, que je n’allais pas assez loin… On ne va jamais assez loin. La question est de ne jamais surplomber la réception d’une œuvre par l’interprétation, mais, au contraire, de créer le plus de relations possibles. La question qui se pose toujours est : comment une œuvre d’art peut nous aider à vivre, comment une œuvre d’art peut nous aider à nous orienter. Et pour s’orienter, il faut pratiquer l’exégèse. Tout cela je l’ai appris de Sorhawardi et des métaphysiciens chiites duodécimains : l’exégèse est une méthode pour sortir de notre exil occidental, notre exil dans le monde matériel, vers notre royaume, notre Terre promise qui n’est pas de ce monde. Pour cela, l’exemple des Gitans est capital : « <em>notre pays, c’est là où on est : où c’est qu’on pose nos pieds</em> » dit la Reine des Gitans. A partir de toute œuvre d’art, un film de Stanley Kubrick, un disque des Who, une bande dessinée de Killoffer, on part pour retrouver une relation, la plus directe possible, avec la divinité orientatrice. On doit utiliser les œuvres d’art comme les cartes d’un Tarot qui nous indique, non là où l’on vient, mais là où l’on doit aller. On y ira de toutes façons.</p>
<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/timthumb.php_.jpg" rel="lightbox[21161]" title="timthumb.php"><img class="aligncenter" alt="timthumb.php" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/timthumb.php_.jpg" width="599" height="368" /></a></p>
<h3>Tu dis que ceux qui se contentent de l&rsquo;aspect extérieur des Beatles (des chansons plaisantes, un groupe à succès) sans s&rsquo;atteler à l’interprétation de leurs chansons sont eux-mêmes des gens très superficiels, condamnés à na jamais voir que la surface des choses, et s&rsquo;interdisant d&rsquo;en faire le support d&rsquo;une expérience plus fondamentale, d&rsquo;ordre spirituel ou métaphysique. Mais beaucoup  refusent l&rsquo;intellectualisation excessive du rock, préférant mettre en avant son énergie, son aspect frontal, direct, libidinal&#8230; Tout le rock garage peut se résumer à ça : les Beatles moins le fatras intello. Tu ne crois pas qu&rsquo;il y a un aspect, disons wildien, dans le rock, où tout le fond est dans la forme, dans l&rsquo;image, et qui est aussi     fondamental ?</h3>
<p>Je n’aime pas du tout les amateurs de rock frontal, direct ou libidinal parce que, selon moi, leur relation n’a rien de frontale, rien de directe ni de libidinale. Mon amour de Frank Zappa, de Harry Partch ou de Wild Man Fischer est frontal, direct et libidinal ! Leur amour des Stooges, de Sonic Youth ou de Patti Smith ne l’est pas du tout : ils ne rient pas, ne frappent pas dans leurs mains et ne dansent pas en criant et en riant lorsque les chansons qu’ils sont supposés aimer passent à la radio. Comme leur pauvre maître, le sinistre Lester Bangs, je vois surtout en eux des snobs, des droitards malhabiles qui tentent là d’exprimer leur désir d’appartenir à une élite, et surtout des gens qui n’aiment pas du tout la musique ! Ils aiment un certain nombre de poses associées à la musique. Ils aiment les looks et les attitudes et les phrases désagréables et les moues dédaigneuses de leurs idoles et ils aimeraient probablement avoir une vie sexuelle plus excitante mais la musique ne les intéresse pas. Ils n’aiment pas la musique. Sinon, soyons sérieux : ils écouteraient autre chose que du Lou Reed.</p>
<h3>Tu forces un peu le trait&#8230; D&rsquo;abord, Lester Bangs est peut-être un poseur, mais c&rsquo;est avant tout une super plume, un vrai écrivain américain impregné de Burroughs et Thompson. Le rock n&rsquo;est chez lui qu&rsquo;un prétexte (comme chez Richard Meltzer). Greil Marcus par exemple, c&rsquo;est horrible : il s&rsquo;empare d&rsquo;une époque du rock et la rattache aux luttes sociales et à l&rsquo;histoire profane, il explique par A + B que tout était déterminé et prévisible, et que l&rsquo;extase musicale, le sentiment de vivre quelque chose d&rsquo;unique et radicalement neuf, n&rsquo;était qu&rsquo; une illusion d&rsquo;optique. On a l&rsquo;impression que ce type n&rsquo;a jamais vu un concert. Et donc, voilà, il y a comme une négation de l&rsquo;expérience dans le commentaire savant du rock. Je m&rsquo;interroge tout de même : tu choisis souvent des artistes qui ont arrêté très tôt de faire des concerts (Beatles, Beach Boys), d&rsquo;autres qui me tapent sur les nerfs au bout de trois titres (Zappa), d&rsquo;autres que je n&rsquo;ai jamais aimés (Led Zep&rsquo;)&#8230; Tout cela manque un peu de sauvagerie. Et si tu choisis le Grateful Dead ou Pink Floyd pour ton prochain livre, honnêtement, je ne sais pas si je le lirai, ah ah ah.</h3>
<p>Ce qui est important c’est la façon dont ce que tu écoutes oriente ce que tu vis. Je déteste le divertissement. Je déteste la détente, le dilettantisme. Je n’écoute pas de musique comme passe-temps. Quand j’écoute de la musique, elle modifie ma vision de l’espace et du temps. Elle modifie ma manière de vivre. Elle m’apprend à vivre, à pleurer, à aimer. Un jour, peut-être, si j’en ai les capacités, j’écrirai sur la musique soul. Et j’écrirai des textes soul sur la musique soul. J’écrirai des essais soul. C’est vers ça que je veux m’orienter, si j’y arrive : quelque chose de proche du prêche ou du gospel écrit et parlé – d’où mon amour de la forme  conférence , et, lorsqu’on a fait la soirée d’inauguration de la résidence Satan Trismégiste au Monte-en-l’air au début de l’année, avec Olivier Mellano à la guitare et moi qui parlait, debout, sans notes, je me suis dit que c’était la bonne direction. Tout cela a longtemps été inconscient bien sûr : sans trop savoir ce que je faisais, je plongeais dans la culture occidentale pour faire remonter tout ce qu’il y avait d’oriental en elle. J’ai essayé de faire surgir Sorhawardî et Ibn Arabî dans les œuvres des Beatles ou dans la série Lost. J’ai essayé de parler du Japon à travers Hara-Kiri. J’ai essayé de parler des Gitans à travers Bob Dylan et « Inland Empire ». Il faut aller beaucoup, beaucoup plus loin. J’aurais accompli mon travail le jour où je serai capable de produire des essais qui évoquent ou retrouvent la puissance de vie et d’amour des chansons de Aretha Franklin, de Nina Simone, de Al Green, de Otis Redding ou de Marvin Gaye… Jusque là, tout n’aura encore été qu’apprentissage. Jusque là, tout n’aura encore été qu’une répétition.</p>
<p><strong>Philip K. Dick // <em>La Trilogie divine</em> // Denoël/Lunes d&rsquo;encre</strong></p>
<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/La-trilogie-divine-Philip-K-Dick.jpg" rel="lightbox[21161]" title="def_couv_trilogie.indd"><img class="aligncenter size-full wp-image-21180" alt="def_couv_trilogie.indd" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/La-trilogie-divine-Philip-K-Dick.jpg" width="600" height="882" /></a></p>
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		<title>HANDS IN THE DARK ::: Un label aux mains dans le cambouis</title>
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		<pubDate>Sun, 19 May 2013 22:58:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bester</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est l’histoire d’un type passionné de musique qui en rencontre un autre et qui, plutôt que de passer à sa vie à attendre qu’un son nouveau ne vienne, décide de prendre le destin par le cou pour lui faire cracher des notes au bassinet. Vous la connaissez déjà cette histoire ? Fondé en 2010 par Morgan et Onito, le label français Hands in The Dark profite du grand vide actuel – plus de magasins, plus d’argent, plus de clients – pour lui donner une nouvelle chute.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/Sans-titre.jpg" rel="lightbox[21197]" title="Sans titre"><img class="alignleft size-full wp-image-21201" alt="Sans titre" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/Sans-titre.jpg" width="202" height="167" /></a>C’est toujours un peu la même chanson quand deux mélomanes unissent leurs forces pour dériver à contre-courant. Ces gens pourraient s’appeler Mick (Jagger) et Keith (Richards), Jerry (Leiber) et Mike (Stoller), James (Murphy) et Tim (Goldsworthy) que le scénario resterait le même. Si la musique est faite pour être écoutée, elle est aussi faite pour se concevoir à plusieurs, que le point de départ soit un garage, une chambre de bonne, un sous-sol cradingue ; peu importe l’endroit du moment qu’il est miteux, dénué de tout luxe, apte à faire rêver d’ailleurs deux gamins paumés. L’histoire de ne dit pas Morgan et Onito ont grandi avec des chaussettes trouées en dévorant, fascinés, le DIY des années 90, en revanche le catalogue de leur label crée avec trois francs six sous affiche en trois années d’existence un quasi sans faute : Lumerians, Death and Vanilla, Cankun, Mind Over Mirrors, A Fight for Love, ou encore plus récemment Robedoor ou Mayerling… Vous ne connaissez aucun de ces groupes et vous avez l’impression d’avoir subitement atterri au Pakistan avec le champ lexical de Cyril Hanouna pour seul dictionnaire ? Détendez-vous les gars, rien d’inquiétant. Enfin si. Inquiétant que de si bons groupes soient pour l’instant cantonnés à un relatif anonymat quand leur musique est – pour paraphraser JJ Goldman – si bonne. Mais rassurant, quelque part, qu’un label français puisse avoir le nez aussi creux et les oreilles aussi grandes, et que chacun de leurs pressages &#8211; tous sold-out au passage &#8211; s’écoulent au maximum à 750 exemplaires, tout cela en dehors des circuits traditionnels, loin de la Fnac et des ondes radios. Moussaillons, il est temps de lever l’encre pour comprendre comment ce duo est parvenu à dénicher de nouveaux continents.</p>
<p><iframe src="https://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F35620896" height="166" width="100%" frameborder="no" scrolling="no"></iframe></p>
<h3><b>A l’Est, du nouveau</b></h3>
