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Calypso Valois n’est la fille de personne

Pas facile de se faire une place au soleil quand vos parents s'appellent Elli et Jacno. Alors plutôt que d'éclipser ses parents, Calypso a décidé de faire table à part : en toute logique, ca s'appelle « Cannibale ».

C’est un fait : Calypso Valois est dans le trend. Comprendre : toute la ville en parle, Paris du moins. La mode (Grazia, Vogue), la presse musicale (ce qu’il en reste), les radios (le service public, surtout) et même internet (Konbini). Satisfecit général, et c’est amplement mérité. Certains la prennent pour une fille de, d’autre l’utilisent pour son beau minois (ça rime avec Valois), quelques uns, quand même, ont pris le temps d’écouter son disque. Calypso Valois donc, dissimulée derrière son nom anonyme, s’impose doucement. « Cannibale » a beau être son premier album, ça fait pourtant 30 ans qu’elle est là. La première fois, c’était quand Elli, sa mère, chantait Bailar a Calypso. Une chanson à double fond, évidemment, et qui annonçait sans le savoir tout le paradoxe de cette Calypso devenue musicienne sans le vouloir.

Obstinée

Après la vague féminine de 2016 (Juliette Armanet, Fischbach, Camp Claude, etc), la marée a donc tardivement ramené cette Calypso sur le rivage. Clairement, un vent de fraicheur très loin de la femme-objet. Très loin (pas très près) de Juliette Armanet, son anti aurait-on presque envie de dire ; moins minaudante, moins connotée aussi, plus digitale dans les sonorités, au sens pop model, telle une Lio robotique produite par Lescop. Le disque, puisqu’on en parle, contient au moins deux tubes (Vis à vie, Le jour), une chanson crève-cœur (En noir et blanc), une autre digne du top 50 de 1986 (Tes mots), et malgré tout ça, pas une once de nostalgie pour le passé glorieux de ses parents, eux-mêmes gravures de mode du Paris post-punk des années Palace.

C’est qu’à l’inverse du titre Apprivoisé, Calypso aime n’en faire qu’à sa tête (c’est de famille me direz-vous). La musique, elle a commencé par en faire à l’âge de 5 ans « sans vouloir en faire ». Certainement par esprit de contradiction : « on me disait ‘’tu vas faire de la musique comme tes parents ?’’, je disais nan, juste pour faire chier ». Ca ne l’empêche pas d’apprendre le piano après une révélation : Chopin. « J’étais gamine, j’étais en train de regarder par la fenêtre et j’ai été happée par le son d’un disque qui passait dans la pièce, j’en revenais pas qu’un mec mort arrive à exprimer ce que j’avais dans la tête, sans dire un mot ». Calypso, déjà tête brûlée, exige donc un piano. Bouffe la méthode rose pendant 3 mois, apprend Debussy en accéléré, fait ses gammes, littéralement, sans pour autant imaginer qu’elle fera un jour carrière.

(C) Astrid Karoual

(C) Astrid Karoual

Pas de la musique de fille

Alors voilà donc : Calypso fait de la musique sans vouloir devenir musicienne. Un paradoxe persistant qui va l’amener directement là où elle ne voulait pas aller. Il y aura d’abord la parenthèse Cinema, groupe éphémère fondé avec Alexandre Chatelard, une collaboration sur un défilé Castelbajac en 2014, et puis le conseil éclairé d’un ami du père, qui va s’avérer être le vrai vrai révélateur : « Etienne, c’est la première personne à m’avoir dit : ‘’tu devrais chanter’’». Au mot près, notons que c’est exactement ce que dit un jour Barbara à William Sheller, pour l’encourager à passer derrière le micro (il en fera un album). Mais passons. D’une hésitation à l’autre, Calypso trouve sa propre voie ; d’abord en évitant de prendre des sentiers pourtant clairement balisés : « Mes parents, tout le monde m’en parle, mais monsieur tout le monde, il ne connaît pas Elli & Jacno » dit-elle froidement. La musique donc, Calypso a grandi avec, mais sans celle de ses parents. « Ils m’écartaient systématiquement de leurs vies musicales, j’ai du voir 2 ou 3 fois des studios quand j’étais gamine, ils me tenaient à l’écart de leurs vies nocturnes, de leurs amis. La musique pour moi, elle a presque commencé quand j’en ai fait moi-même ».

