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COWBONES
By its cover…

Lorsqu’on ouvre le boîtier du compact-disc du dernier album de Fergus et Geronimo – Bester en causait l’an dernier – on trouve écrit sur le disque, à la place du nom du groupe, à la place du nom de l’album, cette question laconique : « YOU STILL BUY CD’s ? »

Lorsqu’on ouvre le boîtier du compact-disc du dernier album de Fergus et Geronimo – Bester en causait l’an dernier – on trouve écrit sur le disque, à la place du nom du groupe, à la place du nom de l’album, cette question laconique : « YOU STILL BUY CD’s ? »

C’est vrai, finalement, à quoi bon acheter encore des CD ? Acheter ? Des quoi ? Seuls quelques rares pervers fétichistes nés au XXe siècle peuvent avoir le réflexe désuet de se déplacer pour aller dans un magasin de disques et donner de l’argent… Enfin bref, on ne va pas refaire la révolution du numérique, ce n’est pas la question.
On a reçu le premier album de Cowbones, un groupe de garage punk plutôt sympathique qui, dans la lignée de Lightning Bolt ou du Silver Mt. Zion, s’est souvenu qu’un groupe c’est aussi une image. Cowbones a profité des services d’un bon graphiste – semble-t-il membre du groupe – pour réhabiliter l’objet disque. Pas le genre double coffret des B-sides de Mylène Farmer relié en peau de serpent avec un poil pubien de la star coulé dans une statuette en ambre, pas un triple live de Johnny au Stade de France dans une édition luxe avec un sous-bock Harley Davidson, non non non, juste un bel objet, sobre, noir et blanc, avec un beau travail typographique, des mots qui claquent sans forcément que l’on se pose la question de ce qu’ils veulent dire.

Signalons à ce sujet que l’album s’intitule « To speed shock spoken (irregular new verb) ». Le texte se détache sur une image étrange, des faisceaux lumineux qui parcourent le ciel. Je copy/paste : « une image de la mythique ‘Bataille de Los Angeles’ en 1942, lorsque la DCA américaine pilonne pendant plus d’une heure des formes ovales et lumineuses qui volent hyper vite en évitant les obus. » Le livret est un dépliant délicatement imprimé sur un papier fin et mat. Il ne montre qu’une série recto-verso d’images d’ovnis, snapshots d’amateur, images tramées et floues, mal cadrées et à la limite du Z. Musicalement c’est un peu fouillis, un garage schizo qui rappelle Cheveu, mais avec encore un cran à passer. Cela dit la chose est intrigante, et « To speed shock spoken (new irregular verb) » ira dans ma bibliothèque, entre Le nouveau défi des OVNI de Jean Claude Bourret et Reklaamitöö Kogemusi, un livre estonien de 1969 sur les nouvelles techniques publicitaires.

The Cowbones //  To speed shock spoken (irregular new verb)
http://cowbones.net/

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