<p>L’histoire n’a pourtant rien d’extraordinaire. Originaires de Besançon, Onito et Morgan aiment simplement les mêmes groupes, les mêmes sous-genres que tant de leurs voisins méprisent d’un pouce baissé. Autant dire qu’on est loin du storytelling à paillettes que d’autres duos – coucou Kitsuné – tentent d’imposer pour écouler des disques tricotés à la truelle. Conçu « <i>sans charte ni manifeste </i>» dixit Morgan, Hands In The Dark nait donc dans l’obscurité avec pour seule conviction qu’en cette époque où musique, contre-culture et pornographie sont à portée de main (sic), il y a matière à démarcation. Ca tient donc à pas grand chose. « <i>On a simplement été guidé par l&rsquo;instinct, le plaisir et l&rsquo;excitation de sortir des disques en lesquels on croyait </i>». Pas grand chose je vous dis. Croire aux disques qu’on sort, c’est pourtant bien là l’essentiel et ceux de Hands In The Dark contrastent assez fortement avec la merde en boite qu’on reçoit quotidiennement au bureau sans pourtant rien avoir fait pour mériter ça. Du psyché californien des Lumerians à la pop embuée – pour ne pas dire givrée – des suédois de Death and Vanilla, de la dance pour crackheads de Cankun aux sonorités métallo-flippantes de Robedoor, une esthétique qui fait mouche, qui touche. Qui louche ? Vers autre chose. Ce truc qui sonnerait comme les recherches expérimentales de l’IRCAM, mais en plus bariolé.<br />
Ne pas se fier au logo du label, franc-maçonnique à souhait, les racines de Hands in the Dark sont solidement ancrées dans le psychédélisme, au sens large, qu’il s’agisse des grands frères anglais DC Recordings, Invada, ou des cousins germains, eux aussi français, nommés <a title="LE TURC MECANIQUE ::: Démos et merveilles" href="http://gonzai.com/le-turc-mecanique-demos-et-merveilles/">Le Turc Mécanique</a>, <a title="CRANES RECORDS ::: De chair et d’os" href="http://gonzai.com/cranes-records-de-chair-et-dos/">Cranes Records</a> ou <a title="YUK-FÜ ::: Label de proximité et de famille recomposée" href="http://gonzai.com/yuk-fu-label-de-proximite-et-de-famille-recomposee/">Yuk-Fü</a>.<b> « </b><em>Nous avons commencé le label par des tirages très limités car nous avions conscience que les disques qu&rsquo;on sortirait ne toucheraient pas un large public </em>» confie modeste Morgan, co-gérant de la petite boutique. Si la demande n’est pas démentielle et que les deux ne roulent pas encore en décapotable, Hands In The Dark va bien &#8211; merci c’est sympa de demander &#8211; et c’est un peu ébahi qu’on découvre, au fil des clics, des artistes inconnus au bataillon prêts à guérir de tous les maux, et ce pour un prix plus modique qu’un aller-retour en bus à Lourdes.</p>
<p><iframe src="https://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F82377384" height="166" width="100%" frameborder="no" scrolling="no"></iframe></p>
<h3><b>Artisan(alogique)</b></h3>
<p>Arrêtez-moi si je me plante, mais des labels connus par trois pelés et un tondu sortant des artistes inconnus munis de jolies pochettes colorées dans le plus pur style <i>Martine fume du shit en écoutant Jefferson Airplane</i>, on en a déjà vu passer des wagons et notre vie n’a pas changé pour autant. Tout cela pour dire que Hands In The Dark a tout l’air, pour le novice, d’être un énième label sponsorisé par l’éphémère de l’amicale des hipsters s’amusant à citer des groupes connus par personne dans l’espoir de briller auprès de tout le monde. Sauf qu&rsquo;encore une fois, c’est tout l’inverse. A mille lieux des Singles Club développés depuis l’âge d’or de Sub Pop et récupérés ça et là par d’autres pour consommer du single sans lendemain, le label français construit des relations durables et fonctionne à l’ancienne. «<i> Dans 95% des cas, nous contactons directement les artistes avec qui nous souhaitons travailler. Si le contact passe bien, on décide d&rsquo;aller plus loin. Il est nécessaire que la confiance s&rsquo;installe. On ne pourrait pas bosser sans ça. On ne fait pas signer de contrat aux artistes par exemple </i>». Allez dire ça aux juristes d’Universal, pour rire…</p>
<p><iframe src="https://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F54783332" height="166" width="100%" frameborder="no" scrolling="no"></iframe></p>
<p>Sans avoir à en faire des tonnes sur la proximité et la nécessité des valeurs humaines, Hands In The Dark ne fait pas dans l’esbroufe et leur écurie ressemble à s’en fouetter le cul à un haras de purs-sangs ; dernière preuve en date avec leur série « Travel Expop Series vol.2 » où l’on retrouve par exemple The Oscillation pour deux titres hallucinés. Et que dire de Robedoor, de sa pochette impeccable qui donne envie de fouiller au fond des poches pour se procurer l’EP fraichement paru, de son shoegaze industriel qui donne envie de couler le bitume sur les prairies comme le goudron sur la concurrence ? Comme on devinera rapidement que les deux illuminés ne vivent pas de leur art et que Hands In The Dark est une petite entreprise qui a grandit dans la crise, l’aventure est encore plus respectable. Tout cela sent bon l’acétate et les pressages artisanaux, les copeaux de bois et les sérigraphies collector. « <i>Au niveau de la distribution, jusqu&rsquo;ici, on faisait tout nous même: du contact avec les magasins à l&rsquo;envoi des colis</i> » dit Morgan. « <i>Mais depuis peu, on a un distributeur en Angleterre. On distribue en gros 70% de nos disques à l&rsquo;étranger, majoritairement aux USA et en Angleterre. Néanmoins, dernièrement, les commandes en provenance de France sont de plus en plus nombreuses ». </i>Disponible dans seulement quatre boutiques en France – Les balades Sonores, Pop Culture et L’international à Paris, la Face Cachée à Metz – les vinyles de ces amateurs du <i>do hits yourself </i>gagnent à être connus, vendus, volés, que sais-je, faites un effort pour ouvrir la boite de Pandore. « <i>On travaille sans relâche pour créer quelque chose autour de nos sorties et qu&rsquo;elles soient écoutées et distribuées de manière correcte. Au final, on s&rsquo;inscrit comme une proposition alternative à ce qu&rsquo;on nous donne à écouter dans les circuits traditionnels </i>». Terrassé par le courage inconscient de ces deux apôtres de Joe Meek et Julian Cope, on se prend à rêver d’un monde moins médiocre dans lequel les maisons de disque arrêteraient d’avoir le doigt pointé sur la braguette et les yeux sur le compteur à clics. «<em> L’imprévisible est assez excitant</em> » conclue le patron de Hands In The Dark. Avec eux, on a subitement moins peur dans le noir.</p>
<p><b><a href="http://handsinthedarkrecords.tumblr.com">http://handsinthedarkrecords.tumblr.com<br />
</a></b><em>Parus récemment : les albums de Robedoor, Mayerling et Mind Over Mirrors, à commander en cliquant <a href="http://handsinthedarkrecords.tumblr.com/store" target="_blank">ici</a>.</em><b><a href="http://handsinthedarkrecords.tumblr.com"><br />
</a> </b></p>
<p><iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F47638250"></iframe></p>
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		<title>VAN DYKE PARKS ::: Le smiley sans Brian Wilson</title>
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		<pubDate>Sun, 19 May 2013 22:58:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Borgen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Niveau 2]]></category>
		<category><![CDATA[Niveaux]]></category>
		<category><![CDATA[Off THE RECoRD]]></category>
		<category><![CDATA[beach boys]]></category>
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		<category><![CDATA[brian wilson]]></category>
		<category><![CDATA[paul williams]]></category>

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		<description><![CDATA[24 ans de silence depuis "Tokyo Rose", ce concept-album où le Japon bottait le cul des idéaux ricains et vice versa. Sobrement intitulé "Songs Cycled", en clin d’œil à la première galette parue en 1968, "Song Cycle"), le nouvel album de celui qui est surtout connu pour avoir co-écrit les paroles du maudit "Smile" aux côtés du furieux Brian Wilson paraît ces jours-ci sur le label Bella Union. Un petit évènement, déjà amorcé en 2012 par la réédition des trois premiers albums de l’orfèvre pop aujourd’hui âgé de soixante-dix ans, jadis partenaire de jeu de Arlo Guthrie, Grace Kelly et des Byrds. ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L’histoire de la musique pop contemporaine ne lui a pas rendu grâce. Sans Van Dyke Parks, ce pauvre fou de Brian Wilson n’aurait sans doute jamais accouché de &laquo;&nbsp;Smile&nbsp;&raquo;, une « symphonie adolescente à Dieu » commencée durant l’été 1966 en réponse à &laquo;&nbsp;Revolver<i>&laquo;&nbsp;</i> des Beatles…et finalement terminée 38 ans plus tard par le vieux Beach Boy revenu des enfers. A l’origine, Wilson fait appel à ce musicien touche-à-tout pour écrire les paroles de l’album. Diplômé en musicologie, Van Dyke Parks est un fervent admirateur du grand architecte de &laquo;&nbsp;Pet Sounds&nbsp;&raquo;<i> </i>mais n’a rien d’une rock star : avec son marcel, sa moustache et ses binocles de folkeux attardé, il ressemble plus à Jean-Claude Dusse dans les <em>Bronzés</em> qu’à Jim Morrison. Fou de musique, le gringalet intello est doté de l’oreille absolue tout comme Wilson… Tout s’annonce sous les meilleures auspices même si l’enregistrement de ce qui devait être « <em>l’œuvre la plus magistrale de l’histoire de la musique pop</em> » tourne rapidement au cauchemar lysergique. Ce bon Brian voulait définitivement enfoncer le « mur du son » de Phil Spector qui l’obsédait tant…ce sera un échec cuisant.</p>
<h3>La suite de l’histoire, tout le monde la connait.</h3>