C’est vrai qu’en écoutant ce « Cannibale », on a parfois l’impression que la fille a tellement bien digéré la culture des parents qu’on la dirait venue d’ailleurs. Les sons de basse, les arrangements, tout renvoie davantage au son Tricatel qu’au patatoum maladroit des Stinky Toys. Disque précis loin des fantasmes d’adolescentes rêvant au prince charmant en écoutant Cléa Vincent, « Cannibale, sans être un disque de fille, n’est pas non plus un disque de mecs. C’est l’entre-deux, ça s’appelle la pop. Savoir faire oublier qui on est, sans oublier d’où on vient.

Pas sorti de la cuisse de Chopin

(C) Astrid Karoual

(C) Astrid Karoual

« A la limite, j’ai davantage été complexée par la musique classique que par mes parents » dit-elle, quand tu joues du Chopin, franchement, tu veux faire quoi après ? ». Bah tu fais « Cannibale », un disque influencé par les mecs de sa génération (Lescop, Petit Fantôme) et rendu possible grâce à la découverte du piano punk, le synthétiseur. « C’était frais, c’était débile, ça m’a libéré ». L’autre libération se nomme Yan Wagner, producteur du disque et autre satellite de la galaxie Jacno.

Lui a commencé par se faire repérer sur le Tribute à Jacno avec son remix d’Amoureux solitaires, puis les deux se sont retrouvés sur la soirée d’Etienne Daho, au Festival Days Off en 2014. Issus de la même génération, les voilà réunis sur « Cannibale ». Une histoire somme toute classique entre Wagner et l’amoureuse de Chopin. « Il est intelligent, c’est un vrai artiste » dit Calypso. C’est l’autre paradoxe de ce papier ; être un artiste, c’est à la fois autre chose qu’un job, mais aussi un vrai métier. Beaucoup le font, peu sont nés pour ça. Et si « Cannibale » était un entretien d’embauche, alors on pourrait dire sans trop hésiter que Calypso n’aurait pas à passer par la case Pop Emploi.

Mais au fait, filiation oblige : que pense donc Elli Medeiros du disque de sa progéniture ? « Elle n’a pas vraiment écouté l’album en entier (mon œil, Ndr), mais en écoutant un de mes premiers morceaux elle m’a dit que… j’étais bien la fille de mon père ». Sur le coup, Calypso n’a pas vraiment compris.

Calypso Valois // Cannibale // PIAS

11 Comments

  1. no toys , please

    15 octobre 2017 at 11 h 49 min

    ce sont les ‘chutes’ de quel « nègre »?

  2. andy

    16 octobre 2017 at 14 h 21 min

    t’es grillé « no toys, please »

    • fainiaçe moi mâle

      16 octobre 2017 at 17 h 48 min

      les histoires d’amour finissent MAL

    • home page

      25 octobre 2017 at 12 h 00 min

      toiTE? tute doite sentire laa kakahuette

  3. T

    16 octobre 2017 at 18 h 32 min

    .. Calypso, si tu fouilles bien chez toi… t’as des bonnes bandes a re-sortir d’inédits de T parents… si, si, si , on me le diT.

  4. noir bien chaud

    18 octobre 2017 at 10 h 19 min

    Super jojo, tout les ploucos des brocs & monts & fermes & zuzunes vont se l’arracher & le president auzzi.

  5. Mitt Homann

    22 octobre 2017 at 0 h 37 min

    Cool, merci Thomas D. Belle histoire, bel article, beaux parents, moche Juliette Armanet.

  6. Mitt Homann

    22 octobre 2017 at 0 h 38 min

    Et des commentaires toujours aussi incompréhensibles hahahahah. Je ne les lis même plus.

    • mon pote au feu!

      22 octobre 2017 at 18 h 23 min

      qui sait « vaner » saura se « defendre » et te « combattre »

  7. de l'huile et du beurre pour les huitres tiedes

    22 octobre 2017 at 18 h 22 min

    ne pas se faire charcuter est essentiel.

  8. Jeanette Jackson of the bitch

    23 octobre 2017 at 17 h 00 min

    Marie & Les Garçons ré-editer! houpla kelle est pas belle la vie, malgré les PORCS!

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