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Callum Browne, 20 ans et déjà patron de la scène underground irlandaise

Vous en avez marre de réécouter "Teenage Kicks" jusqu’à épuisement ? À Dublin, un jeune irlandais de 20 piges partage son temps entre son travail dans un magasin de guitares vintage et son label, Little L Records, qui reflète à lui seul toute la scène underground irlandaise. Mais à quel prix ?

« On essaie depuis pas mal d’années de signer Ed Sheeran pour une série de 5 box-set », ironise Callum. « Je déconne ! Mais sa cousine Laura Sheeran fait des trucs pas mal » assure ce jeune irlandais, qui ressemble étrangement à Kevin Shields.

« Tout ce que je sais vraiment faire, c’est rouler des clopes et faire des cassettes. »

On ne va pas se mentir : à part quelques fulgurances (My Bloody Valentine, The Pogues, The Undertones, et plus récemment Girl Band), l’Irlande n’a pas la réputation d’être un terreau fertile pour la musique. Et surtout pour la scène underground. Le constat est, pour lui, sans appel : « J’aimerais voir de plus groupes underground se faire reconnaitre et plus d’opportunités pour eux en dehors de l’Irlande » se désole Callum qui, à l’âge de 16 ans, a fondé son propre label, Little L Records.

Success Story ?

« J’aime cultiver des relations avec les artistes, quelles soient professionnelles ou personnelles. À la base, c’était aussi pour pouvoir trainer avec des mecs qui font des choses intéressantes. Et puis, tout ce que je sais vraiment faire, c’est rouler des clopes et faire des cassettes ». Il continue : « J’ai jamais voulu me faire un nom avec le label, mais plutôt être là pour aider les artistes que j’aime. La priorité, c’est eux, pas le succès du label en lui-même. » La légendaire générosité irlandaise à son paroxysme. Mais est-telle compatible avec le succès d’un label de musique ? « Je veux juste pouvoir sortir des bons albums. Me faire de l’argent sur leurs dos, ce n’est pas le but de Little L Records ». Une mentalité aux antipodes du mec attiré par le fric, mais qui permet la naissance et l’éclosion d’une scène et d’un mouvement musical à Dublin. Les références : des labels comme Captured Tracks ou Sonic Cathedral. Intraitable. Sa position est claire : Little L Records est un label au service des artistes.

The Rocky Road To Dublin

Callum débute le label à 16 ans, parce qu’il « se fait chier » et donne sa chance aux gamins du coin. « On a eu des artistes du même âge que nous signés sur le label. Je crois que Stephen Star avait 14 ans quand il a enregistré l’album ‘Gold», se souvient le fan de guitare. Parmi tous les disques sortis, les meilleurs sont ceux des jeunes groupes irlandais. Une goutte d’eau dans l’océan du label, mais représentatifs d’une contre culture en marche. Leurs noms : Dr. Duloc, le philosophe. Stephen Star, le précoce. Brotherlode, le Haruomi Hosono de Dublin. Tobi The Dog, les branleurs ou encore Mr Rosso, l’extravagant. Ils sont tous potes, s’abreuvent des bières pas chères et s’entraident. Mais au-delà de ça, ils ont chacun leur style, un mélange de hip-hop et bedroom pop pour certains, d’influences asiatiques pour d’autres, mais aussi de shoegaze et rock indé. Une tambouille qui donne un résultat aussi atypique qu’un rouquin en tête des charts (coucou Ed).

Dublin Underground 2013-2018

Au fil de la discussion, une question à laquelle lui-même ne peut répondre me taraude : que veut réellement Callum ? Lui, balance des clichés à tout-va, continue de croire qu’en sortant tout ce que ses potes font, il réussira à développer son label. Difficile de cerner le personnage, tiraillé entre l’envie de faire grandir son label et le souhait de développer une scène underground locale. Le label (et son fondateur) est encore jeune. Mais déjà, il tire les leçons du passé, en sortant beaucoup moins de disques qu’avant. Une bonne résolution ? Une chose est sûre : vous ne risquez pas d’entendre parler de cette scène-là. À part sur Gonzaï. Et si jamais, dans 10 ans, sort enfin une compilation chaîtrée « Dublin Underground 2013-2018 : portrait d’une jeunesse chaotique infusée à la Guinness », il y aura forcément l’un des groupes mentionnés ci-dessus. On met un billet dessus.

Le Bandcamp de Little L Records, il est ici.

3 Comments

  1. Belinda

    1 juillet 2017 at 10 h 40 min

    yp! kevin shields pése une Tonne, right now!

  2. Amadán Ívvarssøn

    1 juillet 2017 at 15 h 17 min

    « l’Irlande n’a pas la réputation d’être un terreau fertile pour la musique. Et surtout pour la scène underground. »

    Idiot Français n’as pas de education musiqual.

  3. rer vs epr

    1 juillet 2017 at 20 h 47 min

    les mecs du mag on t une trouille d’être virer alors leurs bouches bavent.

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