<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/Wilson-Parks.jpg" rel="lightbox[21141]" title="Wilson Parks"><img class="alignleft size-medium wp-image-21147" alt="Wilson Parks" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/Wilson-Parks-300x220.jpg" width="254" height="187" /></a>Pendant l’enregistrement, Wilson est anéanti par une visite de Paul McCartney qui lui joue au piano <i>She’s Leaving Home</i>, un avant-goût du psychédélique &laquo;&nbsp;Sergent Pepper’s Lonely Heart Club Band&nbsp;&raquo; qui conquiert au même moment la planète entière. Un électrochoc qui va tétaniser le garçon de plage dont le cerveau est déjà largement cramé par l’abus d’herbe et de buvards. De son côté, Mike Love, le cousin conservateur, n’apprécie guère la créativité de Parks parachuté sur l’enregistrement ni les textes ésotériques qu’il fait chanter à Wilson. D’autant que les conflits d’intérêt entre le groupe et Capitol Records, sa maison de disque, perturbent les sessions de travail. A cela viennent s’ajouter les problèmes mentaux de plus en plus flagrants de Brian Wilson : sur l’enregistrement de <i>Fire</i>, l’un des titres phares de &laquo;&nbsp;Smile&nbsp;&raquo;, il demande aux vénérables musiciens de l’orchestre classique de se coiffer de casques de pompier et allume carrément un feu dans le studio pour qu’ils se sentent dans l’ambiance ! Par la suite, Wilson prétendra que ce morceau sera à l’origine d’une série d’incendies à Los Angeles; i..ncendies qui n’existent que dans son esprit dérangé. Les Beach Boys n’en peuvent plus de leur leader azimuté qui entend des voix au sens propre et figuré. Ils claquent la porte du studio et partiront désormais en tournée sans lui… Exit le psychotique qui s’enferme pour des années dans les 24 pièces de sa maison de Bellagio Drive.</p>
<p>Dans ce naufrage, la super-production de &laquo;&nbsp;Smile&nbsp;&raquo; est évidemment abandonnée. Elle laisse en plan une quinzaine de morceaux, alors que le méga-tube planétaire <i>Good Vibrations</i> inonde les ondes depuis octobre 1966. Ecoeuré, Van Dyke Parks tourne les talons un an après le début de l’enregistrement maudit pour se consacrer à ses propres productions. C’en est fini pour longtemps de la collaboration entre les deux hommes qui retravailleront ensemble en 1995 (pour un album commun, &laquo;&nbsp;Orange Crate Art&nbsp;&raquo;) et surtout en 2003 pour en finir enfin avec &laquo;&nbsp;Smile&nbsp;&raquo;. Okay, Parks ne sera donc jamais le sixième Beach Boys… Mais il revient aujourd’hui avec un nouvel album intitulé… &laquo;&nbsp;Songs Cycled&nbsp;&raquo;. Son premier disque solo depuis 24 ans. L’occasion de reparler ici du musicien aussi génial et maniaque que Brian Wilson, resté dans l’ombre du reclus.</p>
<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/VDP-1.jpg" rel="lightbox[21141]" title="VDP 1"><img class="aligncenter size-full wp-image-21148" alt="VDP 1" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/VDP-1.jpg" width="599" height="397" /></a></p>
<p>S’il n’est pas sorti indemne de la case &laquo;&nbsp;Smile&nbsp;&raquo;<i>,</i> Van Dyke Parks s’est donc fait un nom comme producteur, arrangeur et chef d’orchestre quasi-symphonique des plus grandes pointures de la Pop jusqu’à aujourd’hui : Randy Newman, Tim Buckley, Frank Zappa, Ry Cooder, Rufus Wainwright, Joanna Newsom…n’en jetez plus ! On se demande avec qui Parky n’a pas travaillé au cours de ces quatre dernières décennies.<br />
Assurément, Les Beatles. Ce « fléau » de la british invasion, que Parks snobait ouvertement. Les Stones ? Pas glop, trop rock. Le reste de la pop anglo-saxonne des années 60 ? Pas la tasse de thé de cet obsédé de musique populaire des années 30. Abandonnant la lumière des sunlights californiens, le natif du Mississippi s’est donc épanoui dans l’ombre des studios jusqu’à devenir une petite légende underground… Il signe d’abord pour Disney le refrain culte du <i>Livre de la Jungle </i>: « <em>Il en faut peu pour être heureux</em> » ! <i>« Mon premier job dans ce milieu de voyou »,</i> dira Parks. Puis, en 1968, la Warner mise gros sur son premier album &laquo;&nbsp;Song Cycle&nbsp;&raquo; en pariant sur le succès qu’aurait du avoir &laquo;&nbsp;Smile&nbsp;&raquo;. Les influences de Parks y sont savamment mélangées: country, jazz, chansons vintage de son enfance, musique classique savante, arrangements baroques, chant d’oiseaux et bribes de muzak… On a affaire à un véritable palais faste, orchestré par plus de soixante dix musiciens, où tout n’est qu’émerveillement et beauté. Sur cet album conçu comme une réflexion autour du mythe de l’Eden californien, entre reprise (<i>Colours</i> de Donovan) et composition signée Randy Newman (<i>Vine Street</i>), l’arrangeur mégalomane invente sa propre langue, qui traduit une vision kaléidoscopique de la musique populaire américaine. Une excellente entrée en matière à l’univers baroque de ce sorcier du son, mais trop sophistiquée et pas assez psychédélique pour l’oreille moyenne de l’époque. L’album sera un flop commercial.<i> </i></p>
<h3>Avec &laquo;&nbsp;Songs Cycled&nbsp;&raquo;<i>,</i> Van Dyke Parks reprend l’ouvrage là où il l’avait laissé il y a 45 ans.</h3>
<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/VDP-Pochette-.jpg" rel="lightbox[21141]" title="VDP Pochette"><img class="alignleft size-medium wp-image-21149" alt="VDP Pochette" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/VDP-Pochette--295x300.jpg" width="249" height="253" /></a>A ce stade on se demande logiquement si le syndrome &laquo;&nbsp;Smile&nbsp;&raquo; n’aurait pas rattrapé le bonhomme. Parks aurait pu rester bloqué éternellement à la case Wilson, damné comme ce pauvre Sean O’Hagan des High Llamas, dont tous les albums tournent en boucle monomaniaque autour du monument &laquo;&nbsp;Pet Sounds&nbsp;&raquo;.  <i>« J’ai été victime des bouffonneries de Brian Wilson »,</i> reconnait d’ailleurs l’intéressé dans une récente interview au Guardian. Manifestement, Van Dyke, un peu hypocrite sur les bords puisqu’il fournissait sa came à Wilson à l’époque de &laquo;&nbsp;Smile&nbsp;&raquo;<i>,</i> s’en est bien remis et assume ici ses obsessions musicales personnelles <i>: « Je n’arrête jamais de travailler, j’ai longtemps arrangé la musique des autres et honnêtement j’adore ça. J’aime bien être invisible, je suis un mâle Bêta qui fait comme si il était un Alpha ».</i> Ultra-rétro, la pochette montrant les gambettes d’une donzelle à vélo semble tout droit sortie d’une réclame art déco des années 30. De fait, le disque est un collage résolument passéiste de morceaux de l’époque recyclés, de reprises et de nouvelles compositions.</p>
<p>Amateurs d’électro, de gros son et post-rock désaxé passez votre chemin ! Ce nouvel album est une sorte de musée sonore intime et romantique, mais aussi un étrange voyage ethnographique à travers toutes les musiques du monde : genre de tango vintage et joyeux sur l’ouverture <i>Wedding in Magadascar </i>, muzak savamment orchestrées d’accordéon et cordes délicates sur le morceau suivant <i>Dreaming of Paris</i>, bluettes foxtrot de l’entre-deux guerre du genre de celles qu’écoutaient sa maman dans sa cuisine (<i>sur Hold Back Time </i>on pense au joli <i>Honey Pie</i> des Beatles), country réarrangée à grand renfort de mandolines et banjos, calypso sur<i> Aquarium</i> ( très belle reprise du <i>Carnaval des Animaux </i>de Camille Saint-Saens)…le tout, chaque instrument jusqu’au moindre tintement de triangle, arrangé avec un souci maniaque du détail comme dans un jardin anglais. On touche au trouble obsessionnel compulsif symphonique. Vétéran des sixties, Parks qui jouait à ses débuts dans les cafés freaks de LA, se la joue engagé dans ses textes, non sans ironie. Sur <i>Wall Street</i> et <i>Dreaming of Paris </i>les mélodies naïves<i> </i>évoquent en oxymore les thèmes rebattus de la guerre en Irak et de la crise financière. On aime ou on n’aime pas. Et puis il y a la voix de Van Dyke, au timbre tellement vintage que l’on croirait entendre parfois la doublure de Daffy Duck dans un vieux Disney… on adore. Et on n’est pas les seuls.<b> </b>Comme son génial comparse Wilson, ce bon vieux Parks a influencé l’avant-garde du rock indépendant américain, de Mark Linkous de Sparklehorses à Mercury Rev dans les nineties, jusqu’aux plus récents hipsters planants de Grizzly Bear, Fleet Foxes et consort.</p>
<p>Pas rock, pas vraiment pop, classique et inclassable, sophistiquée et populaire à la fois, et toujours encensée par la critique…la musique de Van Dyke Parks n’est jamais vraiment sortie du ghetto underground des adorateurs de &laquo;&nbsp;Smile&nbsp;&raquo; et du cercle restreint des amateurs d’orfévrerie symphonique. Un choix délibéré de la part de celui qui a mis un point d’honneur à ne jamais signer de “hit”. Voilà ce qu’il en a dit un jour: <i>« </i><i>Je crois que c’était parce que je ne me produisais jamais sur scène. Je préférais rester dans l’ombre. Je me suis toujours méfié de la renommée. J’ai vu ce qui arrivait à ceux qui ne faisaient pas gaffe. La renommée est une tueuse. Je le savais et je voulais l’éviter</i><i>»</i><i>.</i> A 70 ans, le vieil alchimiste de studio sort de tant à autre de sa tanière pour se produire sur scène, avec orchestre au grand complet bien sûr. Il est actuellement en tournée aux Etats-Unis pour defendre &laquo;&nbsp;Songs Cycled&nbsp;&raquo;, en compagnie de <a title="PHILIP GLASS ::: Art of Glass" href="http://gonzai.com/philip-glass-art-of-glass/">Philip Glass</a>, un autre grand musico-maniaque. Rien de prévu à Paris pour le moment, mais la salle Pleyel lui tend les bras.</p>
<p><strong>Van Dyke Parks // <em>Songs Cycled</em> // Bella Union<br />
<a href="http://bananastan.com/" target="_blank">http://bananastan.com/</a><br />
</strong></p>
<p><iframe src="https://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F80372033" height="166" width="100%" frameborder="no" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>DAFT PUNK ::: Retour vers le passé</title>
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		<pubDate>Sun, 19 May 2013 22:58:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Madonna Summer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Niveau 1]]></category>
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		<category><![CDATA[Niveaux]]></category>
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		<category><![CDATA[daft punk]]></category>

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		<description><![CDATA[Ça y est : « Random Access Memories » est enfin dans les bacs. Ou tout du moins ce qu’il en reste, l’actualité se chargeant de nous rappeler que c’est bel et bien Internet qui donne le ton. Depuis une semaine, l’album est disponible sur la toile : il a d’abord leaké, puis très vite, a été « rendu public » en streaming sur la plateforme de téléchargement iThunes. Bien sûr, l’entourage des Daft avait anticipé l’affaire, un revers, mais un revers qu’il serait toujours possible de convertir en ultime opération de promo. Depuis une semaine, donc, tout le monde connaît le contenu du disque le plus attendu de l’année, tout le monde a pu en parler, tout le monde a pu donner son avis sur la chose. Et ainsi participer de la plus formidable opération de communication menée, ces dernières années, dans le champ des musiques actuelles. Alors, il a bien fallu se poser la question : fallait-il vraiment que Gonzaï vous dise ce qu’il pense de ce quatrième album ? La réponse fut évidente : non.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/daft-punk-ram.jpg" rel="lightbox[21185]" title="daft-punk-ram"><img class="alignleft size-medium wp-image-21190" alt="daft-punk-ram" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/daft-punk-ram-200x300.jpg" width="200" height="300" /></a>Vous êtes déçus. Dans ce qui va suivre, vous ne lirez rien qui puisse vous donner une idée de ce que nous pensons de « <i>Random Access Memories »</i>. Pas une seule ligne sur ces treize titres que nous avons pourtant écouté comme tout un chacun, et qui sont déjà disséqués un peu partout par les spécialistes, comme par les néophytes. Ceci pour une raison simple : « <i>RAM</i> » (on va la faire courte – et n’y voyez surtout aucune allusion à l’album éponyme de Paul McCartney) est un disque qui appartient déjà à tout le monde. De par sa nature même, à cause du contexte, de la personnalité de ses auteurs et de l’attente qu’il a suscité, il fait partie de ces totems « universels » sur lesquels toute forme de critique est finalement inutile. L’avis de <i>Gonzaï </i>? On s’en branle. L’avis de nos confrères, parisiens, américains, marsupiaux ? On s’en branle itou. Pour paraphraser cette merveilleuse tirade extraite de je ne sais quel western viril : « <i>Les avis sur le nouvel album de Daft Punk, c’est comme les trous du cul : tout le monde en a un. Ha ha ha ha ha. </i>» Comment les journalistes pourraient-ils, d’ailleurs, statuer en quelques jours sur ce blockbuster qui a été conçu, réfléchi, élaboré minutieusement pendant cinq longues années ? C’est le premier piège dans lequel il est évidemment facile de tomber : se prononcer absolument sur ce disque, long et bourré de chausse-trappes, à une époque où tout nous invite naturellement à la précipitation. Et puis il y a autre chose, que l’on a trop tendance à occulter : un avis formulé par un média, ce n’est jamais qu’un avis formulé par une seule et unique personne – qui signe. Or dans certains cas, plus sujets à polémique, il se trouve que les avis sont partagés, voire antagonistes. Il y a donc autant d’avis sur le nouvel album de Daft Punk qu’il y a de journalistes chez <em>Gonzaï</em>. Comme partout et dans le désordre, il y a ceux qui adorent, ceux qui détestent, ceux qui trouvent que c’était mieux avant, ceux qui s’y retrouvent par moments… et puis il y a plus simplement ceux qui s’en branlent. Décidément, on y revient.</p>
<h3><b>Mézalors, pourquoi consacrer un si long papier à la sortie de « <i>RAM</i> » ? Eh bien, tout simplement parce qu’il y a mille et une choses à dire « <i>around the RAM »</i>. </b></h3>
<p>Autour des Daft, aussi. En réalité, c’est un sujet sans fin. Où il n’est finalement plus tant question de musique, au sens de matière sonore brute, que de comment parvenir à en faire un médium qui va véhiculer du rêve, un peu partout sur la planète. Daft Punk est une idée – presque un idéal : celui d’une œuvre <i>totale</i> qui se situerait à la croisée de la musique et du cinéma, de l’underground et du populaire, de la nostalgie pour un certain « âge d’or » (tout relatif) et de l’obsession pour les techniques de communication les plus modernes. A ce niveau-là, ce n’est donc plus stricto sensu de la musique : c’est de la <i>stratégie</i>. Daft Punk a depuis longtemps déserté le terrain de l’avant-garde pour occuper celui, autrement plus impactant, de l’entertainment. Cette mue a été progressive, mais rétrospectivement, son « année 0 » coïncide avec la sortie de « Discovery<i> »</i>, en 2001. L’odyssée de l’esbroufe commence précisément ici, quand Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo décident d’apparaître pour la première fois, afin d’assurer la promo de ce deuxième album, avec des casques. Jusque-là, très peu connaissaient leurs visages, dissimulés qu’ils étaient derrière cet anonymat si cher à leurs modèles, les pères fondateurs de la techno. En apparaissant soudain masqués à la façon de robots, ils gagnent paradoxalement un visage : celui de mutants qui n’auront de cesse de brouiller les pistes entre technologie et humanité (le fil conducteur de leur œuvre – inutile d’y revenir), celui de super-héros qui concentreront leurs pouvoirs vers un seul objectif : conquérir la planète. Ce n’est pas (encore) un dessin animé japonais réalisé par le dessinateur d’<i>Albator</i>, non, c’est la réalité. Une réalité qui va aller frayer avec des enseignes aussi emblématiques que Walt Disney, Apple ou Coca-Cola.</p>
<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/daft-punk1.jpg" rel="lightbox[21185]" title="daft-punk1"><img class="aligncenter size-full wp-image-21194" alt="daft-punk1" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/daft-punk1.jpg" width="600" height="444" /></a></p>
<h3>Disons-le clairement : ces casques de robots, c’est la plus grande idée que les deux bonhommes aient jamais eu.</h3>
<p>D’abord parce qu’ils sont devenus, en les endossant, des icônes instantanément identifiables par le plus grand nombre. Dans l’inconscient collectif, deux mecs avec des casques de robot, aussi pourris soient-ils, ce sont les Daft. C’est comme un logo. Les robots, eux, peuvent toujours aller se rhabiller à coups de 3D ou de fripes chinées aux puces de Clignancourt : jamais ils n’auront l’impact de ces deux tronches de droïdes (à moins de s’appeler D2-R2 et Z-6PO, mais c’est bien là les seuls). Ensuite, parce que les Daft vont trouver ici le moyen de concilier deux choses a priori inconciliables : notoriété et anonymat. Qui d’autre, dans la constellation du star-system, peut toucher directement des millions de gens sans que jamais quelqu’un, où que ce soit, ne vienne le harceler quand il se pointe dans le premier drugstore ? Plus d’une fois, les deux parisiens ont vécu des situations abracadabrantesques face à leurs fans, qui ne savent toujours pas qu’ils ont un jour été touchés directement par le doigt de Dieu. Et plus d’une théorie a été élaborée à partir de ce statut schizophrénique, aussi confortable qu’inconfortable, puisque basé sur cette inconnue permanente : les Daft sont-ils <i>réellement</i> les Daft ? Encore aujourd’hui ? Nichés tout en haut de leur pyramide de lumières, prenant la pose pour des sessions photo, modélisés en numérique dans un jeu vidéo ? La seule certitude absolue, c’est qu’il y a bien deux cerveaux. D’une intelligence remarquable. Enfin, et c’est quelque chose que nous commençons à peine à apercevoir, la plus géniale de toutes les trouvailles liées à ces foutus casques, c’est qu’ils sont hermétiques au temps. En clair : Daft Punk ne vieillira JAMAIS. Par-delà l’argent, la gloire et la postérité, a-t-on jamais imaginé pareil pied de nez au lot commun des stars qui finissent immanquablement par se faire lifter comme une balle de tennis sur de la terre battue ? Faites le compte : en vingt ans de carrière, les Daft n’ont pas pris une ride, ils n’ont pas de cernes, pas de problèmes de capillarité en berne (un bon alliage de métal ne nécessite jamais de lotion anti-chute). Dans trente ans, ils pourront encore nous faire le coup de l’album rétro-futuriste en allant taper le bœuf avec ces vieillards de Justice, <a title="THE STROKES ::: Connerie à Durée Déterminée" href="http://gonzai.com/the-strokes-connerie-a-duree-determinee/">The Strokes</a>, Kavinsky et Pete Doherty (sous respirateur artificiel), célébrant ces bonnes vieilles années où la French Touch recyclait la French Touch, où le rock recyclait le rock, bien avant que les robots ne prennent définitivement le pouvoir en érigeant Daft Punk comme modèle absolu, matrice de toutes les tendances à venir en matière de revival <i>computerisé</i>. Entre-temps, des générations de nouveaux fans seront apparus, et bien sûr, vous serez encore là, enfin plus pour très longtemps, couchés confortablement dans une chambre du Foyer où seront diffusées des images de séries américaines des années 2000, bercés au son d’un bon vieux <i>Harder, Better, Faster, Stronger</i>. Puis ce sera l’arrêt cardiaque.</p>
<h3><b>Bref : nous n’en sommes encore qu’au tout début. Vous pensiez que « <i>RAM</i> », avec ses mentors et ses références 70’s, pouvait sonner comme un chant du cygne ? Détrompez-vous.</b></h3>
<p>Ce disque marque le lancement d’une troisième étape décisive dans la carrière des Daft. Et celle-ci accompagne naturellement la naissance d’une troisième catégorie de fans. Jusqu’à présent, on pouvait en effet en distinguer deux – chacune n’étant pas forcément incompatible avec l’autre. D’un côté, les fans de la première période : qu’il s’agisse des puristes ayant eu la chance d’apercevoir le duo en rave au mitan des 90’s, ou d’un plus large public les découvrant dans la vidéo démente d’<i>Around the world</i>, tous ne jurent que par &laquo;&nbsp;Homework&nbsp;&raquo;, ce premier album qui fit l’effet d’une bombe, ce big bang de la musique électronique française, dont la déflagration irrigue, aujourd’hui encore, nombre de productions très contemporaines. De l’autre, les fans de l’œuvre dans sa globalité : ceux qui s’enflammèrent à la sortie de &laquo;&nbsp;Discovery&nbsp;&raquo;, son kitsch, ses tubes, son univers visuel, sa nostalgie galopante pour les 80’s, et qui suivront chacun des faits d’armes du tandem dans les années qui suivent, esthètes, quidams, noceurs du samedi soir, jeunes étudiants, cadres branchés, bref, tout un chacun. 2013 : annoncé par surprise en début d’année, « <i>RAM</i> », que personne n’avait vu venir, sort finalement accompagné d’une campagne marketing proprement ahurissante. Et révèle que le désir autour de Daft Punk ne s’est pas dissipé : au contraire, il a été décuplé. C’est qu’en dix ans (si on se table peu ou prou sur &laquo;&nbsp;Discovery&nbsp;&raquo;), une nouvelle génération de fans est apparue. Elle est très jeune, écoute de la musique sur son mobile, communique sur les réseaux sociaux, et se forge une culture quasi quotidiennement sur YouTube. Elle est née après l’apparition de Daft Punk, n’a pas encore vraiment eu le temps de grandir avec, mais découvre qu’il s’agit là d’un sésame qui, non content de justifier une bonne partie de ce qu’elle écoute (électro, R’n’B, putasseries diverses), peut lui ouvrir tout un tas de portes. Elle a raté &laquo;&nbsp;Homework&nbsp;&raquo; à l’heure du biberon, &laquo;&nbsp;Discovery&nbsp;&raquo; quand elle était en pause récré ? Elle fera un triomphe à « <i>RAM</i>», son « Sgt Thriller’s Nevermind Side of the Moon ».</p>
<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/Daft-Punk-RAM-Cover-Get-Lucky.png" rel="lightbox[21185]" title="Daft Punk RAM Cover Get Lucky"><img class="aligncenter size-full wp-image-21189" alt="Daft Punk RAM Cover Get Lucky" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/Daft-Punk-RAM-Cover-Get-Lucky.png" width="600" height="600" /></a></p>
<p>Alors revenons un peu sur cet objet de tous les fantasmes, d’ores et déjà l’événement musical de l’année, puisque le plus <i>populaire</i>. Il s’agit donc d’un disque réalisé sur cinq ans, « à l’ancienne », avec musiciens de studio et <i>officiellement</i> aucune machine (du moins apparente), enregistré entre Los Angeles et New-York, en compagnie d’invités prestigieux d’hier (Nile Rodgers, Giorgio Moroder…) et d’aujourd’hui (Pharrell Williams, Julian Casablancas…), pour un budget total qui restera, disons-le poliment, classé secret défense. Avant même que le disque n’apparaisse la semaine dernière sur la toile, il y avait donc déjà cette certitude : « RAM » serait par définition « <i>l’anti-Homework </i>». Jusqu’à présent, Daft Punk s’était remis en question sur chaque album, mais jamais il n’avait à ce point pris le contrepied de ce qui lui avait permis d’exister, d’acquérir une légitimité. Ce qui avait fait la force de &laquo;&nbsp;Homework&nbsp;&raquo;, c’était son génial amateurisme. Ce qui donne aujourd’hui une identité à « RAM », c’est son professionnalisme ostentatoire. Par essence, plus rien ne doit dorénavant dépasser : ni dans la musique, ni dans la manière de la vendre. Plus que ses modèles historiques, dont il vaut mieux taire le nom afin de ne pas leur faire de tort, « RAM » est sans doute le premier prototype de disque « parfait » à avoir été conçu. Parfait, car totalement hétérogène, et donc susceptible de toucher, à un moment ou à un autre, tous les membres de la famille. Si les deux zigues se prenaient à pousser le délire un peu plus loin, ils pourraient d’ailleurs commander un genre de pub délicieusement surannée : « <i>Le nouveau Daft Punk ? Un disque pour les petits et les grands, à consommer sans modération. Essayez-le ! </i>». Radio, TV, web : tous les canaux traditionnels d’hier et d’aujourd’hui seraient exploités, dans un geste rétro-futuriste qui s’inscrirait ironiquement dans leur démarche. Auditeurs avertis que vous êtes, vous vous demandez sans doute pourquoi, à côté de deux longues odyssées référencées (la disco moroderienne, le film <i>Phantom of the Paradise</i>) et quelques « featurings » bien branchés, les Daft se sont amusé à farcir leur disque d’une brochette de bricoles plus ou moins gluantes. Reposez-vous la question.</p>
<h3><b>C’est le grand paradoxe de l’affaire : à tenter de revenir à une certaine forme de son « chaud », très organique et incarné, les Daft ne sont jamais apparus aussi inhumains.</b></h3>
<p>« Human after all ? » Il fallait dépasser ça. S’installer enfin, et définitivement, comme une entité extra-terrestre. Evidemment, tout le monde (ou presque) a suivi. A commencer par les journalistes, qui ont joué le même rôle que les agences de communication dans une campagne : un organe de propagande officiel du matériau capitaliste. En France, surprise, c’est Manœuvre qui a été le premier à dégainer en faisant la couv’ de <i>Rock&amp;Folk</i> avec les Daft. Il aurait vu en « <i>RAM</i> » un disque parfaitement homogène (allo ?), futuriste en diable (vous me recevez ?) et si extrême dans sa prise de risque qu’il pourrait bien en pâtir lors de sa sortie (non mais ALLO quoi). De longues interviews ont ainsi été accordées aux médias généralistes les plus installés (<i>Le Nouvel Obs, GQ, Télérama</i>…), et ceux qui n’ont pas eu cette chance ne se sont pas privés, excitation aidant, de fourbir plusieurs pages sur le sujet le plus <i>caliente</i> du moment : qui en allumant le disque (<i>Libé</i>), qui en nuançant le propos en donnant intelligemment la parole à d’autres (<i>Technikart</i>), qui en suçant la roue du tandem tout en n’ayant rien à dire comme c’est généralement le cas (<i>Les Inrocks</i>). Ceci, bien sûr, sans même parler du web, sans même parler du monde. Le terrain ainsi préparé, comme officiellement légitimé en mode « les robots sont de retour et vous n’y couperez pas », Daft Punk peut aujourd’hui tranquillement poser sa fusée spatiale sur la planète bleue, et contempler le paysage. Partout, les fans veulent toucher du doigt leurs idoles désincarnées, venues d’un monde où la misère, la grisaille, les conflits n’existent pas. Au sortir de la capsule, c’est la ruée vers le Graal : un bout de plastique ou de métal, quelle que soit la forme qu’il prenne, mais il en faut un bout, vite, un bout de technologie tant qu’il en reste, un bout de la mémoire des temps heureux, c’est si précieux, quelque chose qui nous permette de fuir, quelque chose qui nous permette d’y croire – nous <i>devons</i> nous efforcer d’y croire. Un bout de plastique ou de métal, ce ne saurait être pire que la réalité qui nous occupe.</p>
<p><i>« Peuple de Terre ! Puisse ce disque vous apporter la lumière. Puisse-t-il vous donner une autre vision du monde, ce monde de liberté, de justice et de paix auxquels vous aspirez tous. Puisse-t-il vous détourner de toutes les tentations, de tous les maux qui vous accablent – et vous montrer le chemin. Puisse-t-il vous faire découvrir tout ce qui l’a modelé, Chic, Supertramp, Giorgio Moroder, Steely Dan, Kool &amp; The Gang, Alan Parsons Project, 10cc, Dennis Wilson, Kraftwerk, Roxy Music ! De fil en aiguille, vous grandirez, vous franchirez les étapes, vous défoncerez les murs, et plus jamais vous ne serez seuls. Alors un jour, peut-être, après avoir assimilé les racines du mainstream qui a prédisposé vos vies, vous vous tournerez vers ceux qui à la même époque, ont transmis un message d’insoumission. Car il reviendra le temps de la révolte, Peuple de Terre ! »</i></p>
<h3><b>Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine, deux jeunes hommes s’affairaient à explorer de nouvelles pistes pour la musique. </b></h3>
<p>Ils avaient grandi avec la pop culture, pris une claque monumentale avec l’apparition de la house et de la techno, et avaient sans doute eu pour chance d’avoir accès rapidement à ces nouvelles machines qui, d’ici peu, infiltreraient les chambres de leurs camarades de promo, puis de leurs cadets. Ils avaient du talent, à n’en pas douter, et l’utilisèrent pour détourner les codes de cette musique synthétique et futuriste, qu’ils renvoyaient face à face avec ses racines noires. Le minerai qu’ils en tirèrent était brut, incandescent, d’une densité extrême, presque radioactif. Bientôt exposé en pleine lumière, il irradia de tout son pouvoir physique, tel un diamant coupant et mordoré. Les séquelles furent importantes. Pour tous ceux qui y furent exposés, mais aussi pour les deux hommes qui l’avaient mis à nu. Lentement mais sûrement, le minerai fit son œuvre : il commença par désinhiber ses porteurs, qui en firent un usage volontiers tourné vers le divertissement de masse. Ce n’était peut-être pas la meilleure des choses à faire, puisque le minerai avait une telle force qu’il se suffisait à lui même dans cet exercice, et ne souffrait qu’on le plonge dans toute forme de solution propre à le diluer. Puis son effet se fit progressivement plus intense, et provoqua des mutations importantes sur les deux hommes qui n’en n’étaient d’ailleurs plus tout à fait : leur apparence physique évoluait, tout comme leurs activités, de plus en plus éloignées de ce à quoi la nature les avait initialement prédestinés. Ils avançaient vers un ailleurs, certes, mais ne perdaient-ils pas en profondeur ce qu’ils gagnaient en polyvalence ? Au fond, le problème, c’est qu’ils s’affaiblissaient : bien utilisé par d’autres, le minerai originel se revigorait sans cesse ; moins canalisé par eux, celui-ci n’était bientôt plus qu’un caillou qui grossissait sans cesse en dévalant la pente. Alors, quand le temps eut fini de retirer leurs pouvoirs à nos super-héros, qui en avaient tous les atours mais plus assurément la substance, ils redevinrent de simples mortels. Conviant à leur table ceux qui avaient auparavant connu pareille gloire, et immortalisant la scène, le banquet, le festin, sur un bout de mémoire vive qui ne concernerait que celle de leurs prestigieux hôtes.</p>
<p>Et dans la rumeur générale, il n’y avait plus que deux voix de robots.</p>
<p><strong>Daft Punk // <i>Random Access Memories</i> // Columbia</strong></p>
<p><object width="600" height="338" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/Rr12u1tk_rM?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="600" height="338" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/Rr12u1tk_rM?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
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		<title>WOLF PEOPLE ::: &#171;&#160;Fain&#160;&#187;, un disque qui laisse sur sa &#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 19 May 2013 22:58:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bester</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Niveau 3]]></category>
		<category><![CDATA[Niveaux]]></category>
		<category><![CDATA[Off THE RECoRD]]></category>
		<category><![CDATA[bert jansch]]></category>
		<category><![CDATA[wolf people]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec leurs gueules de rescapés du chalutier du Captain Iglo, les gars de Wolf People ne donnent pas l’impression d’avoir inventé le futur. Quant à la musique de leur troisième album « Fain », mieux vaut s’armer d’une cotte de mailles pour éviter d’être transpercé par la modernité. Amateurs d’Aleister Crowley, de chansons médiévales et d’oripeaux celtiques, ce disque est pour vous.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelque chose d’extrêmement déstabilisant à (re)découvrir la musique de Fairport Convention en 2013. Non parce que le groupe précurseur de la folk électrique continue d’écumer les festivals depuis sa naissance en 1967, ni parce que Richard Thompson a quitté le navire depuis trente ans déjà et que cet assemblage moderne de bric et de broc donne au groupe actuel des airs de pièces rapportées, mais plutôt parce que les membres de Wolf People, certainement nés autour de la première crise pétrolière de 73, donnent l’impression de pratiquer la même musique pour guimbardes, les mêmes accords ancestraux branchés sur le courant 220W, et qu’à vrai dire si on n’avait jamais écouté « Liege and Lief » (1969), on pourrait probablement trouver à Wolf People des qualités originales dont il est en réalité dénué. Faut-il pour autant bouder le plaisir de ce disque composé <i>à la manière de </i>? Certainement pas. Disons qu’en tout cas, l’affaire est plus compliquée qu’il n’y parait.</p>
<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/JAG230.jpg" rel="lightbox[21208]" title="umojacketv1"><img class="alignleft size-medium wp-image-21209" alt="umojacketv1" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/JAG230-300x300.jpg" width="248" height="248" /></a>Comme c’est souvent dans les vieilles soupières qu’on fait les meilleurs cocktails,  difficile de reprocher à Jack Sharp et ses flibustiers de piocher dans des recettes bien connues. Un bout de Pentangle, plusieurs grumeaux de Fairport Convention, un peu de Davy Graham, une pincée de John Renbourn, c’est sans fin tellement la liste d’influences de Wolf People est longue ; quelque part c’est déjà pas si mal, d’avoir réussi à faire l’impasse sur vingt ans de culture anglaise mêlant Oasis, Pete Doherty et les Spice Girls, mais tout de même, tant de patriotisme pour au final sonner exactement comme les ancêtres, il y a de quoi se demander quelle est la véritable différence entre le sublime « Steeple » paru en 2010 chez Jagjaguwar et ce « Fain », toujours chez le même épicier. A vrai dire, aucune. Si ce n’est qu’entre temps <a title="BERT JANSCH ::: 1943-2011: so long, Bert" href="http://gonzai.com/bert-jansch-1943-2011-so-long-bert/">Bert Jansch</a> a passé l’arme à gauche et que l’information a fait deux lignes – et encore – dans les journaux, et qu’outre ce décès du parrain de la folk anglaise, un groupe américain – Earth – a publié un disque hommage – « Angels of Darkness, Demons of light part II » qui permettait déjà de refermer la pierre tombale sans avoir à rougir. Ecouter « Fain » après tout ce vacarme quasi silencieux s’avère, par endroits, quelque peu décevant. Où sont donc les envolées qui faisaient de « Steeple » plus qu’un disque de prog-celtique ? « <i>Avec cet album, on a décidé d’explorer encore davantage la musique traditionnelle, mais c’est aussi plus lourd, avec de grosses batteries et des guitares fuzz </i>» tentait récemment de justifier Jack Sharp dans une <a href="http://www.from-the-basement.com/blog/interviews/an-interview-with-jack-sharp-wolf-people-with-fain-we-have-gone-further-into-traditional-music-with-the-words-and-melodies-but-also-its-a-bit-heavier-with-big-drums-and-fuzz-guitars">récente interview</a>. Rajouté à cela une pochette horrible comme c&rsquo;est pas permis et vous obtiendrez une semi-déception qui donne au pays de feu Margaret Thatcher un air d’ile à la dérive, repliée sur elle-même, à la fois traditionnaliste et incapable de se réinventer. Tout cela ayant été posé sur papier, restent néanmoins quelques morceaux – <i>Empty Vessels, When the fire is Dead in the grate</i> – du calibre de Led Zeppelin période gilets en peau de mouton. Ce n’est certes pas rien, mais hélas le compte n’y est pas.<br />
Il se peut également que je sois devenu un vieux con aigri et nostalgique de la révélation sonique que fut « Steeple », auquel cas merci d’envoyer vos demandes d’éviscération de ma personne sur un bûcher, comme au bon vieux temps de la chasse aux sorcières.</p>
<p><b>Wolf People // <i>Fain</i> // Jagjaguwar<br />
<a href="http://www.wolfpeople.co.uk/">http://www.wolfpeople.co.uk/</a> </b></p>
<p><i>En concert le 23 mai à la Flèche d’Or pour la <a href="http://www.flechedor.fr/2013/5/23/SECRETLY-PARISIAN-1-WOLF-PEOPLE-CAYUCAS-BLEACHED-DIANA/">soirée Secretly Canadian</a> avec Cayucas, Bleached et Diana</i></p>
<p><object width="600" height="338" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/H84Kpsqp-Ls?hl=fr_FR&amp;version=3" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="600" height="338" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/H84Kpsqp-Ls?hl=fr_FR&amp;version=3" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
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		<title>NOLIFE TV ::: Naissance d’un pré-curseur</title>
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		<pubDate>Mon, 13 May 2013 05:58:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sinem Bargo</dc:creator>
				<category><![CDATA[CulTURIsME]]></category>
		<category><![CDATA[Double G: La Gaité Lyrique et Gonzaï]]></category>
		<category><![CDATA[Niveau 3]]></category>
		<category><![CDATA[Niveaux]]></category>
		<category><![CDATA[gaité lyrique]]></category>
		<category><![CDATA[jeux vidéos]]></category>

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		<description><![CDATA[En bientôt six ans d’existence, Nolife a su passer du statut de chaîne pour gamers japanophiles à celui plus enviable de prescripteur de la culture geek. En Emett Brown du pixel, on vous paye un petit retour dans le passé pour mieux comprendre le futur. Tenez bon vos joysticks.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Au commencement était Cyril Drevet. Nous sommes alors en 1993 et pour la première fois sur le petit écran, un journaliste &#8211; aux cheveux longs et à casquette dans la pure tradition Wayne’s World – nous parle avec sérieux de ce média qui résonne dans toutes les cours de récré : les jeux vidéo. L’émission s’appelle « Télévisator 2 », avec un nom pareil elle passe sur Antenne 2 à la même heure que son concurrent de la Une, le « Club Dorothée », qui diffuse de son côté toute une flopée de dessins animés made in Japan. Ainsi, dès le début des années 90, le jeu vidéo et l’animation japonaise s’invitaient chaque semaine sur les ondes hertziennes pour le plus grand plaisir des enfants, des adolescents et de quelques parents en avance sur leur temps. En 2013, pareille situation semble impensable : le « Journal des Jeux Vidéo » de Canal + par exemple est au mieux un long spot publicitaire dénué de tout avis critique. Quant aux dessins animés nippons, seules les grosses licences telles Naruto et l’éternel Dragon Ball sont encore diffusées, les séries plus originales ayant été remplacées par des créations américaines de Nickelodeon (la chaîne cheap et star à qui l’on doit<em> Bob L’éponge</em> et <em>Dora l’exploratrice</em>) au design effrayant et au message délivré des plus enfantins. C’est dans ce triste contexte que Nolife intervient.</p>
<p><object width="600" height="450" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/5HbhsGDPkmM?hl=fr_FR&amp;version=3" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="600" height="450" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/5HbhsGDPkmM?hl=fr_FR&amp;version=3" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<h3><b>Same player shoot again</b></h3>
<p>« <i>Parce qu’aucune émission désormais ne parle de jeu vidéo concrètement – là où les émissions sur le cinéma ou la littérature demeurent nombreuses – ni de la culture qui l’environne, il nous faut créer notre chaîne et changer ça.</i> »  Voilà ce que se sont dits Sébastien Ruchet et Alex Pilot, les deux créateurs de Nolife, avant de lancer ce projet faramineux sur internet en 2007. Alex Pilot vient alors de quitter Game One – « <i>l’autre chaîne du jeu vidéo</i> » – chez qui il a réalisé et produit plusieurs émissions et documentaires avec son compère. Pourquoi cette fuite telle Mario dans son tuyau vert ? De par ses impératifs financiers de chaîne du satellite (bouquet CanalSat), Game One ne jouit pas d’une totale liberté éditoriale et la profondeur dans le traitement de ses sujets s’en ressent ; son JT quotidien ressemble à un panneau 4 par 3 pour les titres qui marchent déjà. En tous cas, le 1<sup>er</sup> juin 2007, Nolife émet pour la toute première fois et tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes.</p>
<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/36867_17916.jpg" rel="lightbox[21098]" title="36867_17916"><img class="alignleft size-medium wp-image-21103" alt="36867_17916" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/36867_17916-300x168.jpg" width="227" height="127" /></a>Un an plus tard, Nolife possède une grille de programmes étoffée : il y a « Chez Marcus » animé par Marc Lacombe, ancienne tête de prou de Game One ayant quitté le navire afin de pouvoir continuer à s’exprimer librement sur <i>tous</i> les jeux qu’il teste ; « Oscillations », une pastille sur la musique de jeu vidéo faite au travers du prisme savant de la musicologie ; « Temps perdu » qui décortique l’actualité des freeware, ces jeux disponibles gratuitement en ligne ; et la savoureuse mini-série « Nerdz », sorte de « Friends » cracra à la sauce Amiga où officie avec brio l’incontournable Davy Mourier, qui réussit le pari d’être aussi indéniablement talentueux comédien que chauve et scatophile. L’offre est donc bien large et comble autant le gamer à la recherche d’un avis éclairé que le téléspectateur en quête de pur divertissement. Et ça marche.</p>
<p>Le site Internet de la chaîne regorge chaque jour de témoignages du public. Sans surprise d’ailleurs, le jeu vidéo étant désormais la première industrie culturelle au monde et la France se trouvant être le deuxième plus gros consommateur d’œuvres en provenance du Japon derrière… le Japon himself. Seulement, du fait de son statut ô combien bancal de web TV (tous les comptables sont d’accords là-dessus), Nolife doit faire face à une réalité économique beaucoup moins amicale que ses spectateurs et songe sérieusement à déposer le bilan. Il n’en sera rien, la société Ankama en ayant décidé autrement. Bien connu du grand public grâce à ses jeux en ligne au look cartoonesque que sont Dofus et sa suite Wakfu, cette société protéiforme entre dans le capital de nos geeks en 2008. Laissant, en bon ange gardien, la chaîne aux mains de ses créateurs. Tout le monde souffle, l’orage est passé et la (second) life continue.</p>
<p><object width="600" height="338" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/sYZ5L4dIRTI?version=3&amp;hl=fr_FR" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="600" height="338" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/sYZ5L4dIRTI?version=3&amp;hl=fr_FR" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Mais toute forme de vie ayant des besoins de plus en plus grands pour vivre correctement, Nolife se met à viser plus haut et à espérer une diffusion sur le câble. A plusieurs reprises malheureusement, la chaîne essuiera un refus de la part de Médiamétrie, institut toujours aussi peu équipé pour la mesure d’audience Internet. Nolife se remet à avoir de l’asthme et à craindre pour sa survie. C’est là que les spectateurs interviennent. Car la chaîne dispose d’une belle communauté qui va, suite à un appel aux dons, fournir la ventoline nécessaire.</p>
<h3><b>Game (One) Over</b></h3>
<p>Ce passage de la gratuité au légèrement payant (ou freemium) se fait évidemment en échange de quelques avantages pour les abonnés, comme la possibilité de voir des programmes inédits ou de regarder, à partir du site Internet, toutes les anciennes émissions. L’engouement avec lequel une large foule de téléspectateurs assidus est venue apporter son soutien a, dans la foulée, permis à la chaîne de travailler avec une régie publicitaire et de profiter par conséquent d’une meilleure autonomie financière. Ce net regain de forme jaillira en orgasme le 8 mars 2011 lorsque Sébastien Ruchet annonce que Nolife vient de rejoindre le bouquet thématique de France Télévisions.</p>
<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/nolife01.jpeg" rel="lightbox[21098]" title="nolife01"><img class="alignleft size-medium wp-image-21107" alt="nolife01" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/nolife01-300x135.jpeg" width="216" height="97" /></a>Depuis, la chaîne ne fait que grossir, diversifiant encore sa grille. Ils ont reçu ce bon vieux Cyril Drevet à différentes occasions, et il se porte très bien – bon, il a laissé tomber cheveux longs-casquette mais il va bien – à l&rsquo;instar du jeu vidéo et de sa culture. Car n’en déplaise aux quelques associations et journalistes qui à chaque nouveau fait divers sordide essaient d’impliquer notre beau média (dernière en date, la tentative de récupération dans l&rsquo;affaire Merah), le jeu vidéo et les joueurs vont très bien aussi, merci. Et ça, Nolife sait le montrer. Ce qu’elle montre aussi, c’est l’évolution lente mais sûre de cette communauté vers quelque chose de plus global. Hier, Internet était vu comme un repère d’informaticiens pointus mais boutonneux, aujourd’hui, c’est l’outil de communication de tout à chacun. Hier, le gamer était un apathique glandeur boutonneux (notez l’insistance sur l’acné) totalement dénué d’ambition, aujourd’hui, même pépé et mémé jouent. Bon ils jouent comme des pieds, mais ils jouent.</p>
<h3><b>Demain, c&rsquo;est pas loin</b></h3>
<p>En même pas cinq ans, les cultures numériques se sont imposées d’elles-mêmes en faisant fi des préjugés de départ, jusqu’à devenir parfaitement intégrées à nos modes de vie. Que celui qui n’utilise pas de Smartphone aujourd’hui pour jouer à Angry Birds me jette le premier Rubik&rsquo;s Cube… Nolife c’est aussi ça, une chaîne plus intelligente qui ne parle pas qu’à la « communauté geek » mais à des gens cultivés. Car oui très bientôt, il ne sera plus ici question de « culture geek » mais de culture tout court. Et ça n&rsquo;est pas le succès international de <em>The Big Bang Theory</em> qui nous fera penser le contraire. L&rsquo;intérêt, là où ce phénomène devient passionnant, c’est que Nolife a su le cerner un peu avant tout le monde. C&rsquo;est ce côté prophylactique qui explique sans doute la progression de la chaîne. Cela, et aussi quelque chose de moins mathématique et de plus humain qui nous donne l&rsquo;impression d&rsquo;assister à des shows fabriqués par des potes, avec tout ce que ça peut avoir de jouissif et de régressif parfois. Il suffit de voir un épisode de MangeMonGeek, émission de cuisine tout à fait barrée, pour s&rsquo;en rendre immédiatement compte&#8230; d&rsquo;ailleurs :</p>
<p><object width="600" height="450" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/Z6u4qwSyet4?hl=fr_FR&amp;version=3" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="600" height="450" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/Z6u4qwSyet4?hl=fr_FR&amp;version=3" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p>Grâce à tous ces atouts, l&rsquo;espoir est de mise pour Nolife et pour le complet délitement de tous les précédents clichés. A l&rsquo;heure qu’il est, nous sommes tous branchés sur Youtube, nos télés lisent d’abord Twitter avant l’AFP. Quelque part, les nerds et les otakus sont en train de se fossiliser et de virer à l&rsquo;image d&rsquo;Epinal puisque nous sommes tous devenus comme eux. Ils ne sont pas stricto sensu notre avenir, mais comme eux les écrans nous ont englobé, tel un Blob plein de diodes. Et puisqu’on parle d’écran, concluons sur notre chaîne préférée : tout cela, Nolife l’avait anticipé.  Et comme ils le clament : « <i>Y&rsquo;a pas que la vraie vie dans la vie. </i>»</p>
<p><a href="http://nolife-tv.com/" target="_blank"><strong>http://nolife-tv.com/</strong></a></p>
<p><object width="600" height="450" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/n6p6RBc9Vy8?hl=fr_FR&amp;version=3" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="600" height="450" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/n6p6RBc9Vy8?hl=fr_FR&amp;version=3" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
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		<title>PATRICK VIAN ::: L’écume des contrejours</title>
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		<pubDate>Mon, 13 May 2013 05:56:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bester</dc:creator>
				<category><![CDATA[LE CuLTE]]></category>
		<category><![CDATA[Niveau 3]]></category>
		<category><![CDATA[Niveaux]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
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		<category><![CDATA[patrick vian]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[seventies]]></category>

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		<description><![CDATA[« On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille » chantait Maxime Le Forestier, qui aurait peut-être du s’arrêter là où l’histoire de Patrick Vian, fils de Boris, a plutôt mal commencé. Droit d’inventaire et hasard des calendriers oblige, son deuxième disque « Bruits et temps analogues » (1976) est aujourd’hui réédité, à l’heure même où le plus célèbre des livres de son père est adapté sur grand écran. Est-ce que les gens naissent égaux en droit ? L’histoire de Vian junior tend à prouver que non.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/Patrick-Vian-Bruit-Et-Temps-Analogues.jpg" rel="lightbox[21062]" title="Patrick-Vian-Bruit-Et-Temps-Analogues"><img class="alignleft size-medium wp-image-21066" alt="Patrick-Vian-Bruit-Et-Temps-Analogues" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/Patrick-Vian-Bruit-Et-Temps-Analogues-296x300.jpg" width="210" height="212" /></a>L’écriture de ce papier pose, en préambule, un cas de conscience : parlerait-on aujourd’hui de cet album si Patrick n’était pas le fils de son père ? Par soucis d’honnêteté, on s’aventurera à répondre que oui, car « Bruits et temps analogues », s’il traine depuis plusieurs années déjà sur d’obscurs blogs dédiés aux pépites oubliées, méritait tout de même mieux que la malédiction qui l’a vu atterrir entre les mains d’une poignée de vieux garçons collectionneurs et fétichistes tels qu’on les croise sur les conventions de disques, tous affairés en rats de laboratoires trépanés à rechercher des trucs aussi inaudibles et pédants que… Red Noise, premier groupe de Patrick Vian fondé dans l’après mai 68, et responsable – c’est le mot – d’un disque à la fois contestataire, free jazz et complètement chiant. Alors que des millions de salariés manifestent dans la rue et que Boris Vian – qui n’a jamais rien compris au rock – est mort dix ans plus tôt, son fils décide alors de prendre le contre-pied freudien en s’embarquant dans un Viêt-Nam mélodique, à la fois ampoulé et maladroitement révolutionnaire qui accouchera difficilement de « Sarcelles-Lochères », disque aujourd’hui inécoutable, comme la majorité des disques de rock français de l’époque. Si la fin des années 60 reste le symbole de liberté et d’espoirs pour un monde nouveau, le début de la décennie suivante marque celui des désillusions. Red Noise dissout puis refondé avec une partie dudit groupe sous le nom de Komintern, ne reste plus à Patrick Vian que ses yeux pour pleurer et une ombre grandissante qui le suit partout. Paradoxalement, et alors que l’histoire merdoie, c’est ici que la vie musicale de Patrick devient intéressante.</p>
<p>Cinq ans après avoir mis fin à Red Noise de peur de rentrer dans le système qu’il condamne, le musicien Patrick Vian vire braquet et opte pour l’électronique. De cette période aventureuse, pour ne pas dire avant-gardiste, reste le disque « Bruits et temps analogues » qui, en plus d’être ambitieux, reste écoutable. Publié à l’époque sur le label Egg avec l’aide de trois musiciens dont Mino Cinelu (percussionniste martiniquais qu’on retrouvera plus tard aux côtés de Stevie Wonder, Lou Reed, Elton John et même Polnareff), le deuxième essai de Vian est le bon, mais c’est pourtant un échec commercial qui, dans la fournaise pré-punk qui s’annonce, rate son public. Et pourtant, quel disque mes amis ! Sur l’extrême gauche, l’influence du rock Français se fait entendre, on pense en vrac à Richard Pinhas, à Heldon et aux quelques groupes locaux sachant compter jusqu’à dix, parmi lesquels le groupe  Pôle de Philippe Besombes et Jean-Louis Rizet, lui même récemment sauvé de l’oubli par Alexis Le Tan sur la compilation « Space Oddities ». Sur la droite, côté Nord-Est, on entend l’électronique planante des premiers Kraftwerk et Klaus Schulze, le tout parfois même mélangé aux rythmes africains comme sur le titre <i>Oreknock</i>. L’ensemble, instrumental, a de quoi laisser pantois. Evidemment, la nostalgie des temps révolus et le révisionnisme donnent à « Bruits et temps analogues » un parfum de modernité classieuse qui n’a peut-être pas sa place ici. Reste que des étrangetés comme <i>R &amp; B Degenerit !</i> ou <i>Sphere </i>s’écoutent sans rougir, de quoi s’étonner que Patrick Vian n’ait pas prolongé l’aventure sur d’autres disques d’illustration.</p>
<p><iframe src="https://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F77508304" height="166" width="100%" frameborder="no" scrolling="no"></iframe></p>
<p>Pionnier éphémère de la musique électronique en France, Patrick Vian devient à l’aube de temps, disons, plus digitaux, animateur sur les radios libres, et puis… et puis plus rien, on perd subitement la trace du Patrick au milieu des années 80. De quoi vit-il, pendant toutes ces années ? De l’œuvre de son père, qui le rattrape jusque dans son quotidien mais lui permet tout de même de mener vie de bohème, à cheval entre sa passion pour la science-fiction et les machines, qu’il continue de bidouiller sans avoir besoin de sortir d’album pour exister. Il fut un temps où les soirées étaient moins disco, avec son père Boris. Coincé entre le cortex son père déjà culte de son vivant et celui de maman (Michelle Léglise) plus tard égérie de Jean-Paul Sartre, le jeune Patrick fait sa première psychanalyse à l’âge de onze ans puis est envoyé en pension suisse, loin de Saint-Germain des Près, loin des lumières. Quarante ans plus tard, « Bruits et temps analogues » ressuscite non seulement le talent fugace du fils, mais aussi la relation complexe au père, omniprésent même dans la mort. Et comme Patrick n’a pas été, de son propre aveu, à l’enterrement de son père, bien difficile d’aller cracher sur sa tombe.</p>
<p><b>Patrick Vian // <i>Bruits et temps analogues </i>// Staubgold (Differ-Ant)<br />
</b><br />
<object width="600" height="450" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/ovfJPSMvg1c?hl=fr_FR&amp;version=3" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="600" height="450" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/ovfJPSMvg1c?hl=fr_FR&amp;version=3" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
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		<title>THEE OH SEES ::: Floating Coffin</title>
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		<pubDate>Mon, 13 May 2013 05:55:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bester</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Niveau 3]]></category>
		<category><![CDATA[Niveaux]]></category>
		<category><![CDATA[Off THE RECoRD]]></category>
		<category><![CDATA[garage]]></category>
		<category><![CDATA[thee oh sees]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans un monde idéal, l’humanité se contenterait du strict nécessaire. Les rockeurs se passeraient de donner des interviews fadasses et la critique musicale se résumerait à une note suivie de trois adjectifs, un peu comme les modes d’emploi pour les cafetières, le tout affiché sur de grands panneaux en libre consultation, un peu comme les résultats du Bac, avec un redoublement prescrit pour toutes les nouvelles stars n’ayant pas obtenu la moyenne. Dans ce monde là, John Dwyer et ses Thee Oh Sees règneraient sans partage et personne n’y retrouverait rien à redire, pour la simple et bonne raison qu’on aurait claqué le beignet de l’amicale des commentateurs anonymes depuis fort longtemps. Entre le nazisme et le groupe de San Francisco, deux conceptions différentes de la dictature séparées par soixante ans de grand vide démocratique.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le nouvel album de Thee Oh Sees, « Floating Coffin », pousse cette tentation du parti unique à son extrême. Pas que cet énième disque – on a arrêté de compter depuis longtemps tant la discographie est chargée – soit un bouleversement profond du rock’n’roll, ni que le groupe s’embarque ici dans un chambardement profond de ses habitudes. Le disque, puisqu’il faut bien en parler, est d’une simplicité désarmante ; on a pour ainsi dire envie d’écrire que comme à chaque fois depuis plus d’une décennie, Thee Oh Sees laisse l’ensemble de la concurrence sur place avec une recette pourtant connue depuis des lustres. Leur force, la folie, parvient tout de même à faire des miracles de 4 minutes avec l’attirail en vigueur depuis l’apparition des Sonics, une batterie, des guitares, un chanteur, quoi d’autre ? Le talent, peut-être. Allez dire ça aux autres…</p>
<p><a href="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/thee-oh-sees-floating-coffin-600-e1359414491142.jpeg" rel="lightbox[21050]" title="thee-oh-sees-floating-coffin-600-e1359414491142"><img class="aligncenter size-full wp-image-21056" alt="thee-oh-sees-floating-coffin-600-e1359414491142" src="http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/05/thee-oh-sees-floating-coffin-600-e1359414491142.jpeg" width="600" height="622" /></a></p>
<p>« Floating Coffin », titre dont on comprendra peut-être le sens profond dans trois décennies, ne déroge pas aux règles fixées par le groupe ; un savoir-faire de production, un chanteur habité jappant comme un clébard à la pleine lune, du groove californien tel que les Red Hot Chili Peppers n’en font plus depuis que leurs articulations craquent plus que leurs groupies, bref de l’éructation sonique qui s’infiltrent par tous les pores avec des chansons démoniaques qui parfois regardent vers le très bas (<i>Night Crawler</i>, idéal pour un enterrement à Las Vegas) et à d’autres vers les sommets (la chanson d’ouverture <i>I come from the mountain</i>, plus messianique tu meurs). Inutile, pourtant, de connaître par cœur la discographie de chaque groupe présent sur la compile Nuggets de Lenny Kaye et bref, d’être un nazi du Garage rock, pour apprécier « Floating Coffin » à sa juste mesure. Plus pop que ne pourrait le laisser penser leurs dégaines de garçons mal dégrossis, plus malins que les clichés puristes, plus modernes que nombre de leurs fans aussi, les Thee Oh Sees puisent aujourd’hui dans un bocal bien plus grand que le seul Garage bruitiste construit à coups de pédales et de méthode fuzz pour les nuls. Ce qui était déjà apparent sur « <a title="THEE OH SEES ::: Putrifiers II" href="http://gonzai.com/thee-oh-sees-putrifiers-ii/">Putrifiers II</a> » l’est ici encore davantage ; le groupe donne l’impression d’avoir croisé les harmonies vocales des Beach Boys avec le code barre encore collé dessus. Déconcertant jusqu’à l’extrême, comme ce long riff monosyllabique à la Lou Reed sur <i>Toe Cutter/Thumb Buster, </i>ou encore cette envolée de fin de parcours avec <i>Minotaur</i>, morceau épique qui invoque l’esprit de Thurston Moore plaqué sur des violons chantant l’hallali. S’agit-il encore de rock ? Avons-nous rêvé ? Et si finalement la vie n’était qu’une pénible épreuve qu’on supporterait tant bien que mal avec des disques de cet acabit ? En conclusion de « Floating Coffin », et alors que le groupe vient à peine de reposer ses instruments en sueur, on entendra encore pendant près de 30 secondes le bruit de l’électricité résonner sur ce disque cinglant. Thee Oh Sees, ou le génie deux doigts dans la prise. Le courant passe, les chiens aboient.</p>
<p><b>Thee Oh Sees // <i>Floating Coffin</i> // Castle Face<br />
</b><a href="http://www.theeohsees.com/"><b>http://www.theeohsees.com/</b></a><b> </b></p>
<p><i>En concert le 26 mai à Villette Sonique, le 20 juillet au 104</i></p>
<p><object width="600" height="338" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/aeD3-sdGf1c?hl=fr_FR&amp;version=3" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="600" height="338" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/aeD3-sdGf1c?hl=fr_FR&amp;version=3" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
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